Catherine et Christian (fin de partie)

Théâtre
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Catherine et Christian (fin de partie)
© Sabine Bouffelle

Catherine esquisse un sourire, Christian plisse les yeux. Projeté sur un large écran en fond de salle, le couple répond aux questions sensibles de l’interlocuteur. Qu’aimeriez-vous dire à vos proches avant de mourir ? Que voudriez-vous qu’ils fassent de votre héritage ? Où et comment aimeriez-vous être enterré ? La thématique a beau sembler lugubre, les réponses, comme le spectacle à venir, sont drôles et émouvantes. L’image sur l’écran disparaît.

L’intérieur d’un restaurant de province. Quelques tables sont dressées. Entrent, emmitouflés dans leur manteau d’hiver, Olivier, Gwendal, Julie et les autres. Une fratrie réunie autour des funérailles du père (Christian) ou de la mère (Catherine). Dans les deux histoires qui se développent sur scène en parallèle, on parle des enfants qui ont grandi, du voyage qui fut long, on se remémore des souvenirs, on étrangle des sanglots. Et, évidemment parce que la tension est trop forte, parce que les rancœurs sont parfois tenaces, on essuie des reproches, on cède au malaise.

Nouvelle création de l’excellent collectif In Vitro, ‘Catherine et Christian (fin de partie)’ aborde les questions qui fâchent et les sujets qui attristent sans jamais céder à l’hystérie familiale et aux larmes post-mortem. Si certaines scènes sont particulièrement bouleversantes (difficile d’éviter la tristesse et les remords compte tenu du sujet), l’ensemble s’amuse davantage avec les maladresses des uns et les malentendus des autres. On se raconte des banalités pour éviter de se parler, on se vexe, on se fâche, on se rabiboche… Et si tout au long de la pièce, on rit plus volontiers que l’on pleure c’est grâce à l’excellente direction d’acteurs de Julie Deliquet et à une mise en scène d’une sobriété déconcertante. Les traversées de plateau sont rares et les jeux de lumière dispensés avec parcimonie. Dans ce cadre de scène réduit à l’essentiel, le silence et les dialogues règnent en maître, seule une phrase mélodique (plutôt moyenne malheureusement) vient habiller la fin d’une scène. Tout repose sur la parole et cette fameuse communication si épineuse. Portés par un texte plein de finesse et de subtilité, les comédiens (tous fantastiques !) rivalisent de naturel et offrent avec ‘Catherine et Christian (fin de partie)’ un spectacle universel qui nous fait rire en nous parlant de la mort.  

Par Elsa Pereira

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