Mike Kelley

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'Ahh... Youth!', 1991 / Courtesy Metro Pictures, New York et Mike Kelley Foundation for the Arts / © Estate of Mike Kelley, tous droits réservés
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'Blue Plaid Capp / Brown Plaid Boy', 1997 / Courtesy de Mike Kelley Foundation for the Arts / © Estate of Mike Kelley, tous droits réservés
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'Kandor 15', 2007 / Photo : Fredrik Nilsen / / Courtesy de Mike Kelley Foundation for the Arts / © Estate of Mike Kelley, tous droits réservés
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'Extracurricular Activity Projective Reconstruction #1 (A Domestic Scene)', 2000 / © Estate of Mike Kelley, tous droits réservés

Pour la première rétrospective en France de Mike Kelley, le Centre Pompidou a choisi de mettre en avant l'insolence de l'artiste américain qui s'est donné la mort en 2012. Or la Galerie Sud, pas très étendue, semble peiner à contenir le travail du natif de Détroit, et donne au parcours une impression d'entassement anarchique : on a du mal à savoir où commence une œuvre et où s'arrête la suivante, et quelques indications n'auraient parfois pas été de trop. Si l'on ajoute l'absence totale de traduction (et de sous-titres pour les vidéos), on se retrouve avec un visiteur forcé de se laisser emporter par un maelström bruyant et clignotant, entre vidéo, musique, architecture, sculpture, dessin et installations.

Et le pire, c'est que cela fonctionne quand même (à peu près), car l'art de Mike Kelley, trivial, subversif, sarcastique, se délecte du désordre. Les Etats-Unis l'énervent. La civilisation occidentale, superflue, vulgaire, l'énerve. Alors Kelley le fait savoir, en exagérant ces défauts pour nous choquer, tout en reprenant ironiquement les postures du minimalisme et du ready-made. Qu'il mette en scène des animaux en peluche ('Half a Man', la série initiée en 1987), reproduise sous forme de maquettes tous les établissements scolaires dans lesquels il est passé, ou concocte des sculptures kitsch à partir de bijoux de pacotille, il entremêle à chaque fois tragique et comique, dérision et émotion.

Cœur de l'exposition, 'The Poetic Project' revient sur l'histoire du groupe de punk totalement confidentiel que fonda Mike Kelley à la fin des années 1970, dans une salle accumulant sculpture, peinture, vidéos, musique et jeux de lumière. Une déambulation cacophonique dans le cerveau d'un ado qui rêve de devenir célèbre, sorte d'autel à la gloire de l'anecdotique avec, en filigrane, une remise en cause de l'histoire officielle, de la hiérarchie, au profit du dérisoire et des trajectoires mineures. Le parfait résumé d'une œuvre intransigeante, dont la furie cache mal une profonde noirceur.

> Horaires : tous les jours sauf le mardi de 11h à 21h

Site Web de l'événement http://mikekelley.com/
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