Anders Petersen

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'Close Distance', 2002 © Anders Petersen. Courtesy Galerie VU’ / BnF, Estampes et photographie
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Stockholm, 2000 © Anders Petersen, Courtesy Galerie VU’ / BnF, Estampes et photographie
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'Café Lehmitz', 1970 © Anders Petersen. Courtesy Galerie VU’ / BnF, Estampes et photographie
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Paris, 2006 © Anders Petersen. Courtesy Galerie VU’ / BnF, Estampes et photographie
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'Close Distance', 2002 © Anders Petersen. Courtesy Galerie VU’ / BnF, Estampes et photographie

La vie éclabousse les murs. Tumultueuse, vibrante, sauvage, elle électrise toute la salle – en parfait accord avec le grondement lancinant du chantier de rénovation de la BnF Richelieu, encore inachevé. Trois cent vingt photos d’Anders Petersen s’affichent ici, de la série qui l’a rendu célèbre en 1970, consacrée au Café Lehmitz de Hambourg, jusqu’à ses dernières pérégrinations à Rome ou à Soho. Tirages d’époque et grands formats se côtoient, judicieusement agencés pour susciter des échos entre natures mortes, animaux, hommes et femmes, qui se heurtent et se répondent dans un chaos harmonieux. En quarante ans, le style a certes évolué, mais la manière d’affronter son sujet les yeux dans les yeux est restée la même.

« Une photo ne doit pas parler de photographie, elle doit parler de la vie », affirme Anders Petersen dans une interview vidéo présentée dans l’exposition. L’appareil photo n’est pour lui qu’un outil pour déciller le regard du spectateur, le confronter aux endroits qu’il ne visitera jamais (comme l’asile de fous). A la crasse, à la marginalité, au bizarre. A la sensualité animale d’un coït furtif sur le capot d’une voiture, dans un parking souterrain. Brûlante et pleine de spontanéité, la photographie d’Anders Petersen dégage une force charnelle. Ce qui n’empêche pas Petersen de faire preuve d’une technique fulgurante, résumée par ce noir et blanc ahurissant, qui semble fouiller la nuit. Adepte d’une « attaque distincte, coupante, qui n’explique rien, qui n’apporte pas de réponses, mais pose des questions », le Suédois croise les thèmes du documentaire avec l’urgence de la photographie de rue. Collant au plus près des corps hachés qu’il capture, il parvient à établir un contact intime, très troublant, entre celui qui prend la photo, celui qui y figure, et celui qui la contemple.

> Horaires : du mardi au samedi de 10h à 19h, le dimanche de midi à 19h.

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