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On aime bien Ventrus, posé dans le parc de la Villette, son emplacement en or le long du canal, sa cuisine de saison et ses résidences de qualité. Bonne nouvelle, le resto bedonnant a accouché d’un petit nouveau ! Ventrus l’Atelier abandonne la structure modulaire et démontable du premier du nom pour une salle béton armé, plancher et mobilier scolaire dans le hall du T2G, le Théâtre de Gennevilliers qui occupe un splendide bâtiment art déco.
Guillaume Chupeau reste toujours le taulier de l’affaire, mais il a confié son nouveau bébé au duo Noël Farias en salle et Sasha Guenin (passé par le Recho et Fulgurances) aux fourneaux. Voilà une cantine à tarif tenu (21€ la totale) avec des assiettes baladeuses (Amérique du Sud, Italie, France… et toujours une recette végé) mais aux ingrédients en circuit court. Certains viennent carrément du potager sur le toit, nous dit-on ! La promesse semble difficilement tenable avec le guacamole servi en entrée, mais si on fait abstraction de son empreinte carbone, il se montre agréablement citronné et bien crousti avec ses fines chips de maïs. Puis déboule une autre arme anti-canicule : un bouillon froid de crabe vert et parsemé de moules, une assiette iodée comme un bain dans le port du Pouliguen. Le tranquille génie de ce plat : le chou pointu passé à la flamme qui apporte un goût grillé. Bien joué ! On termine avec un riz au lait et du lait de tigre, ok (mais le tiramisu semblait meilleur !). Ces efficaces solides s’accompagnent d’une...
Si depuis votre passoire thermique de la rue Saint-Maur, vous considérez le 15ᵉ comme un lointain village provincial, alors ce bistrot ne risque pas de vous faire changer d’avis. Installé à côté d’une coquette placette d’église (Saint-Lambert-de-Vaugirard) flanquée de deux marronniers, dans le calme ouaté d’une circulation inexistante et avec une terrasse à l’ombre… Il ne manque que des boulistes pour se croire à Saujon ou à Saint-Céré ! Les Pères Siffleurs, avec son mobilier bistrot, ses banquettes carmin et son comptoir en zinc, ont l’air plus parisiens qu’une fontaine Wallace récitant du Michel Audiard, pourtant il a été repris en 2019 par le Montréalais Philippe Polla, associé avec un chef japonais, Shunsuké Takano (ex Sola et ERH).
Cela donne une carte plus voyageuse et gastronomique qu’on peut s’y attendre : le gaspacho côtoie la terrine de campagne et le zuké de thon, le carré de cochon. Ce midi de canicule, on se rabat sur le menu déjeuner (32€ la totale) tout en nuances de fraîcheurs : d’abord un délicat ceviche de dorade dans une salade de pêche et de betterave avant un superbe aburi de saumon (des tranches léchées à la flamme) pour une version méditerranéenne du donburi où le taboulé remplace le riz vinaigré et un souple aïoli au curry, la mayo japonaise. On finit de se climatiser les papilles avec une glace à la mangue nageant dans une soupe de pastèque. La carte des vins n’a pas fait le saut du 100 % nature (le 15ᵉ reste conservateur) avec une cinquantaine...
