Le 6e Jour

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Le 6e Jour
© Christophe Raynaud De Lage

 Il suffit parfois de presque rien pour faire un tout. D’un bureau au centre d’une scène, d’une plante ou même d’un porte-manteau ordinaire. Il suffit parfois de quelques gestes et d’une poignée d’idées pour construire un univers entier. Mais pour cela, il faut du talent et visiblement François Cervantes et Catherine Germain en regorgent.
Au centre de la scène, occupé à extirper tout un tas d’objets de son cartable, il y a Arletti. Quelques grammes de peintures sur le visage, une chevelure faite à partir de voiles et un imperméable beige. Clown sans âge et sans sexe absorbé par la lecture de la Genèse, Arletti ordonne ses affaires, ouvre des pochettes, se colle les doigts dans du ruban adhésif tout en nous racontant les premiers pas de la planète. Il ne se passe presque rien, il ne dit que quelques mots et pourtant les rires des petits se mêlent déjà à ceux des plus grands. Le temps d’esquisser de timides regards, de moduler sa voix, de tituber pour que le clown naisse sous les yeux du public et le spectacle est déjà commencé.

Mais ce qui éblouit le plus dans la performance de Catherine Germain, ce n’est pas tant la fausse pauvreté de sa dramaturgie mais sa dextérité invisible. Tel un orfèvre, son art se lit dans la précision et le détail. De fait, il n’y a presque rien à raconter du ‘6e jour’. En tout cas, rien que l’on puisse analyser, décortiquer, agencer et prémâcher. Rien ou presque. S’il est délicat de raconter cette rencontre, elle vaut assurément un détour par le théâtre de la Cité.

Par Elsa Pereira

Publié :

Téléphone de l'événement 01 43 13 50 50
Site Web de l'événement http://www.theatredelacite.com