Océanerosemarie : Chatons violents

Théâtre
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Océanerosemarie : Chatons violents
© Svend Andersen

Oxymore ou pléonasme ? ‘Chatons violents’, deuxième spectacle de la célèbre Lesbienne invisible, de son prénom Océanerosemarie (à lire dans un seul souffle), parle évidemment de félins. De gros matous qui sont en réalité – on s’en doute – un prétexte pour parler du couple et de ses désagréments. « C’est ça le couple, être dans le réel » s’amuse l’humoriste. C’est donc par un sketch acerbe sur la vie à deux qu’Océanerosemarie ouvre son nouveau spectacle. Un show d’une heure et demie au rythme soutenu où il est question de Parisiens exilés à Marseille, de chats qui prennent la pause, de bien-pensants, de cagoles au verbe coloré et de notes de vétérinaires exorbitantes.

Dans la salle, les fans de la première heure rient aux éclats à chaque blague, pourtant les premières minutes sont un poil laborieuses. Malgré une mise en scène musclée, le débit de parole exigeant et les ressorts comiques trop familiers mériteraient quelques ajustements. Puis au détour d’un sketch, on emprunte le TGV et le spectacle décolle. Car s’il y a un domaine (à part la lesbologie bien sûr) dans lequel Océanrosemarie excelle c’est bien celui du décryptage sociétal avec pour objet d’étude : les BBB. Plus connus sous le nom de bobo ou de hipster, les BBB sont décidément un sujet très prisé des humoristes (on en a croisé notamment chez Sophia Aram). Sauf que contrairement à ses confrères, Océanerosemarie ne survole pas la question, elle y plante carrément les incisives. Le bobo n’est pas ici l’occasion d’un petit sketch moqueur d’une poignée de minutes, mais l’objet d’une analyse pointue sur le racisme de gauche et la génération « Touche pas à mon pote ». BIM dans les dents. Dans le public on rit toujours (beaucoup), mais on rit jaune. Bien installé dans son fauteuil, des Stan Smith aux pieds, il semble bien difficile de ne pas se reconnaître tant le portrait empreint de cynisme de l’humoriste est frappant de justesse.

Alors que Sophia Aram faisait rire une salle remplie de gauchiste en raillant les gens de droite, ‘Chatons violents’, lui, prend le parti de se moquer – avec plus ou moins de candeur – de son propre public (et de son auteur au passage). Un one-woman show qui fait rire et réfléchir, avouez que c’est plutôt agréable. L’autodérision guérit de tous les maux, non ? 

Par Elsa Pereira

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