Nervures

  • Danse
  • Contemporaine
© Hanna Hedman

Fabrice Lambert a décidément une actualité bien chargée, avec quatre spectacles joués en Ile-de-France d’ici mars 2014, dont une création. Comme ses précédents travaux, ‘Nervures’ accorde une place particulière au dispositif scénique. On découvre le danseur vêtu de rouge, baskets blanches aux pieds, et un dispositif en suspension signé par l’artiste Xavier Veilhan. D’un côté, une tige (en carbone ?), de l’autre huit tiges, le tout lié par une poulie invisible. Le corps du danseur va ainsi répondre au mobile, mouvement contre mouvement, pendant 50 minutes.

Inventive et variée, la chorégraphie joue avec l’espace et les lumières, comme dans cette superbe séquence d’ouverture durant laquelle l’ombre projetée depuis une des tiges prend le pas sur l’interprète, chaque geste désormais amplifié et bizarrement inquiétant. A cette simplicité de départ répondent des phases plus complexes, notamment quand les huit tiges manipulées par Fabrice Lambert se font source de son (un résonateur, un delay, et le tour est joué).

 Etrange comme un solo de danse peut renvoyer à son propre corps, où l’on peut suivre l’effort, les appuis et déplacements plus facilement que dans un tableau de groupe. Alors malgré quelques passages abscons, ces saccades, instants de folie et de disharmonie musicale et gestuelle séduisent ; avec ‘Nervures’, Fabrice Lambert cultive une esthétique précise et maline, parfois drôle malgré elle. Quant au sens – la pièce se veut un questionnement sur les rapports de l’homme moderne à une nature primitive et brute, extraits sonores à l’appui –, peu importe finalement qu’il ne passe pas toujours. Pour une fois on se dit simplement que s’attacher à la forme plus qu’au fond, au corps plus qu’à l’intellect, suffit amplement.

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