Enfants terribles

0 J'aime
Epingler
Enfants terribles
©FREDERIC DESMESURE

Lorsque les lumières de l’Athénée s’éteignent, aucun comédien ne vient s’agiter sur scène, le rideau ne se lève même pas ; on entend uniquement la musique de trois pianos qui s’élève doucement d’un espace en contrebas de la scène. ‘Les Enfants terribles’ débute sur une musique émouvante, et parfaitement maîtrisée. Les yeux du spectateur n’ont pour l’instant comme seul objet qu’un écran sur lequel tombe une fausse neige, au rythme de la mélodie : seule l’écoute compte. Philip Glass reprend ici des éléments caractéristiques de son travail – à savoir minimalisme et répétition –, proposant à travers la pièce une bonne introduction à qui voudrait s’intéresser à la musique contemporaine. Mais qui dit opéra, dit aussi chant, et dit problème dans ce cas précis : le compositeur a pris le parti de conserver le texte de Cocteau tel quel, ainsi les comédiens se retrouvent à fredonner des expressions de la vie quotidienne, parfois tournées en langage très familier. Si l’on pense tout de suite aux films de Jacques Demy, expert en la matière, le résultat reste ici très perturbant. Puisqu’il s’agit d’opéra, indéniablement moins facile d’accès que la musique pop, le chant ne fait que plomber le piano et alourdir l’ensemble. 

On parvient heureusement à s’en détacher à mesure que la mise en scène gagne en dynamisme, et que l’histoire se met en place. Dès le départ, le narrateur, Gérard, facilite la compréhension du récit par ses apartés narrés (et non chantés comme le reste), et aide le spectateur à mieux cerner la relation incestueuse qu’entretiennent Paul et Elisabeth, frère et sœur. La scénographie y contribue également, en permettant la représentation concrète de l’ambiguïté de l’amour fraternel par le choix de la chambre comme unique décor. Des clés qui rendent le spectacle limpide, mais peu original. Sans fausse note au moins.

Par Pia Bou Acar

Téléphone de l'événement 01 53 05 19 19
LiveReviews|0
1 person listening