América latina 1960-2013

  • Art
  • Photographie
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Marcos López, 'Laza de Mayo', Buenos Aires, série 'Pop Latino', 1996 © Marcos López — Collection privée, Buenos Aires
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Ever Astudillo, sans titre, série 'Latin Fire', 1975-1978 © Ever Astudillo. Collection privée, courtesy Toluca Fine Art, Paris
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Paolo Gasparini, 'El habitat de los hombres…', Caracas, Bello Monte, 1968 © Paolo Gasparini. Collection privée, courtesy Toluca Fine Art, Paris
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Adriana Lestido, Sin título, série 'Mujeres Presas', 1991-1993 © Adriana Lestido. Collection Fondation Cartier pour l’art contemporain, Paris
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Marcelo Montecino, 'Managua', 1979 © Marcelo Montecino. Collection privée, courtesy Toluca Fine Art, Paris
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Claudia Andujar, sans titre, série 'Marcados Para', 1981-1993 © Claudia Andujar. Collection Galeria Vermelho, São Paulo
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Eduardo Villanes, sans titre, série 'Gloria Evaporada', 1994 © Eduardo Villanes. Collection de l’artiste, Lima

Soixante-dix artistes, venus de onze pays différents. La Fondation Cartier clame fièrement la richesse de sa nouvelle exposition. Et force est de constater que l’on trouve dans le bloc de verre du boulevard Raspail un grand nombre de photographes passionnants, pas toujours très connus en Europe, proposant tous une vision différente de leur support – photo en couleur, en noir et blanc, complétée par le collage, lorgnant vers la vidéo, l’installation ou la musique.

Quelle que soit la forme, le fond reste ici éminemment politique. Qu’elle serve à dénoncer les inégalités, à cartographier l’espace, à détourner les stéréotypes associés au continent, à souligner l’exclusion des populations indiennes ou à railler, avec une ironie grinçante, la société de consommation galopante, la photographie apparaît avant tout comme un outil, voire une arme. C’est encore plus vrai lorsque l’on s’aventure au sous-sol de la Fondation, qui aborde la question de la mémoire et évoque notamment les dictatures chilienne et argentine. La photo se fait alors détournement, dénonciation, critique.

Pour autant, ce n’est pas l’assemblage d’artistes talentueux qui fait une exposition. Platement intitulée « América latina », l’exposition peine parfois à éviter les clichés qu’elle souhaitait dénoncer (il n’y a qu’à lire les cartels pleins de poncifs du genre « L’Amérique latine, terre de richesses et de diversité »). Empaqueter tous les pays d’Amérique latine frôle l’absurde ; par exemple, mettre sur un même plan les dérives autoritaristes du Mexique et celles du Brésil ne veut pas dire grand-chose. L’angle choisi, qui se concentre sur les liens entre la photographie et l’écriture, s’avère artificiel, et ne tient pas avec tous les artistes. Une réunion de photographes aussi pertinents aurait mérité une approche plus subtile et un traitement moins ambitieux que ce balayage de 50 ans d’un continent entier.

Post scriptum : sinon, le très bon documentaire à la rencontre des artistes de l’expo est visible en ligne gratuitement ici > http://www.youtube.com/watch?v=OK1vljrx-qU

> Horaires : du mardi au dimanche de 11h à 21h, nocturne le mardi jusqu'à 22h.

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