2 J'aime
Epingler

Le top 10 de la semaine

Films, concerts, spectacles, expos, restos : le meilleur de la semaine par Time Out

© EChirache

Plic - Ploc- Plic - Ploc - Plic - Ploc : que c'est agrèable de regarder tomber la pluie. Oui enfin quelques minutes, car très vite la mélancolie s'empare de vous, et vous n'avez plus qu'une envie : vous fourrer sous votre couette et attendre 2028 que le réchauffement climatique soit - enfin - une réalité effective. Alors : sortez ! Pas encore boire des pintes en terrasse OK, mais au ciné voir les deux derniers films de mastodontes du cinéma, au musée admirer le corset de Marie-Antoinette, découvrir un Figaro au bout du rouleau au Thèâtre Monfort, manger une terrine réconfortante, ou tenter d'invoquer le retour du soleil en slamant sur la musique dégénérée de JC Satan à Villette Sonique...

Cinéma

Julieta

Depuis une dizaine d’années (disons, plus ou moins à partir de ‘Volver’), il paraît de bon ton de constater que Pedro Almodovar a quelque peu perdu l’audace qui faisait son originalité. Et certes, son nouveau film, ‘Julieta’, brasse une nouvelle fois des thèmes récurrents chez le cinéaste espagnol – la féminité, le deuil, la famille ou son impossibilité – sans tout à fait parvenir aux sommets que pouvaient être ‘Tout sur ma mère’ ou ‘Parle avec elle’. Portrait d’une femme sur trois décennies et sous ses différents aspects (mère, fille, épouse…), ‘Julieta’ reste en effet assez monophonique, parfois limite simpliste sur le plan scénaristique. Bref, rien de bien nouveau, a priori, sous le soleil madrilène… Pourtant, il faut dire que ‘Julieta’ n’est vraiment pas dépourvu de charme, non plus. D’abord, il y a ses deux actrices, Adriana Ugarte et Emma Suarez, qui se partagent habilement le rôle de l’héroïne. Quelques beaux seconds rôles, aussi, à commencer par une Rossy de Palma acariâtre et langue de pute comme jamais. Et puis, il y a toujours quelques séquences typiquement almodovariennes, à la fois bourrées d’émotion et traitées avec pudeur, entre solitude et douleur indicible. Enfin, il y a surtout la réalisation d’Almodovar. Sa maîtrise, son sens aigu des couleurs et du cadre, qui saute aux yeux dès les premières minutes du film. En somme, s'il apparaît comme un drame plutôt mineur, sans grande surprise dans l’œuvre de son metteur en scène, ‘Julieta’ reste un film habile, touc

Time Out dit
  • 4 sur 5 étoiles
Votre avis
  • 5 sur 5 étoiles
En savoir plus
Cinéma

Café Society

Tout le temps, partout, on nous le sert à toutes les sauces : le fameux « C’était mieux avant. » Woody Allen n’est guère épargné par ces mauvaises langues qui, après ‘Blue Jasmine’ et ‘The Irrational Man’, lui reprochaient son style ultra-contemporain. Seulement voilà, les nostalgiques du maître new-yorkais peuvent cesser de geindre : avec ‘Café Society’, c’est justement comme avant. Dans un style très personnel, Allen gorge son œuvre de références à sa propre filmographie, à ses thèmes récurrents (l’illusion, la réalité), pour ce qui est sans aucun doute l’un de ses meilleurs crus. Dès le départ, on est embarqué. Le film s’ouvre sur un magnifique panoramique qui atterrit sur une foule au bord de la piscine. Avec des plans d’une rapidité captivante, des travellings avant et une ambiance très jazzy, Allen nous plonge dans la vie d’un personnage qu’il aurait pu tenir au siècle précédent : celui de son alter ego. Jesse Eisenberg interprète un New-Yorkais, juif, névrosé, qui découvre le monde fantasmé d'Hollywood des années trente. A la recherche d’un boulot, il part à la rencontre de son oncle (Steve Carell), agent de stars survolté qui use délicieusement du name-dropping. Aussi, le jeune garçon tombe amoureux d’une irrésistible secrétaire, Kristen Stewart. Comme pour 'Radio Days' notamment, qui encapsulait déjà la période des années trente, Woody Allen évoque à travers ce film une jeunesse vécue : la sienne. Une fois implanté sur la côte ouest, l’homme réalise à quel point la

Time Out dit
  • 4 sur 5 étoiles
Votre avis
  • 4 sur 5 étoiles
En savoir plus
Restaurants

