À l’heure de la France Design Week 2026, Marseille voit émerger une nouvelle génération de designers bien décidée à faire les choses à sa manière. Engagée, expérimentale et très ancrée dans son territoire, elle transforme matériaux, savoir-faire et ressources locales en nouveaux terrains de jeu. La preuve avec trois rendez-vous qui méritent le détour.
CHICHE ! Le design au Sud
« Chiche ! » Jusqu’au 25 octobre, l’exposition imaginée par Cécile Coudreau et Fabrice Pincin pour Marseille Design Méditerranée réunit à Vidéochroniques une dizaine de designers et collectifs installés dans le Sud-Est. Leur point commun ? Une envie d’oser ! Ici, pas de grand manifeste esthétique : cette nouvelle garde compose avec ce qu’elle a sous la main, matériaux locaux, rebuts, avec des techniques artisanales et des savoir-faire parfois oubliés. Une façon de produire moins mais mieux, en faisant du territoire méditerranéen un véritable laboratoire.
Ainsi, Antoine Boudin construit Quieu Bagna II, un dériveur en cannes de Provence, agaves et fibres de cellulose. Louis Lefebvre imagine Exuvia, un banc en laine feutrée et teinture végétale. Chez Lingua Franca Studio, le temps lui-même devient matière avec Les Horloges à Feu, le Métronome, le Sablier. Géraud Pellottiero et Céline Thibault puisent quant à eux dans les paysages de la forêt des Maures avec Lo Tendolet, issu de leur série Leï Mauras, qui explore le liège brut et ses usages pour créer d’étonnants objets.
Autant de créations qui montrent que le design du Sud ne cherche pas tant à produire de nouvelles matières qu’à regarder autrement celles qui existent déjà. « Le design ne promet pas de solutions toutes faites. Il propose d’essayer, de déplacer les regards », écrit Cécile Coudreau, co-commissaire de l’exposition.
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Où ? Vidéochroniques, 1 place de Lorette, Marseille 2e.
Quand ? Jusqu’au 25 octobre, du mercredi au samedi de 14h à 18h.
Combien ? Entrée libre.
DESIGN KIOSK : rien ne se perd, tout se transforme
Après les objets, place au faire. Du 26 au 30 septembre, Design Kiosk Pop-Up investit le Studio RouxLibre, rue Barbaroux, avec une idée simple : rendre le design accessible à tous et inviter chacun à passer à l’action. L’esprit de Design The Change, l’association marseillaise à l’origine du projet, tient presque dans cette phrase de Victor Papanek, pionnier du design social et écologique : « Le design est une activité essentielle à la survie. Il peut, et doit, être utilisé pour la justice sociale, l’environnement et le bien commun. »
Une philosophie qui passe ici aux travaux pratiques. À côté d’une ludothèque éducative et d’une mini-bibliothèque de design multilingue, des ateliers participatifs seront proposés, comme l'atelier PictoPlastics, avec la designer Regina Miecchi, qui guidera la création d’une image de design engagée à partir de plastique collecté. De véritables espaces d’apprentissage actifs, où la démarche de “design thinking” passe de la théorie à l’expérimentation.
Et pour finir en beauté, rendez-vous mercredi 30 septembre dès 18h pour une mini-“Swap Party” : un troc solidaire où chacun vient avec un petit objet dont il ne veut plus et repart avec le trésor d’un autre. Une manière joyeuse et concrète de lutter contre le gaspillage.
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Où ? Studio RouxLibre, 44 rue Barbaroux, Marseille 1er.
Quand ? Du 26 au 30 septembre. Ateliers gratuits sur réservation (inscription via le compte @design.the.change).
TANGIBLE : l’union fait le design
À Marseille, la nouvelle scène design ne se contente plus d’émerger : elle se fédère. Plus qu’un festival posé dans un lieu unique, Tangible, qui revient du 9 au 25 octobre pour une deuxième édition, fonctionne comme un hub de la création provençale. Designers, artisans, écoles et institutions dialoguent autour d’expositions, d’ateliers et de rencontres répartis dans Marseille et sa métropole.
Lors de la première édition, Vincent Tuset-Anrès, directeur artistique de Fotokino, qui coordonne le festival, comparait Marseille « à un laboratoire du vivre-ensemble, des engagements collectifs et artistiques, des formes de débrouillardise et de résistance aussi ». Une effervescence qui nourrit selon lui une scène locale « très riche et diverse ».
Il suffit de parcourir la programmation 2026 pour mesurer cette diversité. Chez Fotokino, l’exposition Tout autre chose prend les matériaux à rebours de leurs usages habituels – vase en papier, lampe en placo, urne en feutre ou assise en mycélium. À La Compagnie, Ressort réunit Louis Lefebvre, Zélia Moussy et Théophile Peris autour de la laine, entre artisanat, art et design. Aux Beaux-Arts de Marseille, Le Grand Bain : eau, matière, couleur poursuit la réflexion autour des ressources et de la matière.
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Une constellation de rendez-vous qui dessine une scène marseillaise qui commence à faire réseau.
Où ? Dans différents lieux à Marseille et dans la métropole (https://tangible-festival.org/).
Quand ? Du 9 au 25 octobre 2026.
