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Quoi de neuf dans le rock en 2015 ?

8 disques à ne pas louper

Les débuts d'année sont rarement propices aux sorties d'albums, mais ce n'est pas une raison pour bouder celles qui font exception à la règle. Comme souvent, nous avons surtout privilégié les petits labels, ces milliers de poumons miniatures qui permettent au rock et à la création de respirer même quand l'air se fait rare.

Cerrone • 'Best Of'

Pour un peu, on aurait presque raté le 'Best of' de Cerrone paru chez Because en fin d'année 2014, comme s'il avait été avalé par les fêtes de Noël et leur cortège de cadeaux. Il serait dommage de passer une seconde fois à côté de ce roi du disco-funk né à Vitry-sur-Seine et qui, à son époque déjà, ne fut pas prophète en son pays. Voici enfin un double disque hommage qui remet les pendules à l'heure et présente au public français le meilleur d'un compositeur bien loin de son image de simple faiseur de tubes. Marc Cerrone, ce sont de longues plages funky presque psychédéliques, totalement space, des expérimentations aux synthés, des chœurs sexy, quelques assauts d'orchestre bien réglés, une production soignée et éclectique qui lui permet de faire sonner 'The House of Rising Sun' comme personne (cf. plus bas).

Mountain Bike • 'Mountain Bike'

On aime aussi les Bruxellois de Mountain Bike, capables de réaliser de jolies ballades acoustiques comme ce "Just Good Friends", mais aussi de torcher un tube pop ("I Lost My Hopes"), de vrombir des riffs en mode garage rock ("Torture") ou de signer un classique entre Stones, Blur et Arctic Monkeys ("Word Land").

Duck Duck Grey Duck • 'Here come...'

On adorait le groupe suisse sauce cajun Mama Rosin, on aime tout autant leur nouveau projet Duck Duck Grey Duck. Du rock aux accents bluesy, plein d'écho, de fuzz et de longues plages psyché où les guitares se répondent.

Gratuit • 'Là'

Nous avons déjà parlé plusieurs fois du formidable label Ego Twister Records et on ne risque pas de s'arrêter s'il continue de produire d'aussi bons disques. Voici le nouveau LP de Gratuit, l'une des meilleures références du catalogue d'Ego Twister. Une sorte d'électro de chambre, à la croisée des chemins entre chanson française et musique de film. Antoine Bellanger, unique chanteur-compositeur de Gratuit, réussit ici un tour de force, notamment avec ce somptueux 'Je m'élance lent', aussi sobre que touchant.

Nine Million Witches • '9MW'

Sur les cendres des excellents Last Barons est né le projet 9 Million Witches. Le groupe des frères Landeau conserve l'esprit stoner de leur précédente formation mais semble suivre la même orientation que Josh Homme (leur référence en matière de son) vers un rock heavy plus classique. Les amoureux de Queens Of The Stone Age vont se régaler.

Jean-Pierre Decerf • 'Space Oddities'

On ne dira jamais assez de bien du travail de réédition réalisé par Born Bad, en plus de sa capacité à produire d'excellents groupes actuels (Forever Pavot, Cheveu, La Femme, Dorian Pimpernel). Surtout, le label s'est fait une spécialité de déterrer les pépites méconnues de l'histoire du rock français, histoire de fermer le clapet de ceux qui pensent que le rock se conjugue uniquement dans la langue d'Agatha Christie. Après avoir sorti des compilations de punk, de synth wave ou de jazz protestataire, Born Bad se lance dans l'exhumation de l'œuvre de Jean-Pierre Decerf. Avec 'Space Oddities', l'auditeur découvre un rock psyché, un brin expérimental, teinté par les claviers modernes et les plages cinématiques proches du space disco le plus planant. De quoi largement influencer Air.

Jeff The Brotherhood • 'Dig The Classics'

Quand les frères Jake et Jamin Orrall s'attaquent au répertoire indie, c'est forcément crade, saturé et « plus-heavy-tu-meurs ». Le "Gouge Away" des Pixies était fait pour eux, la preuve.

Retard Records & Friends • 'Blood Visions'

Le label Retard Records rend hommage au génie qui lui a donné son nom, j'ai nommé Jay Reatard. Les groupes du label et d'autres amis rejouent l'album 'Blood Visions' dans son intégralité, chacun y allant de sa petite reprise énervée. L'occasion de confirmer que le gamin de Memphis était bel et bien un grand compositeur et qu'en chacun de ses morceaux punk sommeillait une pépite pop.

Revelacion • 'Best of Cerrone'

En bonus, cette reprise merveilleuse du traditionnel 'House of The Rising Sun'.


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