La Cave de l'Os à Moelle

L’actualité parisiano-bistrotière oublie assez souvent de mentionner les restos de l’ouest de la rive gauche. Ce qui n’empêche pas ces derniers de continuer à vivre leur vie de bistrots autonomes et authentiques. C’est le cas des deux adresses de Thierry Faucher, L’Os à Moelle, et sa cave, plantées dans le quartier Lourmel. Si la première est dédiée à une cuisine bistronomique, la seconde, véritable table d’hôte, est un lieu généreux et rare. On s’installe sur une des grandes tables en bois, où l’on fait connaissance avec ses voisins, mais aussi avec les entrées joyeusement campagnardes, comme ces terrines, ces carottes râpées, ces œufs, ce hareng fumé, cette salade de choux rouge. Tout est à volonté (19 € entrée-plat ou plat-dessert / 25 € entrée-plat-dessert midi et soir). Les plats, eux, mijotent sur un poêle au fond de la salle. Ce jour-là : une soupe de poisson, une brandade de morue, des endives aux jambons, des tripes, de la ratatouille et de la polenta. Evidemment, le but n’est pas d'en manger le plus possible, chose difficile tant le concept est orgiaque. Ca vaut pourtant la peine de résister (au moins un peu) à la tentation, pour pouvoir attaquer le plateau de fromages ou se remplir une assiette à dessert de compet’ (riz au lait, île flottante, salade de fruits, pruneaux au vin, gâteau au chocolat, ou nature). Loin de jouer un folklore artificiel, voilà une adresse réellement accueillante et honnête. En témoigne aussi la sélection de vins, issus de petits producteu

Time Out dit
  • 5 sur 5 étoiles
Votre avis
  • 5 sur 5 étoiles
En savoir plus
Théâtre

Figaro divorce

Les spectateurs du XXIe siècle n'auront sans doute pas de mal à imaginer la scène, ou en tout cas à la trouver familière. Dans une nuit noire où l'on ne distingue rien à moins de quelques centimètres, Figaro, sa femme et ses maîtres quittent leur pays pour l'exil. Une nuit de danger qui s'achève au poste de police des frontières. Nous sommes en 1936, en pleine montée du nazisme. A l’époque, on ne parle pas encore de migrants, pourtant ils partagent les mêmes craintes, les mêmes espoirs et souffrent des mêmes regards en biais. Chez Odön von Horvath, le personnage de Beaumarchais n'a plus rien d'héroïque ni de fougueux. Désabusé, il n'aspire plus qu'à une vie confortable dans son salon de coiffure à Grand-Bisbille. Une routine de petit bourgeois que lui reproche amèrement Suzanne avant de le quitter. Une insulte dont Figaro se défend pourtant : « J'ai eu si souvent l'estomac vide que le mot "bourgeois" s'est vidé de toute horreur pour moi. » Rien ne va plus pour les personnages de Beaumarchais. Ruinés et esseulés, ils sont rejetés par une société qui a du mal à digérer ses révolutions, quand elle n’est pas xénophobe. L’« après » n’est pas idyllique, et c’est rien de le dire. Pour raconter le destin tragi-comique de ce quatuor, il fallait assurément le talent du directeur du théâtre du Nord, Christophe Rauck. Habile metteur en scène, conteur accompli, Rauck réussit où tant échouent. En quelques trouvailles scénographiques et musicales, il élargit les points de vue, dynamise la

Time Out dit
  • 4 sur 5 étoiles
En savoir plus
Shopping

Trevor

Avec une sélection de produits aussi brillante, cette boutique du Haut-Marais aurait pu s’appeler Trésor. Mais c’est finalement Trevor, ce qui fait moins chihuahua et un peu plus viril. Le propriétaire, Laurent Villena, se fait un plaisir de raconter l’histoire de chaque produit qu’il propose dans son antre ouvert en mars 2015 pour combler un manque de concept-stores pour hommes. Son choix large, du fauteuil au caleçon seconde peau, a pour ligne directrice « l’élégance et la qualité de produits éco-responsables ». On y fonce pour les cadeaux, qu’on peut aussi se faire à soi-même, surtout quand on est amateur de graphisme et d’architecture. Abordables et qu'on ne voit pas ailleurs, les carnets en papier japonais du Typographe fabriqués en Belgique, le réceptacle modulable en carton à construire soi-même imaginé par le jeune Atelier 1.1 (20 €) ou une collection de préservatifs à la décoration graphique lancée par trois sœurs (12 € les deux avec la boîte en métal) donnent le ton. La griffe Architecture du Désir réalise quant à elle le fantasme de tout architecte en transformant des maquettes en bijoux ou objets de décoration, son équerre de maquettiste pour gaucher ou droitier aux airs de lingot d’or (99 €) étant le présent ultime. Valables pour tous les hommes qui aiment se parer, les bijoux français ont le droit ici à une belle vitrine notamment les ancres en argent massif de Thomas V (175 €), les joncs du Marseillais Pure & Wild (129 €) qui font de l’œil aux jaloux/ses avec