Alors que, pour se démarquer, les comptoirs à sandwichs vont chercher l’inspiration au Brésil ou au Japon, deux compères décident de rester en France et de remettre sur le devant de la scène le bon vieux jambon-beurre. Marius Bernini, ancien pilier de rugby à Asnières (qui a failli perdre sa jambe lors d’un match), et Alfred Drevon, chef passé par Ventrus, ont installé sur la pente de la rue de Belleville, ce Miett, une petite salle en pierres grattées et pin brut. « Ici on fait tout nous-mêmes sauf le pain », assène Marius. Pour leurs trois recettes au menu, ils rôtissent le poulet, font cuire le jambon dans un bouillon aux herbes (pas courant !), poêlent les palets de pomme de terre… On opte pour le Parisien complet (9,50€ dont 2€ de fromage) : des tranches fines de jambon blanc, des pickles de concombre maison, trois lanières de comté 18 mois (ça fait cher le supplément) glissés dans une demi-baguette de chez Mamiche. Ce sandwich doit sa gourmandise autant au subtil goût de thym de son jambon qu’à son super beurre noisette à la levure maltée. À noter qu’il est possible de composer un moitié/moitié : un quart de baguette avec une recette et l’autre avec une autre. Du beau boulot, même si cela représente une pause midi plutôt frugale (il n’y a pas de légumes ou de chips en accompagnement). Disons que ça laisse de la place pour le dessert, en l’occurrence un calorique financier au sarrasin et son efficace praliné. Le plus dur pour Miett va être sans doute de choisir son...
Ruba Khoury, cheffe d’origine palestinienne qui en a sous le pied côté popote (elle est passée par Yam’Tcha ou Septime ) a ouvert, en 2019, son bar safe et inclusif au drôle de nom. Mais au fait, pourquoi Dirty Lemon ? Réponse : en souvenir d’une intoxication au citron (?) dans un bar lesbien. Mais pas d’inquiétude, dans la mignonne petite salle en pierres grattées, aux couleurs pastel, et ouverte sur la rue grâce à sa vitrine rétractable, les ingrédients sont au top ! Pour preuve, la cheffe vient de remporter l’édition 2026 de Top Chef Middle East.
Dans une ambiance conviviale, entre habituées du quartier et touristes attirés par la récente notoriété internationale de la proprio, on commande un La Divorcée, cocktail à base de rhum brun, amaro, clémentine et bitter fenugrec. Bien équilibré et facile à boire, les notes d’agrume dominent, avec la pointe de fenugrec en fin de bouche pour apporter de la longueur. Profil différent pour The Morning After (eau-de-vie grecque à la coriandre infusée au yaourt grec, cordial de « pico de gallo » - un mix mexicain de tomates, oignons et piments-, citron vert, bitter céleri). Un drink sapide, inspiré du Bloody Mary, au céleri présent et dont le sel sur le verre agit comme un exhausteur de goût. A accompagner d’olives parfumées ou d’un généreux pain au levain et son beurre au dattes légèrement sucré. Bons points supplémentaires pour la cuisine ouverte jusqu’à 1h du matin et la formule brunch du week-end autour de spécialités de la...
Faut-il prendre ses distances avec une légende pour exister ? Arnaud Duhem, ancien directeur des restaurants du Shangri-La, semble répondre par l’affirmative. Quand en 2020, il reprend à Bruno Doucet la mythique Régalade (où, rappelons-le, en 1992, Yves Camdeborde inventa ce qui allait devenir la bistronomie), son premier geste fut de changer le nom en Petits Parisiens et de pimper la déco d’un dégradé de rose et de grège qui donne un petit air Barbie à ce bouclard de bonshommes.
Arrivé à l’automne 2025, le chef Lucas Felzine, passé par des belles maisons (Ze Kitchen Galerie, L’Arpège), insuffle, sans en faire des caisses, un peu de nikkei (la fusion nippo-andine) dans la partition bistrot. On retrouve ainsi au fil du menu miso, kombu, poulet karaage et sashimi… Ce midi-là, on entame avec des asperges vertes croquantes accoudées à un moelleux sabayon d’ail des ours dans lequel on a envie de se lover. Puis le Fin Gras du Mézenc, ce bœuf qui a pâturé dans les prés d’altitude de la Haute-Loire (disponible que de mars à juin !), met tout le monde d’accord : la viande à la cuisson chirurgicale se découvre la meilleure amie d’une puissante sauce au cacao. Et pour bien prendre conscience de la finesse des goûts de cette AOP, une bouchée en tartare l’accompagne. Splendeur carnassière ! Ce repas maîtrisé et très personnel se conclut sur la cabosse avec un torpide sorbet choco accompagnant un délicat crémeux au matcha. Aux manettes de la carte des vins se trouve un vétéran du...
