Importance d'être Wilde

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Il n’est pas 20h et la file d’attente serpente déjà depuis la porte de la salle jusque dans les escaliers du théâtre. Témoin irréfragable du succès de ‘L’Importance d’être Wilde’ pièce de Philippe Honoré d’après la vie et l’œuvre d’Oscar Wilde.

Déjà jouée l’hiver dernier, la mise en scène de Philippe Person reprend du service à l’automne 2012. Même endroit (le Lucernaire), même équipe (Anne Priol, Emmanuel Barrouyer, Pascal Thoreau) et même texte : un agrégat d’extraits du poète irlandais et d’anecdotes sur sa vie.

Pendant un peu plus d’une heure, les trois comédiens s’affairent à faire revivre les aphorismes les plus croustillants et les scènes les plus tragiques du répertoire wildien. Tantôt enfoncés dans de mini-fauteuils club, tantôt assis devant un mur de photos sépia, ils jouent tour à tour la femme, l’amant, le juge et les personnages. Interprètes talentueux dans une mise en scène un poil trop classique. Articulé à partir de passages de ‘Salomé’ ou encore du ‘Portrait de Dorian Gray’, de bribes de correspondances et d’éléments biographiques, le texte raconte le destin tragique de l’écrivain irrévérencieux.

Il y a un plaisir certain à réentendre le ton insolent du dandy, à se rappeler les jeux de mots et l’ironie dont ses textes sont imbibés mais les amoureux du théâtre resteront très certainement sur leur faim. Car passé l’intérêt biographique, il n’y a guère à se mettre sous la dent : la mise en scène ne s’autorise que de rares audaces (comme David Bowie en bande-son) dans une scénographie d’une sobriété presque aride. Alors quoi, Philippe Person aurait-il oublié que « les folies sont les seules choses qu’on ne regrette jamais » ?

Par Elsa Pereira

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