Géométrie de caoutchouc

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Géométrie de caoutchouc
© Aglae Bory

Il y a d’abord ce large chapiteau tiré à quatre mâts et cloué au sol du parc de la Villette. Puis à l’intérieur, sa réplique, en plus petit. Un jeu de poupées russes qui installe le public aux quatre coins de la scène, face nord ou plein sud, soumis à un spectacle sensiblement différent selon sa géolocalisation. À l’extinction des lumières, on découvre que le mini-chapiteau cache dans son ventre des humains. Une vie intra-utérine dévoilée par un subtil jeu de transparence. Quelques effets de lumières et on aperçoit des ombres se coller aux parois du cocon pour en étirer sa surface. Il n’y aura guère plus poétique que ce moment pendant le spectacle. Une musique composée au piano lâche quelques notes discordantes, et petit à petit des humains vont naître à la lisière de la toile. Fac-similés d’Adam et Eve en imperméable, les huit acrobates ne vont cesser pendant l’heure d’escalader le décor, de regagner leur Eden. Une ascension qui n’est pas sans rebondissement puisque le chapiteau ne cessera de résister, obligeant les personnages à s’agripper aux câbles, à se lancer dans le vide, à s’écraser sur la bâche molle…

Une chose est sûre, le cirque version Aurélien Bory n’a rien d’ordinaire. De par son objet déplacé ingénument du dedans au dehors, de l’intérieur du chapiteau au chapiteau lui-même. Et aussi par son langage qui crypte plus qu’il ne dévoile. Une esthétique froide et ténue qui plaira davantage à votre cerveau qu’à votre cœur. A vous de voir…  

Par Elsa Pereira

Publié :

Téléphone de l'événement 01 40 03 75 75
Site Web de l'événement http://www.cie111.com
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