Le top 10 de la semaine

Films, concerts, spectacles, expos, restos : le meilleur de la semaine par Time Out

© Vincent Pflieger

Au nom de • La Loi du marché

Edit : La loi du supermarché, devrait-on ajouter. Après avoir perdu son emploi dans des circonstances douloureuses, Thierry retrouve un petit boulot de vigile dans un centre commercial. En poste à l’entrée ou derrière les caméras de surveillance, il arrête les voleurs de câble d’iPhone, vilipende les caissières qui ramassent des coupons de réduction usagés, zieute depuis le poste de surveillance tous les individus louches, devenant ainsi un garde-chiourme de ce marché qui lui a pourtant pris sa dignité. Car avant d’arriver là, le personnage incarné par un Vincent Lindon criant de vérité est passé par toutes les humiliations que le capitalisme aime à infliger aux petites gens. Des séquences proches du documentaire, longues et en plan fixe tournées caméra à l’épaule, qui ne laissent pas indifférent. Comme lorsque Vincent Lindon explique à son conseiller du Pôle Emploi que la formation qu’il a faite n’a débouché sur aucun travail et qu’elle n’a servi à rien, ou quand il passe un entretien d’embauche via Skype, un passage d’une cruauté si vraisemblable qu’on en rit de bon cœur – jaune évidemment. Pire, le moment atroce (mais tout aussi hilarant) passé en compagnie de sa banquière démontre de quelle manière le marché infantilise les hommes, houspillés pour leurs découverts, forcés de baisser les yeux face au ton autoritaire de la banque, contraints en quelques secondes de prendre des décisions dramatiques pour leur vie. Et quand la conseillère propose à Thierry de souscrire une a

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En salles

Soirées mousse • Paris Beer Week #2

Quand les principaux acteurs de la bière artisanale à Paris se réunissent pour créer un événement festif et informatif, ça donne la Paris Beer Week. Soit presque dix jours (et environ dix fois plus d'événements) pour fêter comme il se doit la boisson maltée. Lors de sa première édition en 2014, la Paris Beer Week a déjà su attirer une horde de Parisiens assoiffés, tous profils d'amateurs de bière confondus, avec des événements aussi variés que des dégustations, des visites de brasseries ou encore des ateliers.

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Histoire du rap • Hip-hop : du Bronx aux rues arabes

Des blocks du Bronx aux rues des printemps arabes. Voilà le fil que tente de tresser l'Institut du Monde Arabe, avec plus ou moins de réussite. De la matière, pourtant, il y en a : d'abord une bande-son irréprochable, qui dès la première salle balance du rap old school, du premier hit commercial "Rapper's Delight" du Sugar Hill Gang au "Paid in Full" de Eric B. & Rakim, toujours aussi entêtant. Vinyles d'époque, fringues customisées, documentaires, extraits de films, photos eighties des quartiers new-yorkais ou des friches autour du métro Stalingrad : l'IMA s'est creusé les méninges pour tenter de recréer le parfum excitant, juvénile et solidaire du hip-hop période Afrika Bambaataa et Dee Nasty. Même si la scénographie frise parfois le ringard (les immeubles en carton-pâte étaient dispensables), l'ambition y est : raconter l'éclosion d’un mouvement culturel devenu, entre-temps, largement dominant. La danse, le graffiti, mais aussi la mode et toutes les paraphilies qui en découlent (l'amour immodéré des baskets en tête) sont abordées. A part l'importance initiale de la musique jamaïcaine, les oublis se comptent sur les doigts d’une main, et quelques bonnes idées alimentent le parcours, comme ce « tuto » de DJing ou l'incursion d'artistes contemporains marqués par la culture hip-hop – Guillaume Bresson en première ligne. Le problème, c'est que l'exposition, une fois passées les origines US, oublie d'analyser les évolutions des années 1990-2000-2010, et ne dit pas un mot sur l

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Institut du Monde Arabe Jusqu'au dimanche 26 juillet 2015

