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Quand The Men relit ses classiques rock

Critique du disque 'Tomorrow's Hits'


Il y a chez The Men une forme de relecture du classicisme rock auquel on aurait administré une dose de punk saturé et de boogie survolté rappelant par exemple Jim Jones Revue. A l'intérieur de leurs albums, un par an depuis quatre ans, on traverse tout le spectre du rock seventies, passant de morceaux stoniens en diable à du The Band en accéléré, de Johnny Thunders version 2014 au pub rock de Dr. Feelgood joué avec la furie des Stooges, comme si le MC5 était né à Brooklyn. On ne change pas une formule qui gagne avec le nouveau 'Tomorrow's Hits', un titre qui rappelle le premier LP américain des Stones, 'England's Newest Hit Makers', et qui sans doute ironise avec le contenu du disque, où les chansons sont moins des hits que des variations sur ce thème du classic rock.

On n'aime finalement pas tant les chansons de The Men que leurs albums en entier ou d'infimes détails à l'intérieur. C'est l'infiniment grand ou l'infiniment petit, rarement l'entre-deux. Bien entendu, on adore les réminiscences du Clash ou de 'Exile On Main Street' sur "Another Night", avec son riff simple à la Keith Richards, son piano et ses cuivres, on se laisse emporter par le terrible "Different Days", dont les descentes au clavier nous ravissent, sans oublier le boogie de "Pearly Gates", course-poursuite effrénée entre le piano, les cuivres et les guitares. Mais 'Tomorrow's Hits' est un album qui s'écoute en entier avant tout, comme toutes les œuvres de The Men, un groupe qui mérite qu'on s'y penche davantage.


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