Georges Braque

Notre sélection
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Georges Braque, 'L’Oiseau noir et l’oiseau blanc', 1960 / Collection particulière © Leiris SAS Paris © Adagp, Paris 2013
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Georges Braque, 'Grand Nu', hiver 1907- juin 1908 / © Centre Pompidou, MNAM-CCI, Dist.Rmn-Grand Palais / Philippe Migeat © Adagp, Paris 2013
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Georges Braque, 'Les Poissons noirs', 1942 / © Centre Pompidou, MNAM-CCI, Dist.Rmn-Grand Palais / Droits réservés © Adagp, Paris 2013
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Georges Braque, 'Compotier et verre', (Premier papier collé), 1912 / © The Leonard A. Lauder Cubist Trust © Adagp, Paris 2013

A quoi pense-t-on quand on évoque Georges Braque ? Forcément, à Pablo Picasso. Co-inventeur du cubisme, Braque traîne ce « co- » à la cheville comme un boulet, qui le lie et l’assujettit immanquablement au génial peintre espagnol. C'est ensemble qu'ils ont explosé les cadres de la perspective hérités de la Renaissance. Ensemble qu'ils ont hachuré les paysages de la méditerranée, démultiplié les joueurs de guitare, "cubisé" les fumeurs de pipe. Ensemble qu'ils ont fait du collage l'une des marques de fabrique du modernisme. Et pourtant, face à l’exubérance tumultueuse de Picasso, la discrétion de Braque l’a desservi au point de le faire constamment apparaître comme le second de l’auteur de ‘Guernica’, et de voir le reste de son œuvre, notamment dans l’entre-deux-guerres, tomber dans un relatif oubli : que s’est-t-il passé après le magnifique ‘Grand Nu’ (1908) ou le fameux ‘Compotier et verre’ (1912), première utilisation du papier collé ?

Quarante ans après la dernière rétrospective qui lui fut consacrée en France, le Grand Palais s’évertue à faire sortir Braque de ses clichés et de l’ombre de Picasso, d’abord insistant sur sa filiation avec Cézanne – « Cézanne s'était emparé de moi. La découverte de son travail a tout fait culbuter. J'ai dû tout renverser. » Dès les premières toiles, les couleurs se morcellent, s’amenuisent, jusqu’à devenir des formes. La rencontre avec Picasso achève de gommer les perspectives et de modeler des volumes géométriques. Le cubisme naît. Jusqu’à ce que la Première Guerre mondiale ne sépare les deux acolytes. Braque en reviendra gravement blessé, son grand ami Apollinaire, lui,  n’en reviendra pas.

Chez Braque, chaque toile devient alors affaire d’équilibre, de rapport de forces entre la forme et la couleur, qu’il tâche de réintroduire après l’avoir sacrifiée aux premières heures du cubisme. Les motifs se répondent, et Braque aborde la composition comme un musicien, multipliant les variations sur le même thèmes. Il se concentre sur les natures mortes, sur des refrains mythologiques (et ces majestueux plâtres noirs incisés de blanc qui illustrent la ‘Théogonie’ d’Hésiode), ou des sujets simples qu’il traite avec une complexité de plus en plus grande, passant parfois plusieurs années sur un tableau. Sa série des ‘Ateliers’, fascinant entassement hétéroclite, sa peinture inquiétante et sourde réalisée sous l’Occupation ou encore ces oiseaux réalisés à la fin de sa vie dont la pureté inonde l’affiche de l’exposition sont autant de manifestations d’une œuvre aussi sensible qu’exigeante que cette déclaration résume parfaitement : « J’aime la règle qui corrige les émotions. »

> Horaires : ouvert tous les jours sauf le mardi, de 10h à 20h le lundi et le dimanche et de 10h à 22h du mercredi au samedi.
(Attention, les horaires sont modifiés pendant les vacances scolaires. Plus de détails ici.)

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