Hieronymus Cock, La gravure à la Renaissance

1/5
Pieter van der Heyden d’après Pieter Brueghel l’Ancien, ‘Luxuria (la Luxure)’, de la série ‘Les sept péchés capitaux’, détail / ©DR
2/5
Pieter van der Heyden d’après Pieter Brueghel l’Ancien, ‘Luxuria (la Luxure)’, de la série ‘Les sept péchés capitaux’, détail / ©DR
3/5
Joannes et Lucas van Doetecum d’après Jérôme Bosch, ‘L’Eléphant de guerre’ / ©DR
4/5
Johannes Wierix, Portrait de Volcxken Diericx / ©DR
5/5
Pieter van der Heyden d’après Frans Floris, ‘L’Érection du serpent d’airain’ / ©DR

Pénétrer dans l’aile de l’Institut néerlandais consacrée à l’exposition Hieronymus Cock, c’est admirer un portrait grandeur nature de l’Europe du XVIe siècle. Histoire, architecture, géographie, mythologie : quand il monte sa maison d’édition « Aux quatre vents » en 1548, Cock se lance dans une sorte de grand inventaire patrimonial. A une époque où l’image est encore rare et précieuse, les gravures qu’il publie s’attellent à reproduire minutieusement les œuvres des maîtres du Quattrocento (Raphaël notamment), la cartographie d’un monde en expansion, les plans des bâtiments les plus remarquables d’Italie ou les estampes religieuses les plus fameuses de l’époque.

Installé à Anvers, alors plaque tournante de l’Occident, Hieronymus Cock participe pleinement à la Renaissance et à la diffusion de l’esprit humaniste. En facilitant la circulation d’œuvres venues du Sud de l’Europe, il permet à nombre d’artistes hollandais de s’ouvrir sur le monde et de se laisser gagner par une émulation qui dynamise leur propre création (et leur économise le voyage à Rome ou Florence au passage). A l’inverse, son soutien aux artistes de son pays permet aussi d’asseoir le succès de Bosch (et de ses suiveurs), et d’affirmer l’inventivité et le talent de la Renaissance néerlandaise.

Mais au-delà de l’importance cruciale de la maison d’édition dans le développement intellectuel et artistique du XVIe siècle, l’exposition souligne, au fil de plus de 150 estampes et dessins réunis, la qualité du travail qu’elle fournit, notamment grâce aux talents des graveurs qui travaillaient pour Cock – lui-même graveur. Innovante et influente, « Aux quatre vents » fut ainsi le principal soutien de l’œuvre de Brueghel l’Ancien, au fil d’une collaboration fructueuse, longue d’une quinzaine d’années, qui déboucha sur des gravures stupéfiantes. Sa délirante série consacrée aux sept péchés capitaux, pétris de figures saugrenues et de détails pervers, ou ses formidables paysages bouillants de vie qui deviendront rapidement la nouvelle référence en Hollande, suffisent à résumer les trésors que recèle cette étonnante exposition.

> Horaires : tous les jours de 13h à 19h, fermé le lundi.

LiveReviews|0
1 person listening