Meublez danois • Le mobilier danois vintage s'expose et se vend

Les Danois n'ont pas inventé Ikea, mais c'est tout comme. Après la Seconde Guerre mondiale, le Danemark se reconstruit en adoptant une nouvelle forme de démocratie sociale, et c'est dans la même logique que les architectes et designers du pays créent la Coopérative danoise de distribution, une organisation qui se donne pour objectif de rendre le design accessible au plus grand nombre. Désargentés, les jeunes couples danois s'installent à l'époque dans de modestes deux pièces et ils n'ont plus les moyens de s'offrir du mobilier à la papa, souvent encombrant et cher, acheté en lot. Les nouveaux meubles fournis par la Coopérative se veulent quant à eux pratiques et peu chers, sans pour autant sacrifier au style. Résultat, des chaises, des bureaux, des tables, produits en série à partir de hêtre, de chêne, de frêne et autres arbres peuplant les forêts danoises, qu'on retrouve dans tous les intérieurs de la société durant les années 1940, 1950 et 1960. Aujourd'hui, ces objets font le bonheur des amateurs de design scandinave et vintage, qui se rendront tous à l'exposition 'Meubles pour le peuple' à la Maison du Danemark jusqu'au 19 juillet. Chacun pourra admirer d'authentiques anciennetés, mais aussi des rééditions, et surtout acheter ses propres coups de cœur, disponibles à la vente. Avec un peu de chance, vous changerez de regard sur votre table basse Ikea Trulstorp, votre miroir Skogsvag et votre étagère Fjälkinge, et vous les garderez bien au chaud pour les années 2050. >>> 'M

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Par Emmanuel Chirache

L'Éducation sentimentale • Trois souvenirs de ma jeunesse

Après l’escapade américaine de ‘Jimmy P. – Psychothérapie d’un Indien des Plaines’, Arnaud Desplechin revient au bercail dans sa ville natale de Roubaix, avec ces ‘Trois souvenirs de ma jeunesse’ qui fleurent bon l’autobiographie et un attachant retour du cinéaste à ses sources, entre marivaudage sentimental et roman d’apprentissage. Présenté comme un prequel à ‘Comment je me suis disputé (ma vie sexuelle)’ (le film qui fit connaître Desplechin au grand public en 1996), ce nouveau long-métrage balaye finalement même l’ensemble de son œuvre – ou, au moins, de la large part qui s’en trouve consacrée à son alter ego, Paul Dédalus. Après un épisode d’enfance plus ou moins traumatique, le film opte un moment pour le cinéma de genre, à travers l’espionnage et les aventures tintinesques de Paul, adolescent, en mission en Union soviétique pour une fantaisie assez réussie, qui permet à Desplechin de créer un double à Dédalus (double qui apparaît ainsi a posteriori comme le héros de son tout premier film, ‘La Sentinelle’, en 1992). Surtout, c'est à travers son troisième souvenir – qui occupe en fait la majeure partie du film – que Desplechin nous livre l’éducation sentimentale du trentenaire nerveux,  sentimental et bavard de 1996, auquel les traits du visage de Mathieu Amalric restent liés. Et le film se montre d’ailleurs particulièrement habile à cet endroit : le jeune interprète de Paul (Quentin Dolmaire) parvenant à évoquer la scansion et l’attitude de l’acteur-fétiche de Desplec

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En salles

Marivaux le coup • Les Fausses Confidences

Quiproquos, valets manipulateurs, amours secrètes, révélations finales… On a beau connaître sur le bout des doigts les ficelles du théâtre de Marivaux, rien n’y fait. L’écriture de ce génie du XVIIIe siècle réussit systématiquement à insinuer le doute dans nos esprits. Pourtant, on le sait que cette comédie se finira forcément bien. On les a déjà vus, ces deux-là, Dorante et Araminte, qui n’osent pas s’avouer leur amour mais qui, au bout du compte, se jetteront dans les bras l’un de l’autre. Quand bien même, jusqu’au dénouement on hésitera, on tremblera et on soupirera avec eux. « Eux » sont interprétés par Isabelle Huppert, Louis Garrel et Bulle Ogier. Rien que ça. Un casting bankable qui assure à l’Odéon un taux de spectateurs record sur ses fauteuils carmin. C’est qu’il faut un certain panache, une bonne dose d’intelligence textuelle et une sacrée expérience du plateau pour éviter que ces « fausses confidences » ne se résument à une énième lecture assommante et insipide. Luc Bondy en sait quelque chose, lui qui a déjà par trois fois mis le nez dans les affaires de Marivaux, et investit la scène à son service. Pour cette nouvelle mise en scène, le directeur de l’Odéon a invité sur son plateau une pléiade de comédiens aguerris. A commencer par Jean-Damien Barbin, qui campe un Arlequin au teint cendré et à l’interprétation nourrie de détails. Et bien sûr Isabelle Huppert irradie en Araminte mutine dans son pyjama ivoire siglé Dior, sans voler la vedette aux autres personnage

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L'Odéon, théâtre de L'Europe Jusqu'au samedi 27 juin 2015

