Trois ruptures

Théâtre
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Trois ruptures
© Larry Stokrat

Une bande de plastique rayée jaune et noire délimite l’espace scénique. Dans les films américains, on s’attendrait à y voir un corps inanimé et des agents en costume qui s’agitent autour. Point de zone de crime « pour le moment », l’espace habité par l’homme (William Astre) et la femme (Emilie Pierson, et son petit air de Léna Dunham) s’apparente davantage à un ring, lieu de joutes verbales et d’échec amoureux. A l’amour comme à la boxe, avant que le combat ne commence on s’étire, on s’échauffe, et on se prépare à la lutte. Une routine presque obséquieuse (compte tenu de la suite des événements) servie par deux acteurs vêtus chacun d’un t-shirt jaune et d’un pantalon noir.

Ecrite non sans humour par Rémi de Vos, ‘Trois ruptures’ rompt avec le mélodrame, les larmes et la morve qui vont si souvent avec le mot séparation. Pas d’apitoiement mais une violence psychologique intense qui mêle le tragique à l’humour noir, le pathétique au sordide. Ne vous attendez donc pas à un ‘Trois ruptures’ façon Roland Barthes, il n’est pas question de décortiquer les sentiments amoureux ni de s’affronter dans de longues tirades dramatiques comme chez Pascal Rambert (‘Clôture de l’amour’), la pièce mise en scène par Sylvain Martin s’inspire plus volontiers du grotesque, et s’amuse largement du décalage entre la réalité et l’exagération. Les personnages sont caricaturaux et outranciers, et les situations exagérées. Parce qu’au final, chez Rémi de Vos, il n’est pas vraiment question d’amour et d’intimité mais de colère, de rancœur et de folie. Exit l’émotion, bonjour l’hystérie, la vengeance et la perfidie. L’ensemble manque ainsi parfois de subtilité mais jamais de second degré. 

Par Elsa Pereira

Publié :

Téléphone de l'événement 01.77.17.85.04
Site Web de l'événement http://craccoyer.free.fr
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