Joel-Peter Witkin, 'Enfer ou Ciel'

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/ © Galerie Baudoin Lebon
‘Woman, once a bird’, 1980

« Certaines images sont susceptibles de heurter la sensibilité. » Ce ne sont pas les premières minutes d’un film d’horreur mais bien l’exposition Witkin à la BnF qui brandit cet inquiétant avertissement. Voilà ce qui arrive quand on est témoin, comme le fut Joel-Peter Witkin à l'âge de 6 ans, de la décapitation d’une fillette. Plus que des photographies, ce sont de véritables mises en scène que propose cet artiste américain, marqué dès l’enfance par l’esthétique de l’horreur et la violence de la religion, déchiré entre une mère juive et un père catholique. Grâce à des méthodes de tirage archaïques, grattage et utilisation de peinture, détournements techniques voire chimiques, Witkin tord et déforme ses sujets, composant une oeuvre dans laquelle la prise de vue n’est que l’embryon du résultat final. Du 27 mars au 1er juillet à la BnF, il propose une exploration à la fois poétique et dérangeante de la monstruosité, un érotisme de l’étrange peuplé de « freaks », nains, obèses et autres manchots. Un voyage empreint de voyeurisme et de perversité qui risque de fasciner autant que de choquer. Inutile donc de vous le rappeler : emmener vos enfants est fortement déconseillé.


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