Robert Adams : L'Endroit où nous vivons

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Robert Adams, Pikes Peak, Colorado Springs, Colorado, 1969 / © Robert Adams / Courtesy Fraenkel Gallery, San Francisco et Matthew Marks Gallery, New York
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Robert Adams, Quarried Mesa Top, Pueblo County, Colorado, 1978 / © Robert Adams / Courtesy Fraenkel Gallery, San Francisco et Matthew Marks Gallery, New York
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Robert Adams, Colorado Springs, Colorado, 1968 / © Robert Adams / Courtesy Fraenkel Gallery, San Francisco et Matthew Marks Gallery, New York
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Robert Adams, Cape Blanco State Park, Oregon, 1999–2003 / © Robert Adams / Courtesy Fraenkel Gallery, San Francisco et Matthew Marks Gallery, New York
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Robert Adams, Longmont, Colorado, 1979 / © Robert Adams / Courtesy Fraenkel Gallery, San Francisco et Matthew Marks Gallery, New York
Exposition Robert Adams au Jeu de Paume
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Robert Adams, Eden, Colorado, 1968 / © Robert Adams / Courtesy Fraenkel Gallery, San Francisco et Matthew Marks Gallery, New York

Colorado, Oregon, Californie du Sud… L’œuvre de Robert Adams est indissociable du décor dans lequel elle s’inscrit, qu’on dirait sorti d’un roman de Jim Harrison, James Crumley ou Edward Abbey. Des plaines à perte de vue, des paysages à couper le souffle, un horizon grandiose, des lignes de fuite infinies. Et, posé en plein milieu, insouciant et tapageur : l’homme. Chroniqué depuis les années 1960 par les clichés d’Adams, l’Ouest américain, où il a toujours vécu, se fait le théâtre d’un corps à corps désarmant entre la nature et les stations-service, autoroutes et centrales nucléaires qui dévorent l’Eden américain.

Sensible, documentaire, la photographie lumineuse de Robert Adams tend vers la pureté. Sans jamais endosser une posture moralisatrice (malgré des textes qui condamnent le cynisme de notre société de consommation), sans non plus dépeindre une Nature héroïque et grandiloquente à la Sebastião Salgado, elle se lamente en silence. Subtils, précis, les tirages en petits et moyens formats (tous réalisés par l'artiste) constatent pudiquement la disparition des paysages vides, déplorent l'extinction du silence et de la contemplation dans nos vies contemporaines. Toujours à la recherche d'un équilibre, ils réunissent les tensions contradictoires qui régissent le monde d'aujourd'hui pour mieux en soutirer une forme de paix – ne serait-ce que visuelle.

Il s'agit autant de capter la beauté des peupliers du Sud ou d'infimes gestes d'amour repérés sur un parking de centre commercial, que la déforestation, le grignotage de l’urbanisation, les panoramas bouchés par la fumée des usines et le désespoir des banlieues désincarnées – symbolisées par ce profil de femme qui se découpe dans l’ombre de sa maison proprette tandis que le soleil brille dans son jardin.

Réunissant plus de 250 photos provenant du fonds de la Yale University Art Gallery, l’exposition du Jeu de Paume – la première qu'Adams aide à réaliser – revient sur quarante ans de photographie. Quarante ans qui ont vu l’Ouest des Etats-Unis changer de visage, la splendeur des contrées sauvages le disputant au désespoir de l’implantation des hommes. Un voyage à la fois doux et déchirant, qui élève Robert Adams parmi les grands témoins des métamorphoses du paysage américain.

> Horaires : du mardi au dimanche de 11h à 19h, nocturne le mardi jusqu'à 21h.

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