Hokusai

Pour qui affectionne les estampes japonaises, leur finesse, leur coup de crayon enlevé, leurs paysages aux tons bruns, bleus ou taupe, toutes les occasions sont bonnes pour savourer quelques « vues du mont Fuji » et autres chefs-d’œuvre embués de mystère, signés Katsushika Hokusai (1760-1849). C’est pourquoi, malgré sa mise en scène un peu brouillonne, son manque de documentation et son éclairage très sombre (en partie pour protéger les œuvres, certes), on ne peut que saluer cette exposition qui n’en est pas vraiment une : la quarantaine d’estampes présentées surgit plutôt comme une brève mais plaisante parenthèse, égarée parmi les collections nipponnes du musée Guimet.

L’occasion de plonger quelques instants dans le monde flottant du maître de l’ukiyo-e, dont l’écrasante modernité fascina tant les impressionnistes ; d’apprécier à nouveau, aussi, la manière dont son style follement expressif préfigura le manga. On pourra même entrevoir, en trois petits portraits de monstre, de démon et de fantôme (extraits de ses ‘100 contes’), les penchants plus obscurs d’Hokusai, qui devait à ses vices et sa concupiscence son surnom de « vieux fou de dessin ». Et, au beau milieu de tout ça, la fameuse ‘Grande Vague’ d’émettre ses embruns d’icône absolue de l’estampe japonaise. Et des fonds d’écran d’ordinateur.

Site Web de l'événement http://www.guimet.fr
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