En savoir plus
Art

Anatomie d'une collection

Mauvais timing. Alors que le musée des Arts décoratifs présente en ce moment même une rétrospective de la mode en trois siècles, 'Fashion Forward', le Palais Galliera expose une partie de sa collection textile pour l'événement 'Anatomie d'une collection'. Par conséquent, la comparaison est inévitable et ne se fait malheureusement pas en faveur de ce dernier. Alors que 'Fashion Forward' déploie en effet un éventail plutôt complet de l’histoire de la haute-couture, 'Anatomie d'une collection' se contente de sortir des placards certaines de ses plus belles pièces. Mais pas trop non plus, un peu comme un enfant qui crâne tout en préservant jalousement son butin.  Alors, certes, on écarquille les mirettes devant des « reliques » d’exception telles que le corset de la reine Marie-Antoinette, le pantalon du dauphin Louis XVII ou encore le sublime manchon bleu et or de la princesse Mathilde. On parvient même à être comblé face à la robe empire de Joséphine de Beauharnais – formidablement bien conservée et sur laquelle on apprend une drôle d’anecdote – ainsi qu’en admirant un authentique bonnet phrygien et sa cocarde tricolore, lourds de sens républicain. Mais à moitié seulement. A l’image de l'espace consacré à l’exposition, deux fois plus petit que celui accordé à ‘Fashion Forward’. Ramassée sur quatre pièces, la muséographie de cette « anatomie » n’offre en effet pas assez d’espace à chacun de ces chefs-d’œuvre vestimentaires. Pour la métaphore, on pourrait dire qu’elle ressemble

Time Out dit
  • 3 sur 5 étoiles
En savoir plus
Musique

Villette Sonique

On vous le répète, le quartier de la Villette est en pleine renaissance. Depuis 10 ans, le festival Villette Sonique s'y tient au printemps, et depuis la rénovation de la Grande Halle, il est devenu un événement musical incontournable pour les Parisiens. La programmation s'étoffe d'année en année, voguant entre électro qui tabasse et rock qui dépote. Enfin, le dernier avantage du festival - et pas des moindres - ce sont ses nombreux concerts gratuits et en plein air qui ont lieu dans le parc le week-end. Les Parisiens se déplacent en nombre pour voir pendant six jours des artistes rares ou méconnus et visiter le Village Label. Voici notre guide complet du festival.

En savoir plus

Nécessaire et urgent

524 questions comme autant de déferlantes. Des questions qui, par pudeur ou par insouciance, n'ont pas été posées aux aînés disparus et dont Annie Zadek fait œuvre. Née en France après la dernière guerre, elle se construit dans un silence opaque concernant son histoire marquée par le destin familial juif-polonais.

En savoir plus
Art

ExtraNaturel - Un projet de Mark Dion

Dépoussiérer l'Académie et la rendre tellement vivante qu'elle en deviendrait inquiétante. Voici le pari lancé par Mark Dion, artiste américain invité par les Beaux-Arts de Paris, pour valoriser ce patrimoine incroyable trop souvent relégué au rang des vieilles choses ronflantes. Entreprenant un voyage initiatique dans la riche collection des Beaux-Arts, on croise des femmes aux courbes généreuses, des gravures à la finesse cruelle, aux détails scrutateurs et acerbes ou encore des panoplies d'ossements, d'études et d'écorchés. Et parfois, au milieu de ces œuvres antiques, réalisées des heures durant dans l'atelier d'un maître, on rencontre certaines des pièces des actuels élèves de l'école des Beaux-Arts, ou de Mark Dion lui-même. Ainsi se côtoient et se rencontrent apprentis et professeurs dans un dialogue envoûtant où il n'est plus question de hiérarchie ni de supériorité des savoirs mais de flux, de mouvements, d'échanges flottants et intangibles. Il se passe quelque chose dans ce parcours pensé comme un voyage à travers différents mondes (salle TERRE, salle EAU, salle AIR, salle FEU) dans lesquels on se laisse bercer, ou berner, par le décor à la fois kitsch et poétique. Mais aussi par l'environnement étrange où des nymphes portent des sabots et les chevaux sont ailés. Tous ces mondes mènent à la dernière salle : Oracles, Systèmes, Lectures des pierres et le Dark Museum, paroxysme du surnaturel. Car c'est bien la Nature qui est au cœur de ce projet. C'est elle que l'on

Time Out dit
  • 4 sur 5 étoiles
En savoir plus

Lire aussi

Que faire à Paris ?

Que faire à Paris ce week-end ?

On se plie en quatre pour passer entre les gouttes de pluie.

En savoir plus
Musique

Villette Sonique : c'est parti !

Voici au moins trois bonnes raisons de foncer à ce festival, qui reste certainement l'un des meilleurs de la capitale.

En savoir plus
Que faire à Paris ?

6 idées pour la fête des mères

Quelques idées pour ne pas toquer à la porte les mains vides.

En savoir plus
Bars

Bar Awards 2016

Le 30 mai, découvrez les meilleurs bars de la capitale élus par notre panel d'experts.

En savoir plus
Afficher plus

Commentaires

0 comments