Théâtre du monde

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Théâtre du monde, vue de l'exposition ©DR
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Théâtre du monde, vue de l'exposition ©DR

Pas d'explications, pas de chronologie, pas de hiérarchie. A peine une quinzaine de chapitres qui découpent ce 'Théâtre du monde' selon des thématiques assez universelles pour rester très ouvertes, allant de l’épiphanie à l'au-delà. Sans aucun jugement de valeur ni discours occidento-centré, le parcours de la nouvelle exposition de la Maison rouge ne cesse de faire des allers-retours, de suggérer de nouvelles pistes de lecture, de confronter art, histoire, nature ou artisanat du monde entier. Loin des sentiers balisés.

Grâce à la rencontre de l'éclectique collection de l'Australien David Walsh (qui réunit autant des timbres que des pièces de monnaie grecques, des objets archéologiques et des œuvres primitivistes que de l'art contemporain) avec celle, plus encyclopédique, du musée de Tasmanie, Kandinsky se met à côtoyer des étoffes néo-zélandaises, Damien Hirst se retrouve face à un cercueil ghanéen en forme de berline Mercedes, et Giacometti dialogue avec un sarcophage de l'Egypte ancienne. De même pour Picabia, Bellmer, Abramovic, des tapis ornés de Kalachnikov, des coquillages ou une tête moulée italienne du XVIIe siècle. Habilement mis en scène, les rapprochements paraissent si évidents que l'on a parfois en effet l'impression d'être au théâtre, comme dans la salle "Division-Duo", devenue une saynète narrant la rencontre entre la bande de cassette magnétique de Zilvinas Kempinas et des bois de cerfs, qui se défient sous le regard des deux chiens de William Wegman.

Là où le musée, temple de la connaissance, se renferme parfois trop sur lui-même, la Maison rouge propose de visiter une exposition « comme on irait à un concert » (les mots sont du commissaire Jean-Hubert Martin) : sans a priori, en se fiant à ses sens au lieu de laisser le savoir les brider, en privilégiant la notion de plaisir. En résulte une exposition aussi splendide qu'originale, plongée décomplexée et colorée dans le monde de l'art.

> Horaires : du mercredi au dimanche de 11h à 19h, nocturne le jeudi jusqu'à 21h.

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