Raymond Depardon, 'Un moment si doux'

  • Art
  • Photographie
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'Autoportrait au Rolleiflex', Paris, 1959 © Raymond Depardon / Magnum Photos
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Salon du camping, Porte de Vincennes, 1960 © Raymond Depardon / Magnum Photos
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Beyrouth, Liban, 1978 © Raymond Depardon / Magnum Photos
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Glasgow, Ecosse, 1980 © Raymond Depardon / Magnum Photos
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Plage de Wai Ki Ki, Honolulu © Raymond Depardon / Magnum Photos
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Harar, Ethiopie, 2013 © Raymond Depardon / Magnum Photos
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Harar, Ethiopie, 2013 © Raymond Depardon / Magnum Photos

La dernière fois qu’on avait entendu parler de Raymond Depardon, c’était à l’occasion de cette fameuse photo présidentielle qui voyait un François Hollande fraîchement intronisé marcher dans les jardins de l’Elysée. La consécration du président « normal », habilement mis en scène par Raymond Depardon dans un jeu de couleurs entre ombre et lumière. Si la photo en question ne fait pas partie de la sélection du Grand Palais, les deux principes qu’elle résume, l’utilisation de la couleur et le travail sur la normalité, traversent cette rétrospective relativement brève, de laquelle tous les clichés noir et blanc du fondateur de l’agence Gamma sont exclus.

Chez Depardon, la couleur n’est pas là pour souligner l’âpreté du réel, et nous forcer à le regarder en face. C’est plutôt une manière de créer une certaine distance en échappant à une esthétique qui aurait sinon pu être trop convenue. En noir et blanc, le reportage sur Beyrouth martyrisée ou celui sur le Glasgow désenchanté des années 1980 auraient sans doute été beaucoup moins frappants qu’avec ces couleurs qui, pour l’Ecosse, font jurer l’insouciance des enfants, la bulle de chewing-gum rose à la gueule, avec le décor industriel lugubre qui les enserre, et pour le Liban, montrent la vie qui continue malgré la guerre civile. Parfois même, la couleur teinte ses photos d’une ironie qui rappelle Martin Parr, comme cette vue de la plage d’Honolulu datée de 2013.

Beaucoup de clichés ont d’ailleurs été réalisés ces dernières années, Raymond Depardon s’étant remis à la couleur (ce qu’il n’avait pas fait depuis les années 1980, la réservant à ses films) pour capturer, sans commande ni contrainte, ces « moments doux » qui donnent leur titre à l’exposition. Au fil de ses incessants voyages, il prend « des photos que tout le monde pourrait faire mais que personne ne fait ». Au point que, loin de retrouver ce moment d’incertitude ou cet œil acéré qui rendent certaines de ses prises de vue remarquables, on peine un peu à être surpris par ces clichés qui s’étalent, immenses, sur les murs, trop sages, trop propres et trop joliment bariolés. Comme si, cette fois, la couleur, au lieu de souligner la patte Depardon, diluait le propos du photographe.

> Horaires : tous les jours sauf le mardi de 10h à 20h, nocturne le mercredi jusqu’à 22h.
> Vacances de Noël : tous les jours sauf le mardi de 9h à 22h, fermeture à 18h les 24 et 31 décembre, fermé le 25 décembre.

Tous les jours sauf le mardi de 10h à 20h Nocturne jusqu’à 22h le mercredi Vacances de Noël du 21 décembre au 4 janvier: tous les jours (sauf le mardi) de 9h à 22h. - See more at: http://www.grandpalais.fr/fr/evenement/raymond-depardon-un-moment-si-doux#sthash.AJqv7d3H.dpuf
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