Rue des Rosiers - Le Marais juif par Alécio de Andrade, 1974-75

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12 rue Pavée, 1975 / © Alécio de Andrade, ADAGP, Paris, 2013
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Boucherie Emouna, 25 rue des Rosiers, 1975 / © Alécio de Andrade, ADAGP, Paris, 2013
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Simone Veil lors du 30e anniversaire de la libération d'Auschwitz, à la synagogue de la Victoire, 27 janvier 1975 / © Alécio de Andrade, ADAGP, Paris, 2013
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M. Alter et un autre homme, 34 rue des Rosiers, 1975 / © Alécio de Andrade, ADAGP, Paris, 2013

Aujourd'hui, les petits commerces traditionnels ferment les uns après les autres, remplacés par des magasins de prêt-à-porter ou des chaînes promptes à attirer les touristes. Au cœur du Marais, le Pletzl (la « petite place » en yiddish) reste pourtant le quartier juif le plus célèbre de Paris, et ce surtout depuis les années 1880, après l'arrivée des victimes de pogroms russes. Vers 1975, quand le photographe brésilien Alécio de Andrade commence à en explorer les recoins, c'est encore un morceau de Paris qui semble épargné par la modernité. Petites rues, vieilles boutiques aux devantures bilingues, restaurants « strictement cachères », salles d'étude et synagogues paraissent hors du temps, encore plus lorsqu'ils sont figés par le noir et blanc granuleux du photojournaliste sud-américain. Si quelques pantalons pattes d'eph donnent le ton de l'époque, il est frappant de constater à quel point les alentours de la rue des Rosiers dégagent encore un parfum de XIXe siècle.

S'ils n'ont rien de révolutionnaire, la soixantaine de clichés d'Alécio de Andrade exposés au MAHJ, entre reportage et école humaniste, saisissent un moment-clé de la vie du Marais juif. Alors qu'il est largement dominé par des ressortissants d'Europe centrale et orientale, le quartier voit arriver les juifs d'Afrique du Nord, tandis que les générations qui ont connu la Shoah s'éteignent doucement. La fin d'une époque donc, que Andrade saisit avec légèreté, multipliant les portraits très expressifs et pleins de spontanéité, dans la rue ou lors de cérémonies religieuses. Avec toujours, comme une ombre qui plane sur ces ruelles vivantes, le souvenir lancinant du génocide, ou cette photographie troublante du restaurant de Jo Goldenberg qui deviendra tristement célèbre en août 1982, lorsqu'un attentat y fera six morts.

> Horaires : du lundi au vendredi de 11h à 18h et le dimanche de 10h à 18h

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