Samuel Fuller à l'Action Christine

Du 26 au 29 juillet 2012

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Poursuivant sa rétrospective autour du film noir, L'Action Christine projette quatre longs métrages essentiels du magistral Samuel Fuller, dont on fêtera le centenaire de la naissance ce 12 août. De quoi jubiler allègrement dans les bas-fonds.


Des places à gagner ici pour 'Le Port de la drogue', dimanche 29 juillet.


« Apre » : voilà l'adjectif qui revient immanquablement dès qu'on mentionne le nom de Samuel Fuller. Il faut dire que le cinéaste américain ne faisait pas dans la dentelle : gangsters, prostituées, pickpockets, journalistes... Les personnages de marginaux qui hantent ses films ne semblent jamais vraiment fréquentables. Pourtant, c'est précisément à travers leur fragilité et leur sauvagerie sociale que Fuller, malgré une œuvre en dents de scie, est souvent parvenu à exprimer quelque chose de violemment et profondément humain.


Né d'une famille d'immigrés juifs d'Europe de l'Est, il commence à travailler comme journaliste à l'âge de 12 ans. A 17, il est reporter criminel à New York. Plus tard, pendant la Seconde Guerre mondiale, il se fera soldat dans l'infanterie de l'armée américaine. Autant dire que son expérience de vie aura influencé son écriture de films de genre (polars, guerre, westerns). Scénariste à partir de 1936, il réalise son premier film, 'J'ai tué Jesse James' en 1949, puis 'Le Baron de l'Arizona' l'année suivante, avec Vincent Price. Jusqu'en 1964, Fuller réalise ainsi en moyenne un film par an, avant de voir sa production se tarir dans les années 1970.


Tourné en 1952, 'Violences à Park Row' restera son film-fétiche, celui dont il affirmait se sentir le plus proche : l'histoire d'un journaliste ambitieux, qui, sous certains aspects, pourrait représenter sa version personnelle et auto-fictionnelle de 'Citizen Kane'. Sauf qu'à la différence des classiques d'Orson Welles, les films de Fuller ont pour marque de fabrique leur absence de moyens, renvoyant au style et à l'économie des pulp novels de l'époque : d'où leur caractère brut, direct, sans fioritures. Son œuvre la plus célèbre, 'Le Port de la drogue' ('Pickup on South Street', 1953), qui mêle histoires de pickpocket, d'amour et d'espionnage, fut à la fois condamnée par le FBI comme propagande communiste et par les communistes eux-mêmes. Manière de dire combien Fuller aura été un cinéaste hors-cadre, brutal et complexe à la fois. Une influence majeure du cinéma contemporain, qu'on se réjouit de retrouver sur grand écran.


Le programme complet (à télécharger au format pdf) : ici.


Violences à Park Row

Fin du XIXe siècle, quartier de Park Row. Phineas Mitchell, journaliste, perd sa place avec d'autres collègues. Il rêve de créer son propre journal, le Globe. Un vieil imprimeur propose de lui prêter ses machines pour lancer un nouveau quotidien. Le Globe prend de l'essor et inquiète les magnats de la presse, dont Charity Hackett, directrice du Sun. Très vite, l'affrontement tourne à des confrontations de plus en plus violentes... « Un fantastique poème à la gloire de la linotype, du journalisme et de la démocratie, traité en de prodigieux mouvements de grue. » (Tavernier/Coursodon)

  1. Jeudi 26 juillet

The Naked Kiss

Après avoir fui son proxénète, Kelly, une prostituée, s'installe à Grantville où elle décroche un emploi d'infirmière à l'hôpital. Tout va bien pour la jeune femme, dont le désir de refaire sa vie est en train de prendre forme au-delà de toutes ses espérances. Lorsqu'elle tombe amoureuse du richissime Grant, c'est le bonheur absolu. Mais celui-ci est un ancien pédophile... En jouant sur les non-dits et les regards, Samuel Fuller oppose à l’hypocrisie d’une petite ville le courage de son héroïne, une ancienne prostituée. Cette réflexion morale s’accompagne de superbes éclairs de violence dont la légendaire première scène est un parfait exemple.

  1. Vendredi 27 juillet

Shock Corridor

Ambitieux, le journaliste Boden veut décrocher le prix Pulitzer. Pour y parvenir, il se fait interner dans un hôpital psychiatrique où il enquête sur un meurtre. 'Shock Corridor' est un poème convulsif en même temps qu’un constat rigoureux. Ces deux aspects du film ne sont nullement contradictoires, puisque « Fuller cherchait précisément à nous montrer le film sous la lucidité sécrète de la folie. Il y est admirablement parvenu ». (Claude Jean-Philippe) « C’est le chef-d’oeuvre du cinéma barbare. » (Jean-Luc Godard)

  1. Samedi 28 juillet

Le Port de la drogue

Skip McCoy, pickpocket, subtilise dans la poche d'une jolie fille, Candy, un portefeuille contenant un microfilm destiné à son patron, l'avocat Joey. Candy, soupçonnée d'espionnage par le FBI, est filée par le capitaine Tiger qui, témoin du vol, prend en filature Skip McCoy. L'un et l'autre le retrouvent bientôt et Candy s'éprenant de lui le prévient du danger qu'il court. « C’est un des premiers films qui m’ait vraiment secoué. Cette violence, il me semblait que je ne l’avais encore jamais vue dans un film. » (Martin Scorsese)

  1. Dimanche 29 juillet

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