Ni à Belleville, ni Porte d’Ivry : et si le restaurant chinois le plus kiffant de Paris se cachait dans le 16e arrondissement ? Il faut attaquer la pente de la rue Freycinet et aviser l'enseigne ancienne d’une teinturerie, pour trouver où Sophie Ya a amarré sa Table. C'est une version plus élaborée mais tout aussi cantonaise de sa cantine Feel Ling aussi dans le 16ᵉ. Dans cette ambassade du wokistan, la cheffe fait danser la grande poêle sur la flamme vive derrière sa cuisine vitrée.
Au menu, des classiques de Guangzhou dans la meilleure version d’eux-mêmes. Les bouchées vapeurs au poulet fermier et shiitake rayonnent (10€ les 4), les rouleaux au porc fondants régalent fort (12€ les 6) et le gâteau au radis daïkon grillé et à la saucisse se dévore tout seul (8€ les 3). Le duo de porc s’impose comme la star de la carte avec une échine laquée et une poitrine croustillante à leur prime (25€ la belle assiette), suivie de près par le poulet fermier croustillant dans une sauce aigre-douce maison en généreuse portion (24 €). En dessert, le gâteau de riz gluant fait le boulot (6,50 €).
À boire, des vins naturels (dès 7€ le verre) et des bières Tsingtao (5 €), mais surtout des softs aussi bien faits que le reste, dont une délicieuse boisson maison au coco et au pandan (8 €). Prix tenus et gourmandise déchaînée : Feel Ling La Table nous prend par les sentiments !
Chez Time Out, tous les établissements sont testés anonymement par nos journalistes, en payant l'addition à chaque...
Depuis une bonne quinzaine d’années, le hamburger s’est émancipé des comptoirs de fast-food popu pour s’incruster, en perdant son « ham » (et son âme ? lol), sur les cartes plus chics. Et, en 2011, débarquaient en escadrille Blend, le Camion Qui Fume et Big Fernand sur le créneau des burgers « gourmet ». Tout ça pour dire que l’enseigne Beau, qui a ouvert fin mai sa première adresse parisienne de « fast-food chic », peut difficilement passer pour pionnière !
Créée en 2023 par Samy Bennani Ziatni et Sacha Auger, deux trentenaires sortis de l’Edhec, Beau a d’abord éclos avec succès à Dubaï et Abu Dhabi, points chauds du bon goût mondial, avant de remonter, tel un saumon à Rolex, le courant des hautement solvables via Cannes pour la rue Marbeuf. La salle de ce Beau se montre plus petite que le placard à socquettes de l’émir du Koweït : un comptoir en bois, 8 places assises et des moulures pour la touche haussmannienne.
Le menu aussi affiche un minimalisme rassurant : quatre variations de smash ; 2 burgers poulet et 1 végé. Histoire de mettre du faste dans le fast, une partie « caviar » se glisse, entre « sides » et « sauces », à 55€ les 30 g ou 75€ avec des tenders (mais le soir seulement). Désireux de garder le contact avec la terre, on opte pour le smash à la truffe (18€ !) avec des frites (5€) escortées de 2 doses de ketchup Heinz comme chez Ronald (ça fait un peu cheap). Le bilan ? Un honnête burger avec un bun léger et deux steaks bien croustillants, mais où le goût de...
Il y a quelque chose de monacal dans le cérémonial proposé chez Bittikesu, la toute jeune table du Québécois Jules St-Cyr, passé par quelques restaurants-monuments de notre continent, de Noma (Copenhague) à Ernst (Berlin). D’abord sa grande salle immaculée, articulée autour d’un long comptoir en chêne clair où prennent place les 10 convives du service, façon comptoir à sushi. Pas une table en rab, la vaste entrée à la lumière diaphane est laissée volontairement vide. Puis le service façon procession, deux par soir, cloches sonnées à heure fixe, pour un quinze temps à la musique bien rodée Une liturgie contée par quatre garçons-mannequins qu’on dirait sortis d’un défilé Rick Owens.