Boire un colonel • La Cantine Fabien

En dépit de son nom, c'est plutôt pour s'enivrer que l'on vous donne rendez-vous à la Cantine Fabien. En journée, vous pourriez passer devant sans la remarquer. Mais dès 20h, du jeudi au samedi, on ne peut ignorer l'attroupement qui se forme près du 5 place du Colonel Fabien. Toute de vitres, d'acier et de béton, sur deux niveaux, la Cantine Fabien pourrait bien sauver votre soirée. C'est en effet le seul rade de la place à proposer concerts, bœufs, et DJ sets en tous genres. Attention, ce n'est pas un club pour autant, et folle ou pas, la soirée prend ici fin sur les coups de 2h. L'avantage du lieu, c'est sans nul doute son vaste espace. Si vous êtes du genre à vous balader en bande de 30 copains, notez bien cette adresse qui comporte également une grande terrasse pour les soirées d'été, et un étage vitré offrant une vue plongeante sur la place, qui se transforme en dancefloor pour ceux qui aiment se déhancher. Mais avant de danser, il convient de se désaltérer (pour ne pas dire s'alcooliser). Pendant l'happy hour (17h à 20h30) c'est pinte à 4 € et cocktails ou champagne à 5 € ! Des caïpirinhas médiocres mais bien chargées... Hors happy hour, mieux vaut opter pour les classiques à des prix raisonnables : demi ou verre de vin à 3 €. Le petit plus de ce bar, c'est l'accueil chaleureux de Mario, le responsable de l'établissement en soirée. Un bavard invétéré qui ne manquera pas de vous bichonner, et de vous raconter quelle personnalité est passée la semaine dernière à la Can

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Gare du Nord/ Gare de l'Est

En single ou en couple • Le 45 Tours

Before, after, before d'after et after de before, à vous de choisir ! Le 45 Tours est un bar parfait pour tout noctambule cherchant son bonheur dans le quartier de Faidherbe. Situé au 45 rue de Montreuil, ce troquet, qui sert aussi des en-cas, ouvre ses portes de 6h du matin à 2h du matin pour vos beaux yeux, qu'ils soient gonflés de sommeil ou injectés de sang. Malgré un happy hour aux prix extrêmement attractifs (pinte à 3,50 €, cocktails à 5 €, verre de vin, shooter et ricard à 2,50 €), l'atmosphère du lieu est résolument portée sur la nuit avec des programmations soignées, tournées essentiellement vers la musique électro & co. Les cocktails y sont alors affichés au prix de 8 €, les pintes à 6 € et il est même possible de commander des pichets (de bière 20 € ou de cocktail 40 €) pour les plus assoiffés. Dans cet espace sombre éclairé çà et là par des néons, tout vous enjoint à rejoindre les armées de zombies qui se trémoussent aux premières heures du jour ou de la nuit. Sans vouloir spoiler la prochaine saison de 'Walking Dead', notre petit doigt nous a dit qu'on y recrutait des figurants !

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11e arrondissement

Hit machine • Villette Sonique

On vous le répète, le quartier de la Villette est en pleine renaissance. Depuis 10 ans, le festival Villette Sonique s'y tient au printemps, et depuis la rénovation de la Grande Halle, il est devenu un événement musical incontournable pour les Parisiens. La programmation s'étoffe d'année en année, voguant entre électro qui tabasse et rock qui dépote. Enfin, le dernier avantage du festival - et pas des moindres - ce sont ses nombreux concerts gratuits et en plein air qui ont lieu dans le parc le week-end. Les Parisiens se déplacent en nombre pour voir pendant six jours des artistes rares ou méconnus et visiter le Village Label. Et découvrir le meilleur de la musique actuelle.

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Par Nicolas Hecht

Soirée Gonzaï • Steeple Remove + San Carol

Un samedi soir à L'Olympic pour fêter le tout-frais-tout-beau label Gonzaï Records et ses poulains, ça ne se refuse pas. En première partie, San Carol, ou la meilleure façon de réconcilier Amon Duül II et Coldplay dans une cave du 18e, à grands renforts de synthés kraut et de voix pop. Ils viennent de sortir 'Humain trop humain' ; un peu de chaleur humaine ne dervait pas leur faire de mal. En tête d'affiche, le quatuor rouennais Steeple Remove viendra présenter ‘Position Normal’, un quatrième album qui devrait enfin leur permettre de se faire connaître largement. Biberonné au rock allemand, à la SF brut de fût et représentant d’une certaine idée de la pop, le groupe signe là son album à la fois le plus abouti et facile d’accès. Eh ouais, en 2015, le rock français a définitivement la classe.

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L'Olympic Café samedi 30 mai 2015

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