La Confession du pasteur Burg

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La Confession du pasteur Burg
Xavier Voirol

Sur un plateau nu, sobrement vêtu, le pasteur Burg se tord, écume de rage, conspire… Quelques lumières blanches éclairent son visage, le reste est plongé dans le noir. Aucun décor pour habiller les lieux, pas d’accessoire pour servir la mise en scène. Frédéric Landenberg est seul à porter l’histoire. Avec une énergie tout entière destinée à incarner ce pasteur déchu imaginé en 1967 par Jacques Chessex.

Au cœur de l’intrigue, l’histoire dérangeante d’un homme d’église dogmatique censuré par des paroissiens sensibles. Muselé par le conseil synodal,  l’homme aussi excessif que lunatique décide de se venger en s’attaquant à la virginale Geneviève, fille du puissant notable H. Un plan aussi diabolique que malsain qui poussera, sans grande surprise, le personnage principal dans ses derniers retranchements.

Il y a assurément quelque chose de Choderlos de Laclos dans cette histoire de vengeance entachée par la morale et le sexe, une manière analogue de raconter par les mots plus que par les images, de rapporter les dialogues, de faire vivre les absents. Une habilité narrative que l’on retrouve dans la mise en scène de Didier Nkebereza.  Car si la scénographie se fait minimale, l’interprétation, elle,  est intense, forcée, corporelle, et donne à voir le bouillonnement intérieur du pasteur. Une esthétique expressionniste qui tient en haleine et dont la morsure lance bien après les ultimes applaudissements.

Par Elsa Pereira

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