Juergen Teller : I am Fifty

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Juergen Teller, 'Woo No.164', 2013 / Courtesy de l'artiste et Suzanne Tarasieve, Paris
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Juergen Teller, 'Betriebsausflug', Frankfurt, 2013 / Courtesy de l'artiste et Suzanne Tarasieve, Paris
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Juergen Teller, 'Woo No.24', 2013 / Courtesy de l'artiste et Suzanne Tarasieve, Paris
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Juergen Teller, 'Masculine, No.10', London, 2013 / Courtesy de l'artiste et Suzanne Tarasieve, Paris
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Juergen Teller, 'Woo No.93', 2013 / Courtesy de l'artiste et Suzanne Tarasieve, Paris
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Juergen Teller, 'Masculine, No.24', London, 2013 / Courtesy de l'artiste et Suzanne Tarasieve, Paris
Libre

Juergen Teller, c'est l'art de la désacralisation. Photographe de mode réputé (pour Marc Jacobs ou Yves Saint-Laurent notamment), l'Allemand n'a jamais caché son penchant pour une approche abrupte et crue de la photo. Flashs aigres, yeux rouges, refus de la retouche et des cadrages calculés : celui qui fit notamment des pochettes de disques pour Björk, New Order ou DJ Shadow ne s'est jamais départi de son ton revêche et de son esthétique un peu sale. Alors quand il nous raconte sa crise de la cinquantaine (‘I am Fifty’), forcément, ce Londonien d'adoption ne va pas mettre d'eau dans son vin.

Réunissant en fait trois expositions distinctes, le parcours de la galerie Suzanne Tarasieve laisse entrevoir plusieurs facettes de l'iconoclasme de Teller. La première série, ‘Woo’ (2013), détourne la photo d'art et la photo de mode, confrontant plusieurs images entre elles, avec un rendu qui rappellerait du papier peint mal collé. Crades, dissonants (un mannequin, une mamie, une forêt, une paire de fesses, etc.), ces compositions improbables s'amusent avec notre regard et l'idée de représentation. Ce que prolonge la deuxième série, ‘Masculin’, construite en réponse à l'exposition ‘Masculin/Masculin’, qui voit des prises de vues du parcours du musée d'Orsay mises en regard avec des photos de l'artiste en train de faire du sport pour se modeler un corps de dieu grec. Mais là, Teller reste dans une ironie un peu facile, se confrontant – avec son short en polyester et ses auréoles de sueur sous les bras – aux canons de la beauté des nus classiques. Amusant, mais sans grande profondeur.

C'est finalement la dernière série, ‘Irene im Wald’, qui détonne le plus alors qu'elle est sans doute la moins tape-à-l'œil. Teller délaisse un moment sa provocation pour suivre sa mère lors d'une promenade dans les bois. Les images sont complétées par un texte, comme une voix-off qui revient sur des souvenirs, des bribes du passé resurgissant à l'occasion de cette déambulation bucolique. Le cadrage reste spontané, la lumière brute, mais dans cette forêt qu'il a tant parcourue durant son enfance, Teller donne à ses prises de vue une douceur inhabituelle. Une tendresse propice à l'introspection.



> Horaires : du mardi au samedi de 11h à 19h.

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