Ciselée comme une icône, cette sobriété se met au service de la cuisine du jeune chef, dont la délicatesse réclame un recueillement d'anachorète. Pas de sauces opulentes, ou de condiments inorthodoxes. Peu, même, d’acidités marquées. Mais une certaine vision de la pureté, contemporaine et sereine, à célébrer les produits des maraîchers du coin ou du jardin du chef, dans son cloître montreuillois. C’est flagrant dans cette tempura d’armoise à l’amertume lancinante, arrosée d’une sauce nappante à l’araignée de mer – la protéine animale joue souvent les condiments avec habileté. Ou la belle épiphanie de ce navet cuit sur des feuilles de figuier, mouillé d’un velouté de fanes. A de rares moments, la partition confond délicatesse et timidité – ce gros tronçon de concombre un peu balourd, pas vraiment...
Rêver grand et habiter petit ! Yui Matsuzaki et Yuichiro Sugiyama de Dreamin’ Man continuent leur collection d’espaces aussi réduits que nippons. À quelques pas de leur mini-roastery de la rue Coquillère, ils ouvrent Our House, nano-échoppe 50 % cuisine inox, 50 % salle en bois et comptoir en U où se glissent, façon Tetris, 14 convives pas trop épais.
La carte, aussi réduite que l’espace, propose quatre teishoku, un mot rare chez nous mais une façon commune au Japon de présenter tous les mets sur un même plateau. La cheffe Maki Fujii en propose une version au poulet karaage, une au saumon grillé au miso ou à un étonnant (voire chelou) steak haché nappé de sauce cuivrée. On opte pour le quatuor de bouchées vapeur au porc et crevette, des boulettes dodues débordantes de goût qui arrivent en escadrille avec une soupe miso aux lanières de tofu, un bol de riz aux champignons délicieusement umami, une salade de macaroni à la mayo Kewpie et quelques pousses de pak choï. Tout s’avère fin, précis et sapide. Impeccable pour une pause déj en solo !
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Un Crocus qui éclot au printemps, c’est logique finalement, mais ça fait du bien un peu de respect des saisons dans ce monde déréglé ! Voilà donc un nouveau bistrot sur les hauteurs du 20ᵉ (attention à ne pas confondre avec son homonyme dans le 14ᵉ) où chaises Baumann, sol en casson et murs clairs dessinent un décor archétypal mais rassurant. La petite cuisine pas ouverte est le nouveau royaume du chef trentenaire Louis Chaulet (passé par le Divellec et le Pantagruel de Jason Gouzy) qui propose une carte ramassée autour de 3 entrées, 3 plats et 2 desserts le soir et d’un menu unique le midi, avec des « / » entre les ingrédients comme en 2009 ! On sent que le discret lascar a fait ses armes dans des adresses gastronomiques tant ses assiettes, derrière une simplicité de façade, se montrent précises et techniques. Ce midi-là, on entame avec un velouté de courgettes d’une douceur de bébé cocker où des pointes de crème aigre et des gouttes d’huile de ciboulette esquissent un frais paysage printanier. Puis l’assiette de bœuf confit (qui se mange à la cuillère) convoque la puissance d’un jus de viande et la délicatesse aérienne d’une purée d’artichaut au siphon. La petite carte des vins plutôt propre à des tarifs plus que réglo : Loire d’Alexis Hudon et Jérôme Loubert à 29€, Savoie de Charlotte Sonjon à 45€… On termine avec une efficace mousse au chocolat au sarrasin en se disant que la bistronomie a encore de beaux repas devant elle !
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