Caspar Western Friedrich

Théâtre
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Caspar Western Friedrich
© Martin Argyroglo

Un spectacle à l’état gazeux entièrement noyé dans l'ennui.

Sur le papier, l’expérience avait l’air particulièrement exaltante. Une mise en scène de Philippe Quesne mettant en dialogue le romantisme allemand et le western américain, de surcroît avec les comédiens de l’ensemble du Münchner Kammerspiele.

On imaginait un spectacle plein de promesses et audacieux. Mais plutôt que d’emporter ses spectateurs dans des contrées lointaines, de les guider par la langueur de la mélancolie et l’aura mystérieuse du cow boy, le directeur des Amandiers a imaginé une œuvre d'une heure et demie noyée dans l’ennui.

Aucune ferveur contemplative ni trame narrative, mais un spectacle à l’état gazeux totalement illisible. Tantôt dans un musée imaginaire, tantôt dans un campement, les comédiens récitent des textes poétiques sans jamais vraiment s’adresser la parole. Ils installent le plateau, déplacent des cubes en polystyrène, recouvrent les silhouettes de fumée. S’échappent alors des bribes de textes magnifiques mais inaudibles de Paul Verlaine, Novalis ou encore de Rilke, parfois exempts de toute traduction.

Seules de très belles images viennent nous extirper du sommeil : une pluie-brouillard, un nuage de fumée couleur pastel, une réunion d’amis autour d’un feu, guitare à la main, de la neige dans la nuit… De sublimes scènes largement inspirées par la lumière des œuvres du peintre allemand Caspar David Friedrich et qui auraient mérité d’être pleinement assumées par le plasticien-metteur en scène. Quesne signe dès lors un spectacle plastique, une performance visuelle à la théâtralité appauvrie presque parasite, dépourvue de toute densité. Une invitation au rêve qui n’ouvre jamais réellement son horizon.

Par Elsa Pereira

Publié :

Téléphone de l'événement 01.46.14.70.70
Site Web de l'événement http://www.nanterre-amandiers.com/#home
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