Le Songe d'une nuit d'été

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Le Songe d'une nuit d'été
© Daria Marchik

Le théâtre national de Chaillot prend un peu d’avance en présentant le 'Songe d’une nuit d’été' dès les prémices du printemps. Fraîchement sortis de l’Ecole du théâtre d’art de Moscou, ces jeunes comédiens russes viennent pour la première fois présenter leur travail en France, invités par Chaillot. Mais ce n’est pas parce que deux grandes institutions se rencontrent qu’il faut rester classique et respectueux pour autant. Loin de se poser paresseusement dans une salle, c’est le grand foyer du théâtre qu’ils vont investir pour emmener les spectateurs dans plus de trois heures de délires.

Evidemment, la troupe revisite radicalement la pièce shakespearienne. Dans l’écriture tout d’abord, puisque des morceaux de textes écrits par Valery Pecheykin, la dramaturge de la troupe, seront ajoutés à la trame principale. Dans les lieux ensuite. Exit la forêt et les fées qui ne sont en fait que le pur produit de l’imagination des personnages, et départ pour des endroits aussi variés qu’un cabinet de psychiatrie ou une école. Le metteur en scène Kirill Serebrennikov fait preuve d’une grande ingéniosité pour nous embarquer au cœur de l’imagination de l’auteur tout en la rapprochant de nos repères modernes. Ceci pour mieux révéler les relations entre les jeunes amoureux.

Au milieu d’un espace scénique complètement explosé avec des projections vidéo et des lumières de boîte de nuit, l’ambiance promet d’être décapante. Pourtant, tout ce dispositif n’enlève en aucun cas la poésie de cette pièce. Grâce à l’immense énergie inépuisable de ses acteurs, qui vont aussi chanter par-dessus le marché, toutes les conditions sont réunies pour que le Grand Foyer du théâtre de Chaillot se transforme de lui-même en forêt magique.

Par Aurélie Clonrozier

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