Red Hot Chili Peppers

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Red Hot Chili Peppers
© Ellen Von Unwerth
Red Hot Chili Peppers

En voilà qui ne connaissent pas la crise. Dans une industrie du rock en perte de repères, qui cherche ses stars interplanétaires et a fini par imploser dans tous les sens suite à la révolution numérique, les Red Hot Chili Peppers font partie du cénacle très privé des monstres sacrés. Ceux qui mettent tout le monde d’accord, ou presque, en tout cas ceux qui peuvent remplir des arènes immenses, un truc qui semble désormais réservé aux chanteurs de R&B ou aux dinosaures d’un autre temps, Paul McCartney, Prince, les Rolling Stones, AC/DC en tête. Survivants des nineties, les Red Hot Chili Peppers ont pourtant bien changé. Il faut dire que leur carrière est longue, car ils sont nés en réalité dans les années 1980, durant lesquelles ils peinent à véritablement exploser. Les albums qu’ils produisent alors sont, il faut bien l’avouer, sympathiques mais sans plus. De la fusion funk-metal très originale mais sans hit international à la clé, peut-être trop en avance sur son temps. Un peu comme si le groupe avait gardé toutes ses idées géniales pour 'Blood Sugar Sex Magik', son chef-d’œuvre absolu paru en 1991, année grunge. L’album se vend comme des petits pains et regorge de tubes : "Give It Away", "Under The Bridge", "Suck My Kiss", passez n’importe lequel de ses morceaux en soirée, l’effet est garanti. La suite sera tout aussi brillante quoique très différente puisque le guitariste John Frusciante est remplacé par Dave Navarro, qui oriente le groupe vers un son plus puissant, pour un résultat épatant. Le disque 'One Hot Minute' reste à ce jour le dernier opus vraiment très bon de la bande d’Anthony Kiedis, qui par la suite réembauchera Frusciante et sortira des albums faits pour cartonner. Des tubes efficaces certes, mais qui fleurent bon la redite malgré tout. Kiedis, Frusciante, Flea et Chad Smith font le métier, sans plus. En live, ils restent aujourd'hui une redoutable machine, comme ils l’ont toujours été, même si Frusciante a quitté le navire récemment. Soyons clairs : le Stade de France leur ira bien mieux qu’à d’autres, on ne se fait aucun souci pour leur capacité à faire lever les foules.

Par EC