Hautes Tensions
Cirque et danse hip-hop du 16 au 28 avril 2013 au parc de la Villette
sam. mars 23 2013
Un festival qui prend de la hauteur
© Little Shao
Deux semaines rythmées par des numéros de cirque et des battles de hip-hop, vous en rêviez ? La Villette l'a fait. Après deux éditions plus que remarquées, le festival qui mélange arts circassiens et danses hip-hop revient secouer baggys, nez rouges et autres clichés.
Cette année, près de 17 compagnies (contre 12 en 2012) viendront montrer l'étendue de leur talent. Place aux traceurs, jongleurs et autres yamakasis. Deux semaines en apesanteur où tous les espaces du parc de la Villette se feront terrain de jeu : du péristyle de la Grande Halle au Paris-Villette en passant par l'espace Chapiteaux. L'occasion d'applaudir le travail tellurique d'Hamid Ben Mahi, la dextérité du jonglage de Denis Paumier ou l'énergie de la compagnie de hip-hop féminin Lady Rocks... Le choix risque d'être cornélien. D'autant qu'il se clôture en beauté sur les premiers championnats de France d'art du déplacement (souvenez-vous, les yamakasis...).
Sachez tout de même que l'expérience ne s'arrête pas au simple fauteuil de spectateur, puisque Hautes Tensions propose moult ateliers et master class pour enfants et adultes, débutants et confirmés. Des intitulés assez géniaux "L'art d'avoir toujours raison", "Roule Boule et Fun'en bulles" et un programme qui mélange krump, jonglerie, mathématiques et chorégraphie.
Chez Time Out, on se risquerait bien au cours d'initiation autour de la magie mentale... Et vous ?
• Nos coups de cœur
Standards
- Note: 4/5
- notre sélection
Faut-il encore présenter Pierre Rigal, petit prince du hip-hop français ? Aperçu avec plaisir chez Aurélien Bory, ce chorégraphe et danseur, autrefois athlète, avait déjà présenté en 2012 une version miniature de ‘Standards’ (35 minutes). Le revoici cette année muni du même étendard, mais dans une version allongée d’une demi-heure (une version longue présentée en début d’année au festival Suresnes cités danse). Sur le sol, un large et lumineux drapeau tricolore délimite le terrain de jeu des acrobates. Lire la suite
- Grande Halle de la Villette 211 avenue Jean Jaurès, 19e
- Samedi 27 et dimanche 28 avril
• La programmation
Liaison carbone
A l’origine de ‘Liaison carbone’, il y a Denis Paumier, qui entend aller au-delà du simple spectacle de jonglage en enrichissant ses illusions chorégraphiées d’un imaginaire directement lié à l’univers de la physique. Par le biais d’objets inertes – des balles, des anneaux, des quilles – qu’il met en mouvement, il parvient à donner l’impression que face au spectateur s'agitent des atomes en action (d’où le nom du spectacle, d'ailleurs), comme s'il regardait dans un microscope. Cinq artistes vont ainsi mettre leur corps au service de ces différents objets, et les manier avec une agilité rare : une performance qui promet de nous tenir en haleine pendant un peu plus d’une heure.
- Grande Halle de la Villette 211 avenue Jean Jaurès, 19e
- Du mardi 16 au mercredi 17 avril
Scène partagée : Motherland + Lady Rocks + Modus 01 + Rock it daddy
Pour la première fois cette année, le festival Hautes Tensions propose une nouvelle formule : la « scène partagée ». Au programme, plusieurs performances assez courtes les unes à la suite des autres, afin de mélanger les genres mis à l'honneur par le festival, la danse et le cirque.
- Grande Halle de la Villette 211 avenue Jean Jaurès, 19e
- Du jeudi 18 au samedi 20 avril
Tout est bien ! (catastrophe et bouleversement)
Dans ‘Jongleur !’ Nikolaus philosophait sur les lois de la gravitation universelle, une pomme sur la tête et des dizaines de balles rouges dans la main. Dans ‘Tout est bien’ le jongleur mi-clown mi-acrobate propose un spectacle foutraque où l’écroulement du chapiteau déclenche des crises de rire... La faute à cet escabeau pendu dans le ciel ou à ces meubles empilés les uns sur les autres ? Le cirque de la compagnie Pré-o-coupé ne s’embarrasse pas d’agrès, mais dompte la scénographie faite de bric et de broc de Raymond Sarti jusqu’à la catastrophe. Du trapèze de fortune pour parler des déséquilibres du monde moderne ? Il fallait y penser.
