Eugene Von Bruenchenhein, 'American Beauty'

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Sans titre (détail) / Courtesy galerie Christian Berst
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Sans titre / Courtesy galerie Christian Berst
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Sans titre, circa 1970 / Courtesy galerie Christian Berst
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Sans titre ('Marie'), circa 1945 / Courtesy galerie Christian Berst
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Sans titre ('Marie'), circa 1945 / Courtesy galerie Christian Berst
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Sans titre, circa 1973 / Courtesy galerie Christian Berst
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Sans titre, circa 1973 / Courtesy galerie Christian Berst
Libre

Eugene Von Bruenchenhein fut boulanger, fleuriste, épicier. Mais ce commerçant du Wisconsin était surtout persuadé d’avoir été béni des dieux : né en 1910, année du passage de la rarissime comète de Halley, il croyait dur comme fer que cette coïncidence faisait de lui un génie venu d’un autre monde. Alors, dans le secret de sa cuisine, il s’attela à bâtir une œuvre qui ne fut découverte qu’après sa mort en 1983, touchant autant à la sculpture (à partir d’os de poulets), à la peinture (hantée par les essais nucléaires de la bombe H) qu’à la photographie. La galerie Christian Berst présente aujourd’hui une quarantaine de ses clichés.

Obsessionnelle et monomaniaque, la photographie d’Eugene Von Bruenchenhein n’a eu, tout au long de sa vie, qu’un seul objet : sa femme Eveline, muse qu’il rebaptisa Marie. Pendant des décennies, inlassablement, il l’a capturée dans son objectif, la transformant en starlette hollywoodienne, en séductrice capiteuse, en mannequin publicitaire. Laborieusement, avec un fétichisme évident, Eugene Von Bruenchenhein a déployé des trésors d’imagination pour la mettre en scène. Comme d’autres joueraient à la poupée, il fait poser madame devant les rideaux à fleurs, dans le gros fauteuil du salon, à côté du téléviseur ou près du sapin de Noël. Parfois, il colorise même ses images (à la main) ou se permet quelques effets surréalistes de double exposition.

Longtemps taxée de pornographiques et cantonnées à l’étiquette « art brut », les photographies d’Eugene Von Bruenchenhein, pleines de charme et de naïveté, apparaissent surtout comme une formidable déclaration d’amour à sa femme, et rappellent d’autres couples célèbres de l’histoire de l’art, notamment les innombrables toiles que Pierre Bonnard consacra à son épouse Marthe. Ces photos rustiques, loin de dégager la moindre perversité, n’ont même pas grand-chose d’érotique. Elles possèderaient plutôt une tendresse candide, comme celle qu’auraient deux enfants qui joueraient ensemble à singer l’imagerie des pin-ups. Ou à parodier, le temps d’un ennuyeux après-midi pluvieux, les princesses avec leurs colliers de perles entrevues à la télé ou dans les magazines.

> Horaires : du mardi au samedi de 14h à 19h.

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