Oscar Muñoz : Protographies

Notre sélection
Ajoutez à votre coupes de coeur
0 J'aime
1/6
Oscar Muñoz, 'El juego de las probabilidades', 2007 / Courtesy de l’artiste et Sicardi Gallery, Houston
2/6
Oscar Muñoz, 'Narciso', 2001 / Courtesy de l’artiste
3/6
Oscar Muñoz, 'Cortinas de baño', 1985–1986 / Collection Banco de la República, Bogotá
4/6
Oscar Muñoz, 'Línea del destino', 2006 / Courtesy de l’artiste
5/6
Oscar Muñoz, 'Horizonte', série 'Impresiones débiles', 2011 / Galerie mor·charpentier, Paris
6/6
Oscar Muñoz, 'La mirada del cíclope', 2001-2002 / Courtesy de l’artiste

Pas la peine de chercher des photos encadrées, sagement alignées sur des murs blancs. Pour Oscar Muñoz, la photographie n'est pas un outil qui lui permet d'appréhender le monde, mais une matière malléable, un filtre qu'il module, adapte, désintègre, transforme, démonte et remonte pour mieux coller à son sujet. Là où la prise de vue consiste à congeler un instant, à écrire la lumière, les « protographies » du Colombien né en 1951 remettent en cause cette idée de fixation : lui n'a de cesse de tourner autour du médium pour réfléchir sur l'idée de la mémoire et du temps.


Concrètement, ces quarante années d’expérimentation donnent une exposition touchant à la vidéo, au dessin, à l'installation, à la sculpture, à la peinture. Inlassablement, Oscar Muñoz repense son outil pour interroger l'immobilité et la soi-disant immortalité de l'image – en filmant, par exemple, des portraits-photo qui se dissolvent dans des nuages d'encre au fond d’un évier, ou en composant des portraits en mosaïque à partir de photos prises à différents moments d'une vie. Souvent bâti sur des idées simples (filmer des photos de famille chez l'habitant et capter, sur le reflet du verre du cadre, des bribes de la vie du foyer alentour), son travail délaisse le papier pour décliner le processus de la photographie sur des supports inattendus, comme ces rideaux de douche sur lesquels quelques baigneurs semblent avoir oublié leur ombre.

En fil rouge, l'eau, fond sonore de l'exposition, s'écoule, goutte, abîme, ronge, submerge, symbole de la vie qui passe ou du souvenir qui s'estompe, à l'image de ces émouvants portraits peints à l'eau, qui sèchent et disparaissent aussitôt posés sur du ciment ensoleillé. Ou ces miroirs en apparence immaculés qui, lorsqu'ils sont réchauffés par la buée de notre haleine, laissent deviner des visages tirés de nécrologies. Hantée par le passé et obsédée par l'empreinte de l'éphémère, l'œuvre d'Oscar Muñoz use de procédés ludiques, presque merveilleux, pour composer une fascinante métaphore de la vie et de la mort. Métaphore qui, dans une Colombie marquée par plus de soixante-dix ans de guerre civile et de violence quotidienne, prend forcément une teinte toute particulière.

> Horaires : le mardi de 11h à 21h et du mercredi au dimanche de 11h à 19h.

Téléphone de l'événement 01.47.03.12.50
LiveReviews|0
2 people listening