Erwin Olaf, 'Berlin'

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'Berlin, Clarchens Ballhaus Mitte, 10 Juli 2012' / Courtesy de la galerie Rabouan Moussion ©Erwin Olaf
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'Berlin, Stadtbad Neukölln, 23 april 2012' / Courtesy de la galerie Rabouan Moussion ©Erwin Olaf
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'Berlin, Porträt n°5, 9 Juli 2012' / Courtesy de la galerie Rabouan Moussion ©Erwin Olaf
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'Berlin, Fechthalle Westend, 11 Juli 2012' / Courtesy de la galerie Rabouan Moussion ©Erwin Olaf
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'Berlin, Olympia Stadion Westend, Selfportrait' / Courtesy de la galerie Rabouan Moussion ©Erwin Olaf
Libre

Pour cette nouvelle série, 'Berlin', le photographe néerlandais est, pour la première fois de sa carrière, sorti de son studio pour aller se frotter à la rue, affronter l'espace et l'architecture. Ce n'est pas pour autant qu'Erwin Olaf se lance dans une street photography brute et spontanée : entre tentures et lambris, ses compositions somptueuses baignées d'une lumière nordique distante s'avèrent toujours aussi léchées. Il suffit de regarder la peau de ses modèles, veloutée, aux reflets nacrés, pour comprendre que ses images se rattachent peut-être même moins à l'histoire de la photographie qu'à celle de la peinture, hollandaise notamment.

Chaque photo semble faire partie d'un récit dont il prend soin de ne pas expliciter la signification, laissant le spectateur trouver sa propre interprétation. Erwin Olaf appréhende le vide, la ville, le conflit des générations, trouvant dans la capitale allemande le même fumet qu'il y a un siècle, dans l'incertitude crispante de l'entre-deux-guerres. De ce clown triste à ces petits enfants blonds gainés de cuir dans une pose dominatrice ou colérique, en passant par un athlète noir bardé de médailles qui rappelle l'exploit de Jesse Owens aux Jeux Olympiques de 1936, le Néerlandais joue avec une esthétique froide (limite nazi sadomaso) pas toujours subtile.

C'est plutôt son attachement à confronter les générations qui intrigue, confrontation synthétisée dans ce cliché troublant qui met en scène trois vieilles femmes fardées et décolletées qui semblent juger une jeune fille, tandis qu'un infirme muni d'une canne se cache dans l'ombre du mur du fond. On croirait trois prostituées répugnantes échappées d'une toile d'Otto Dix et un ancien combattant tiré d'une toile de George Grosz dans un décor digne des romans d'Alfred Döblin. Avec, comme un leitmotiv, ces escaliers qui balafrent toutes les photos, comme pour marquer l'écrasement social, l'accablement du temps qui passe.

> Horaires : du lundi au samedi de 10h à 19h

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