- Espace chapiteaux du parc de la Villette 211, avenue Jean Jaurès, 75019
- Du mercredi 17 au dimanche 28 avril
Borderline
Transposer la question de l'exclusion en danse, voilà le vaste projet du chorégraphe Sébastien Ramirez pour lui et quatre autres danseurs. ‘Borderline’ propose de réfléchir sur les limites, quelles qu'elles soient, autant géographiques que corporelles ou intérieures, mais aussi de penser les différentes façons d’appréhender la relation à autrui. Traduction scénique : les danseurs vont se retrouver suspendus par des câbles, et interpréter leurs mouvements dans les airs, pour pouvoir ainsi dépasser littéralement la barrière physique de la gravité. Un spectacle qui s’annonce aussi intellectuellement intéressant qu’esthétiquement impressionnant.
- Grande Halle de la Villette 211 avenue Jean Jaurès, 19e
- Du vendredi 19 au dimanche 21 avril
Instable
- notre sélection
Il y a assurément un peu de C2C chez Mickaël Le Mer et S’poart. Une même manière de jouer sur le rythme, avec les membres du groupe et ses mouvements… Comme si le hip-hop de cette compagnie franco-russe s’apparentait au turntablism des Nantais. Avec leur nouvelle création ‘Instable’, le collectif S’poart (prononcez « espoir », tout un programme) propose une mise à l’étude des déséquilibres. Grâce à de larges tables, des effets de lumière et des projections vidéo, les six danseurs vont mettre à l’épreuve leur centre de gravité. Une épreuve de composition et de décomposition de l’espace dans lequel ils évoluent. Une danse qui s’inspire de la grammaire hip-hop (breakdance) comme de la capoeira.
- Théâtre Paris-Villette 211 avenue Jean Jaurès, 19e
- Mardi 23 et mercredi 24 avril
A bas bruit
- notre sélection
Un endroit de silence qui permet de comprendre les mouvements du monde. Voilà comment, de sa voix douce, Mathurin Bolze raconte les enjeux de sa nouvelle création ‘A bas bruit’. Une narration acrobatique qui s’inspire de Jean Rouch, cinéaste, inventeur de l’ethno-fiction. Sur scène, dans une roue de hamster à taille humaine, ou sur un tapis roulant, les trois danseurs-acrobates Mitia Fedotenko, Elise Legros et Cyrille Musy vont s’envoler, s’écrouler, se rencontrer, défier les lois de la pesanteur… Des individus en marche qui vont se rencontrer, s’éviter ou encore se télescoper et nous raconter en filigrane une kyrielle d’histoires. Des récits personnels transformés sous les feux de la rampe avec la poésie toute singulière de la compagnie MPTA (les Mains, les Pieds et la Tête Aussi). Ouvrez grand vos oreilles.
- Grande Halle de la Villette 211 avenue Jean Jaurès, 19e
- Du mardi 23 au jeudi 25 avril
Qui-vive
Sur scène, trois magiciens (Thierry Collet, Carmelo Cacciato et Kurt Demey) vont jouer des tours au public pour dans un second temps les décoder. Voilà qui est peu ordinaire pour des illusionnistes souvent avares d’explications. Mis en scène par Eric Didry pour la compagnie Le Phalène, ‘Qui-vive’ s’apparente donc à un spectacle de magie sous-titré. Chacun à leur manière, ces trublions de l’illusion vont lever le voile sur les tricheries dont les médias, les politiques et les publicitaires (entre autres) se repaissent allégrement. Objectif de la manœuvre : éveiller notre sens critique. Car comme ils le disent si bien, la magie n’est pas entre les mains de celui qui la pratique mais dans le cerveau de celui qui la regarde… Attention, cobayes en ligne de mire.
