Christophe Alévêque est Super Rebelle... et candidat libre !

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Christophe Alévêque est Super Rebelle... et candidat libre !
© François Caillon

Sympathisants de droite et sarkozystes de la première heure : passez votre chemin. Le spectacle de Christophe Alévêque n’est pas tellement taillé pour vous… Pire, il risquerait de vous coller de belles plaques d’urticaire.

En entrant dans la grande salle du théâtre du Rond-Point, on appréhende quand même la chose : ouvreuses en costume de super-héros, petits drapeaux aux couleurs nationales, jeté de ballons et (faux) billets de 500 euros. Le show prend des allures de grand guignol un poil « has been ». Sauf que, une fois l’orage passé et les premières blagues potaches oubliées, le spectacle s’annonce plutôt bien. Candidat hors liste à la présidentielle 2012, Super Rebelle espère bien faire entendre sa voix. Derrière lui, dans ce théâtre déguisé en salle de meeting, un orchestre en slip et cape rouge entonne bandes-son célèbres (‘Requiem for a Dream’, ‘Indiana Jones’) et générique de dessin animé (‘Les Simpsons’). L’initiative pourrait prêter à sourire si le contenu, lui, n’était pas tragiquement édifiant. Car au fond, sous le verni luisant de la bouffonnerie, la critique gronde. Lourdement.

Pour alimenter sa diatribe, Christophe Alévêque n’hésite pas à revenir aux prémices de la campagne épinglant avec avidité les travers du président Zébulon et soulignant (entre autres) le grotesque de certaines déclarations dont le désormais célèbre « Nous sommes des gens modestes ». Littéralement déchaîné, Super Rebelle se propose même entre deux rires sardoniques de lui offrir une croisière Costa en guise de pot de départ à la retraite. C’est dire si, pendant l’heure et demie de spectacle, le président sortant en prend pour son grade. Incohérences, propos limites et crise financière en toile de fond de ce lynchage en règle.

Symbolisé par un simple mouvement d’épaule, il est d’ailleurs quasiment le seul à subir le courroux du maître de cérémonie. Outre quelques piques lancés ici et là (à DSK autant qu’à Nicolas Hulot ; « Quand on voit la tronche des écolos, on a de la sympathie pour la pollution », lâche-t-il),  la majeure partie du meeting de SR se résume à compiler et railler non sans vulgarité cinq ans en compagnie de « Klaus Guéant » et de « Fritz Hortefeux ». En limitant son contre-pouvoir comique à l’unique prétendant au poste, Christophe Alévêque stigmatise peut-être plus qu’il ne discrédite ; mais à quelques jours des élections, il est toujours bon de regarder dans le rétroviseur…

 

Par Elsa Pereira

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