Mikhael Subotzky & Patrick Waterhouse, 'Ponte City'

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Mikhael Subotzky & Patrick Waterhouse, 'Ponte City', 2008-2013 / © Magnum Photos
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Mikhael Subotzky & Patrick Waterhouse, 'Ponte City', 2008-2013 / © Magnum Photos
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Mikhael Subotzky & Patrick Waterhouse, 'Ponte City', 2008-2013 / © Magnum Photos
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Mikhael Subotzky & Patrick Waterhouse, 'Ponte City', 2008-2013 / © Magnum Photos
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Mikhael Subotzky & Patrick Waterhouse, 'Ponte City', 2008-2013 / © Magnum Photos
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Mikhael Subotzky & Patrick Waterhouse, 'Ponte City', 2008-2013 / © Magnum Photos

Immobile, l'imposant cylindre de 54 étages surplombe Johannesburg depuis quarante ans maintenant. Au point que cette tour semble imprégnée de l'humeur des rues qui l’entourent, jusqu'à incarner, à chaque époque, les tourments qui traversèrent la plus grande ville d'Afrique du Sud. Dans les années 1970, Ponte City est le fer de lance d'un pays moderne, sorte de cité radieuse rêvée d'une élite blanche ambitieuse. Mais lorsque les Blancs fuient Johannesburg avec les premières émeutes raciales, elle devient très vite le symbole d'une nation déchirée, un squat livré aux ordures, qui aimante les suicidés et, selon la rumeur, attire prostitution et bandes organisées. Au XXIe siècle, le projet est relancé : le building devient alors un lieu de vie de l’ère post-Apartheid, où se côtoient classes ouvrières noires et Blancs de la petite bourgeoisie. 


En travaillant pendant cinq ans dans les coursives de cet immeuble-monde, Mikhael Subotzky et Patrick Waterhouse, deux jeunes photographes, ont relevé dans le ventre du béton les traces de ces décennies de mutations. Au confluent de l'archéologie et de la sociologie, leur démarche immersive va au-delà de la simple prise de vue. La systématisation de leur photographie (comme lorsqu'ils prennent en photos toutes les portes et toutes les fenêtres de Ponte City), ajoutée à leur souci constant de mise en perspective (entre les époques, entre le paradis sur papier glacé promis par les publicités immobilières et la réalité, etc.), tendent à écrire une histoire éclatée du lieu.

Avec une grande profondeur, le travail que le duo sud-africain expose au BAL cerne les maux de toute une société. A la sensation d'enfermement et au parfum d'utopie amère qui se dégage de la première salle répond le sous-sol, où surgissent des voix. Subotzky et Waterhouse vont au-delà des portes pour récolter des dizaines et des dizaines de traces (photos, documents, livres, objets, lettres, images) qui leur permettent de reconstituer quelques bribes des existences de ceux qui ont traversé cette tour de Babel désagrégée – comme les démarches de cet immigré congolais qui tente de refaire sa vie à Johannesburg. Il en résulte une installation dense et intelligente qui raconte les soubresauts de la récente histoire sud-africaine, avec, en toile de fond de cette réflexion historico-sociale, une esquisse des fantasmes qui guident les hommes.

> Horaires : du mercredi à vendredi de midi à 20h, samedi de 11h à 20h, dimanche de 11h à 19h, nocturne le jeudi jusqu'à 22h.

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