- Grande Halle de la Villette 211 avenue Jean Jaurès, 19e
- Du mardi 23 au samedi 27 avril
#File_Tone
Le mobilier de salon semble décidément faire figure d’agrès de prédilection pour les circassiens du XXIe siècle… A l’instar d’'Instable', #File_Tone se joue également autour d’une table que l’on chevauche, à laquelle on se cogne, sous laquelle on se glisse... mais pas seulement, il y a aussi une échelle dans un coin. Conçu de pied en cap par la compagnie Subliminati Corporation (jeunes talents cirque 2010), ce spectacle d’une petite heure mélange scènes de jonglerie à base de chapeau melon ou de massues, patins à roulettes ou encore human beatbox… Un vocabulaire artistique d’une grande richesse, orchestré par des acrobates venus du monde entier (Corée, Italie, Catalogne…).
- Théâtre Paris-Villette 211 avenue Jean Jaurès, 19e
- Vendredi 26 et samedi 27 avril
Standards
- Note: 4/5
- notre sélection
Faut-il encore présenter Pierre Rigal, petit prince du hip-hop français ? Aperçu avec plaisir chez Aurélien Bory, ce chorégraphe et danseur, autrefois athlète, avait déjà présenté en 2012 une version miniature de ‘Standards’ (35 minutes). Le revoici cette année muni du même étendard, mais dans une version allongée d’une demi-heure (une version longue présentée en début d’année au festival Suresnes cités danse). Sur le sol, un large et lumineux drapeau tricolore délimite le terrain de jeu des acrobates. Espace sur lequel les huit danseurs en collectif ou en solo vont interroger les critères de standardisation et d’uniformisation. Un dessin chorégraphique tantôt animal, tantôt cérébral qui joue sur les ruptures de rythme, les effets de groupe, les dégradés de couleur, le crissement des baskets sur le sol… Un spectacle énergique qui rend honneur au dynamisme du hip-hop et à sa langue chargée de cultures. Tentative de réappropriation du drapeau français réussie.
- Grande Halle de la Villette 211 avenue Jean Jaurès, 19e
- Samedi 27 et dimanche 28 avril
Scène partagée : Kosh + Madrootz + Zamounda Crew + La Meute + R.A.F Crew
Après une première Scène partagée au début du festival, c’est au tour de la seconde fournée de venir faire vibrer le sol de la Grande Halle. Un même principe : des formes courtes conçues comme des performances, mais des univers radicalement différents, très musicaux pour la première session (jazz, rock, danse africaine) résolument urbains pour la seconde. Un peu de krump avec Madrootz, quelques pincées de waacking avec le sextet féminin Zamounda crew, de la voltige à six par la Meute, le tout bousculé par les champions du monde de danse hip-hop (Las Vegas en 2009), les bien-nommés R.A.F crew. Il ne manquait plus que les talents vocaux de Kosh (human beatbox) pour parfaire cette programmation aux petits oignons.
- Grande Halle de la Villette 211 avenue Jean Jaurès, 19e
- Du jeudi 25 au samedi 27 avril
Trois questions à Hamid Ben Mahi, chorégraphe et danseur de 'Apache'
© Laurent Philippe
Comment est né 'Apache' ?
L'idée de départ a été insufflée par Emmanuelle Jouan [directrice du théâtre Louis Aragon de Tremblay en France, ndlr] lors de notre résidence là-bas. L'envie de créer un spectacle autour de Bashung lui tenait à cœur, et elle me l'a transmise. C'est comme ça que j'ai rencontré Yan Péchin [le guitariste qui l'accompagnait sur scène, ndlr] et que nous avons monté à Avignon 'Apache en duo'. Je voulais aussi sortir du thème de l'engagement, très présent lors de mes dernières créations.
Quelle est la part d'Alain Bashung dans le spectacle ?
Il n'était pas question de faire un hommage, mais de réinventer sa matière sonore, de la raconter avec le corps. Nous avons creusé les chansons, lu les paroles, puis nous avons marié le tout à ma moelle chorégraphique. Un mélange de hip-hop et de contemporain que j'ai façonné tout au long de mes spectacles. Je voulais laisser une trace, une identité, c'est pourquoi j'ai écrit toutes les chorégraphies, tous les gestes du groupe. Après, chacun s'est appropriée cette grammaire.
De quoi vouliez-vous parler avec cette création ?
Dans "Je tuerai la pianiste", Bashung chante « Je suis un apache, je suis un indien, auquel on a fait croire, que la douleur se cache ». Il y avait l'idée de parler d'une tribu, d'apaches, d'indigènes et de raconter les états de corps qu'ils partagent, la colère comme l'abandon. Individuellement, et en groupe.











