A la table de l'éternité

Théâtre
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A la table de l'éternité

Dehors, la guerre gronde. Des snipers installés sur le toit des immeubles tirent des balles à tout va. Des femmes, des hommes, des enfants s'écrasent mollement sur le bitume, frappés par les balles. Perchés au dernier étage d'un immeuble, derrière la vitre de leur restaurant, Job et sa femme comptent les cadavres. C'est leur petit jeu à eux. Ils sont coiffés d'un bonnet de père Noël, et pendant que leurs filles sont allées s'encanailler dans un bar de la ville, ils passent le temps, et mangent des toasts. C'est alors que la dispute éclate. Prise de colère, exaspérée par son mari, Dalia se munit d'un fusil, menace Job, et alors qu'elle s'apprête à tirer, un certain Akan débarque, deux verres à pied et une grosse liasse de dollars dans la main. S'ensuit une tirade sur l'importance de ne laisser aucune trace de doigt sur le verre, et du pourquoi il est interdit de tenir son gobelet par le calice.

C'est donc à ce moment précis que l'histoire de Mohamed Kacimi mise en scène par Isabelle Starkier, abandonne les terres du réel pour investir des territoires bibliques surréalistes à grand coup de répliques abracadabrantesques. Et l'arrivée d'Eden - la mère d'Akan - dans un costume en étoffe lamée d'argent, soutien-gorge cônes façon Jean-Paul Gaultier perruque nuage sur la tête n'arrangera rien. Comme dans un mauvais rêve, les images se troublent : une partie de roulette, une session de tirs sur le toit, un strip-tease...

On comprend bien que l'histoire veut nous mener du côté de la barbarie, dénoncer les guerres, les religions, mais les artifices sont tellement prégnants qu'ils parasitent le propos de la pièce. Il ne sera pourtant pas question d'ennui, et les acteurs sont parfaits chacun dans leur rôle, mais il manque assurément ici une forme de cohérence dramaturgique, pourtant essentielle.

Par Elsa Pereira

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