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La conférence Berryer au théâtre du Rond-Point

Berryer : l'eau, l'air, la vie


Vous avez toujours voulu voir sur un ring de boxe des avocats en robe ? La conférence Berryer est faite pour vous. Vous en avez sûrement déjà entendu parlé, mais vous ne savez pas bien de quoi il s'agit, non ? Ça tombe bien, on vous raconte. Cette institution, qui porte le nom d'un illustre avocat Pierre-Antoine Berryer, réunit une cour, plutôt atypique, qui a décidé cette année de squatter les planches du théâtre du Rond-Point. Ce lundi 30 septembre, douze avocats du Barreau de Paris, triés sur un concours d'éloquence, débarquent dans la salle, bravant un public surexcité comme des catcheurs fendant la foule pour monter sur le ring. Deux invités de marque les précèdent, le célèbre avocat Dupont-Moretti, et l'humoriste Christophe Alévêque. L'assemblée a pris place devant nous comme dans un tribunal. A la barre, deux jeunes premiers, brillants étudiants de Sciences Po, sont entendus. Leur crime ? Avoir osé penser qu'ils étaient des champions de l 'éloquence. Résultat, on leur impose des sujets tordus comme "le Rond Point ne tourne pas rond", à partir desquels ils doivent se lancer dans un laïus. Vaste programme. Alors, après s'être dépatouillés tant bien que mal dans leurs discours, ils ont attendu, tout penauds, la sentence de l'assemblée, prête à bondir.

La première phrase a frappé comme un éclair : «  c'est marrant, on ne s'attendait à rien avec toi, mais on arrive quand même à être déçu ! ». Et c'est parti pour plus de deux heures de show, où chaque membre a usé de sa verve pour attaquer les deux pauvres malheureux qui se sont rêvés avocats au pupitre. Pas de blagues de juristes, pas de termes pointus, les prises de parole sont musclées, drôles et malheureusement pour les deux victimes, caustiques. Une joute oratoire théâtrale où chacun doit prouver ses talents d'orateur pour nous en mettre plein la vue. Une fois que les douze avocats ont passé en revue les discours de leurs victimes, c'est à leur tour d'en prendre plein les oreilles, quand les deux secrétaires généraux assis sur le côté de la scène attaquent leurs confrères avec une énergie et un humour décapant. On ne risque pas de s'ennuyer ce soir-là, emporté d'un discours à l'autre, comme un ping-pong verbal, où chacun use de sa gouaille pour se mettre en avant. Et on est même étonné du résultat : les avocats, qui ont prouvé qu'ils pouvaient lâcher prise, font voler leur robe en éclat, emportés dans un véritable jeu de comédien. Ils en oublieraient un peu trop l'heure qui tourne. Petit hic, le spectacle est beaucoup trop long ! Dommage. Le deuxième rendez-vous est pris. A l'occasion de la Nuit Blanche, la conférence s'installe au 104 samedi 5 octobre.


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