Victor

Théâtre
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Victor (© DR / Victor )
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Dans les années 1950, après avoir purgé un an de placard pour sauver son filou d'ami Marc (Eric Cantona) dont il aime la femme Françoise (Caroline Silhol), le bon Victor (Grégory Gadebois) se laisse séduire par elle à sa sortie de prison. Il cède à cet amour adultère. Mais Marc retient Françoise car sans lui, elle est ruinée. Victor, humilié, quitte ce couple infernal et refait sa vie avec Marianne, une jeunette (Marion Malenfant) fondue d'amour pour lui. Il est heureux et fait fortune, seulement Marc, au bord du suicide, revient auprès de son ami et lui cède enfin sa femme...

Dans cette pièce de Henry Bernstein, on se délecte des dialogues à la Audiard et des personnages hauts en couleur portés par des comédiens qui nous tiennent en haleine. Grégory Gadebois, connu pour son interprétation dans 'Des fleurs pour Algernon', nous fait vibrer par son coffre et nous attendrit par sa bonhommie. Il fait partie des rares comédiens de ce monde capables de jouer l'ivresse sans aucune vulgarité ni caricature. Son amitié avec Jacques (Serge Biavan, qu'on regrette d'ailleurs de ne pas voir plus exploité dans l'histoire) est touchante et fraternelle. Et c'est normal, car ce bon Victor est aimable. Son amante jouée par Caroline Silhol semble tout droit sortie d'un film noir. Son jeu alterne entre séduction et soumission ce qui rend son personnage insaisissable mais attendrissant. Quant à Marion Malenfant, la jeune fiancée de Victor, elle est désarmante de naturel avec un timbre de voix digne des films de Marcel Carné, elle papillonne autour de Victor et l'égaye par sa fraîcheur. Déjà marquante dans 'Norma Jean', elle continue de nous ensorceler. Cette petite troupe nous embarque dans l'histoire de Victor, dans une tranche de sa vie qu'on partage avec lui, dans ses tourments et ses joies, en totale empathie avec les personnages.

Au-delà de ces considérations, on peut déplorer la mise en scène promotionnelle d'une telle production qui ne met en lumière que les têtes d'affiche, en l'occurrence le couple Brakni/Cantona. Et ce, même si l'on est habitué à ces stratégies marketing et que l'on n'a rien contre ce sympathique couple. En effet, Eric Cantona campe un personnage largement secondaire et même s'il maîtrise sa partition avec un certain second degré, la pièce ne repose pas sur sa prestation. Par ailleurs, ce qui pose problème dans 'Victor', c'est tout simplement l'histoire... On se laisse certes porter par le récit mais sans en saisir le véritable enjeu. C'est l'histoire d'un d'amour manqué entre deux êtres, Victor et Françoise, mais dont on ne perçoit à aucun moment la tension dramatique. Certes, une mélancolie émane de ces deux êtres mais elle ne permet pas de donner une consistance au spectacle. On reste sur sa faim, on avait espéré un festin, on a nous a servi un potage tiède.

Par Louise Pierga

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Téléphone de l'événement 01.43.87.23.23
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