Voix humaine

Théâtre
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Voix humaine
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Que celui qui n’a jamais attendu désespérément devant son téléphone un appel des heures durant passe son chemin, il ne saisira pas vraiment l’intérêt de ‘La Voix humaine’, en ce moment au théâtre de l’Athénée. Car ce qui frappe le spectateur à la vue de la pièce, c’est sans aucun doute son incroyable modernité : en 1930, Cocteau avait anticipé la tournure qu’allaient prendre les relations humaines, influencées par des avancées technologiques toujours plus rapides. La comédienne, suspendue à son téléphone, complètement soumise à sa sonnerie, aux aléas de ses coupures, pourrait représenter n’importe quelle femme d’aujourd’hui. A l’autre bout du fil, celui qu’elle aime, mais qui l’a quittée. Seule sur scène, elle chante sa passion brisée, une détresse qui semble tout autant liée à l’amour perdu qu’à l’ambiguïté du contact téléphonique qui, en rapprochant les ex-amants, les éloigne aussi.

Adapté musicalement par Francis Poulenc, ce court opéra à la mise en scène dépouillée touche surtout par le jeu de Stéphanie d’Oustrac, tellement imprégnée de son rôle qu’elle en ressort visiblement épuisée. Une actrice « jeune et élégante », à l’image de ce que voulait Cocteau. Si la musique regorge d’émotion, si le texte trouble par son actualité, l’ensemble peine cependant à vraiment nous enthousiasmer. L’histoire étant limitée à ce seul coup de fil, à cette seule femme, elle perd en dynamisme à mesure que le temps passe. Manque d'énergie ou de rythme ? Dans un décor inutilement chargé, la mise en scène s’échine à faire vivre une histoire qui se suffit à elle-même. Et pendant cette petite heure, l’on ne peut s'empêcher de penser qu'une forme encore plus resserrée aurait certainement aidé à rendre le tout plus fort et plus poignant. Le résultat laisse malheureusement indifférent. 

Par Pia Bou Acar

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