Jazz à la Villette 2014

Du 3 au 14 septembre 2014

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1959. Une année éminemment importante dans l'histoire des musiques américaines. Elvis vient de délaisser les scènes pour son service militaire, Buddy Holly disparaît brutalement dès le mois de février : le rock'n'roll se meurt. De son côté le rhythm'n'blues se porte bien avec l'intemporel "What'd I Say" de Ray Charles, caracolant en tête des charts. Mais c'est peut-être dans le jazz que les bouleversements sont les plus importants : Miles Davis publie son chef d'œuvre 'Kind of Blue' - l'une des plus grosses ventes de l'histoire du jazz - et parvient à faire découvrir la musique « modale » à la planète terre. A l'acmé du hard-bop John Coltrane enregistre 'Giant Steps', album d'une puissance et d'une virtuosité déconcertantes. Au Five Spot, club du New York underground, le saxophoniste Ornette Coleman (qui en octobre 59 sort 'The Shape of Jazz to Come') met en place ce qu'il nommera un an plus tard le free jazz. Au même moment, sur la côte ouest, à Hollywood, le génial Billy Wilder filme Marilyn Monroe en chanteuse de jazz, accompagnée de Jack Lemmon et Tony Curtis en musiciens travestis et absurdes. À croire qu'à l'aube des années 60, le jazz n'était on ne peut plus sexy...

Jazz à la Villette 2014 se replonge en partie dans cette histoire bouillonnante et propose un fil d'Ariane autour de ladite année bénie. En musique comme en cinéma, donc, avec des projections de 'Certains l'aiment Chaud' (bien entendu) mais aussi du 'Shadows' de John Cassavetes, dont le thème structurel n'est autre que l'improvisation. L'été n'est pas terminé, certes, mais au vu de la fulgurante programmation (voir la sélection ci-dessous), l'on est déjà terriblement impatient de fêter la rentrée.


Notre sélection

Avishai Cohen Trio & Kurt Rosenwinkel + Ambrose Akinmusire

On ne lasse jamais des inflexions orientales du contrebassiste israélien Avishai Cohen, surtout lorsqu’il joue en trio. Remplaçant Shai Maestro, Nitai Hershkovits s’illustre depuis quelques années comme un pianiste subtil et un remarquable accompagnateur. Pour couronner le tout, Avishai invite le guitariste Kurt Rosenwinkel, avec qui il a bourlingué dans les clubs de Greenwich Village dans les années 1990. En première partie, la nouvelle star de la trompette (qui vient de sortir l’un des plus beaux albums de l’année), Ambrose Akinmusire : immanquable.

  1. Grande Halle de la Villette 211 avenue Jean Jaurès, 19e
  2. Vendredi 5 septembre
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Omar Sosa + James Carter Organ Trio

Une soirée sous l’égide de Miles Davis et John Coltrane, dans le cadre du « Marathon 1959 ». En première partie, le génialissime pianiste cubain rendra hommage au ‘Kind of Blue’ de Miles Davis. Chose qu’il a déjà faite avec brio sur son dernier disque ‘Eggun’, sur lequel il déconstruit l’œuvre de Miles pour en offrir une version afro-latine et spirituelle. La deuxième partie sera assurée par James Carter, détonnant saxophoniste né à Détroit en 1969 et virtuose ahurissant. De son côté, Carter simplifie les choses et se donne la seule mission de réinterpréter dans son intégralité le ‘Giant Steps’ de John Coltrane : un très gros programme. 

  1. Grande Halle de la Villette 211 avenue Jean Jaurès, 19e
  2. Samedi 6 septembre
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Melanie De Biasio

Chanteuse de jazz ? Très certainement. Chanteuse folk ? Aussi. Flûtiste de formation ayant fait ses classes vocales au conservatoire de Bruxelles, Mélanie de Biasio s’éloigne plus que jamais des sirènes pour ascenseurs type Stacey Kent, et se rapproche de la tradition du singer-songwriter avec une écriture discrète, élégante et minimaliste, sur fond de pulsations ternaires et d’harmonies stagnantes. Le tout recouvert d’un blues poignant. A découvrir sur scène absolument, avec un jeu de lumières toujours à la hauteur.

  1. Cité de la musique 221 avenue Jean Jaurès, 19e
  2. Lundi 8 septembre
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Laura Mvula + José James

Sans hésiter, on classerait l’album 'No Beginning no End' parmi les meilleures sorties Blue Note de ces dernières années. Une production millimétrée avec Robert Glasper aux claviers et Chris Dave à la batterie pour un résultat hip-hop empreint de jazz — un résultat nu-soul, quoi. Le flow de José James est étonnant, entre chant et déclamation. Il arbore un phrasé toujours subtil et délicat. Bref, José James est un artiste qu’on aime vraiment, raison pour laquelle la déception est au rendez-vous à l’écoute de son nouveau disque ‘While You Were Sleeping’, prévu pour septembre… Pas de quoi, pour autant, bouder notre plaisir : allons voir ce que tout cela donne sur scène (...) Lire la suite

  1. Grande Halle de la Villette 211 avenue Jean Jaurès, 19e
  2. Jeudi 11 septembre
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Hiatus Kaiyoté + Mulatu Astatke

Cela fait presqu’un an qu’on a découvert Hiatus Kaiyoté. Groupe de nu-soul australien qui s’est payé le luxe d’un potentiel tube avec Q-Tip. Si l’on devait ne retenir qu’un titre, ce serait incontestablement celui-ci : « Nakamarra », single imparable qui conclut un album globalement réjouissant : allons vite découvrir comment ce quartet sonne live. En seconde partie, on restera pour écouter le père de l’ethio-jazz, Mulatu Astatke : 70 ans au compteur et — presque — toujours aussi funky.

  1. Cité de la musique 221 avenue Jean Jaurès, 19e
  2. Vendredi 12 septembre
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Nik Bartsch’s Ronin + Guillaume Perret & The Electric Epic

Minimaliste, ambiante, répétitive, électro-acoustique et foncièrement moderne. Les qualificatifs sont nombreux pour désigner la musique de Nik Bärtsch, à mi-chemin entre Steve Reich et une production électro contemporaine. Les compositions, qui durent rarement moins de dix minutes, s’étirent comme de longs crescendos avec un formidable travail sur le son. Les timbres sont multiples et originaux, la précision rythmique étonnante et la qualité du son live ahurissante. Un must à l’européenne, made in Switzerland. En seconde partie, Guillaume Perret, chouchou de la scène parisienne, viendra nous présenter le répertoire de son futur album. Encore plus dark et plus costaud, paraît-il.

  1. Cabaret Sauvage 59 boulevard Macdonald, 19e
  2. Sam sept 13
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Archie Shepp « Swinging The Blues » feat. Joe Louis Walker & Amina Claudine Myers

Pionnier du free jazz à New York, musicien hyperactif et très politisé, Archie Shepp — parisien d’adoption — s’impose comme une légende vivante de l’histoire du jazz moderne. Le temps d’un soir pour Jazz à la Villette, Archie ²play the blues² aux côtés de la pianiste-chanteuse Amina Claudine Myers (associée à la scène free de Chicago) et du guitariste Joe Louis Walker. Comme pour toute ²star² vieillissante, les concerts d’Archie Shepp sont aléatoires : croisons les doigts pour cette soirée inédite, donc.

  1. Grande Halle de la Villette 211 avenue Jean Jaurès, 19e
  2. Dimanche 14 septembre
Réservez

  1. Édition 2014
  2. Édition 2013

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