Amarillo

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RobertoBlenda
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En voilà un spectacle plein de promesses. Du théâtre physique et visuel, et qui plus est en provenance du Mexique. On a vu moins séduisant. C’est donc avec une certaine curiosité que l’on se presse aux portes du très convivial théâtre Monfort, à la périphérie sud.

Quand le public est invité à s’asseoir sur les fauteuils bleus, les comédiens sont déjà sur le plateau et c’est bien longtemps après le début du spectacle que la lumière de la salle s’éteint. Une volonté bien affirmée d’effacer les frontières régies entre les spectateurs et la scène comme pour nous faire ensemble affronter cet immense mur gris dressé en fond de scène. Ersatz de celui érigé plus tôt pour protéger les Etats-Unis de toute invasion mexicaine. Une surface lisse et infranchissable que le personnage principal tentera en vain d’escalader pendant une heure.

Si l’enfer est pavé de bonnes intentions, 'Amarillo' l’est aussi. Malgré son propos et sa scénographie éclatée, le Teatro Linea de Sombra ne fait guère plus que compiler des symboles. « L’exploration des notions d’identité culturelle » promise se résume alors à des germes d’idées immobilisées au stade du bourgeon. Ainsi pendant que des bidons d’eau se vident pour en remplir d’autres, un cœur ailé pleure sur scène du sable couleur sang… Dans ce champ de signes littéralement avalé par une mise en scène cacophonique, on assiste à une tentative désespérée de rendre compte de la multiplicité des identités migratoires. Une esquisse perdue dans les aspérités narratives mais qui, en dépit de ses défauts procure le sentiment d’assister malgré tout à une performance pensée, intelligente et fuselée. Si l’espace sonore n’était pas monopolisé par les gargarismes énervants d’un didgeridoo humain, on passerait presque une bonne soirée.

Par Elsa Pereira

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