Tout un monde - monologue clownesque

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Tout un monde - monologue clownesque
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Hélène Ventoura est clown. Mais pas de ceux qui vous éclaboussent avec leur fleur en plastique, qui chaussent des godasses trop grandes et rigolent à foison. Non, Hélène Ventoura est un clown sobre, vêtu en camaïeu de bleu. Seuls deux ronds roses sur les joues et un mini-chapeau pointu font figure d’avatar clownesque chez elle. N’en déduisez pas pour autant que son jeu est minimal et que son pouvoir comique flirte avec le néant... Jeux de mots piquants, chansons paillardes revisitées et lapsus en tout genre émaillent son récit. Décidée à nous raconter sa version de Cendrillon, la jeune femme se perd en digressions, mélange les contes et pimente le tout d’anachronismes savoureux. Subtil et audacieux, son texte ne souffre d’aucun déséquilibre. A l’instar de son interprétation décalée qui révèle un clown aussi doué dans l’art du voyage narratif que pour les citations incongrues.

Alors qu’il faut à certains des kilogrammes de carton et de peinture pour planter un décor, la jeune femme ne s’embarrasse de rien. Un plateau vide, quelques lumières spartiates, un rideau par lequel elle entre et sort. Rien et pourtant, à la fin de ‘Tout un monde’, le spectateur a le sentiment d’avoir parcouru des kilomètres de forêts enchantées, peuplées de lapins nymphomanes et de femmes à barbe…

Par Elsa Pereira

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