The Horror Food Show

Dix films qui vous couperont plus que l'appétit

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La rubrique Cinéma vous a présenté sa collection idéale de films d'horreur, cinquante chefs-d'œuvre de l'épouvante, orchestrés par les plus grands maîtres de l'angoisse dont Hitchcock, Cronenberg, Romero, Argento, etc.

Une belle filmothèque qui a ouvert l'appétit de la rubrique Boire & Manger. Pour mettre notre grain de sel, on a eu envie de faire un détour par la série Z et ce qu'elle compte de plus dérangé, malsain et dégoulinant. Loin de nous l'idée de faire l'apologie de sa nullité : ce serait oublier qu'elle a également accouché d'un tas de trésors. Faire de la série Z ne signifie pas obligatoirement faire du mauvais cinéma, d'ailleurs. Loin de là. Mais les années 1970 ont bel et bien ouvert les portes du 7e art à des productions aux moyens limités (comme les séries B dans les années 1930) et à l'imagination complètement débridée. Un beau bordel qui allait devenir un genre à part, culte et festif, et définir une véritable esthétique. Ainsi, la plupart des films présentés ici sont les dignes héritiers de ce mouvement.

Et puisque la nourriture a toujours hanté les couloirs du cinéma – 'La Femme du boulanger', 'La Saveur de la pastèque', 'Tampopo', 'La Grande Bouffe', 'Do the Right Thing', 'Les Galettes de Pont-Aven', pour ne citer que ceux-là –, il était bien normal qu'elle épice particulièrement le genre de l'épouvante, avec de généreuses doses de gore, de ketchup et de mauvais goût.

Sushis tueurs, yaourt extraterrestre, mangeurs de vers, psychopathe en pain d'épice... La liste n'est pas exhaustive et la sélection totalement subjective : accrochez vos estomacs, c'est parti.

'Nouvelle cuisine' (2004) de Fruit Chan

Ingrédient secret : les raviolis de bébés morts

Ching Lee va bientôt fêter ses 40 printemps. Son mari la trompe et sa carrière de star est sérieusement sur le déclin. Alors, pour remédier à ces petits désagréments, elle fait appel à Mei, une étrange cuisinière qui confectionne des raviolis fourrés aux bébés humains, dont les vertus rajeunissantes sont exceptionnelles. Jusqu'au jour où le marché noir du fœtus mort s'effondre. Et là, c'est le drame.

Moins gore et plus subtil que les autres longs métrages de cette sélection – ce qui n’est pas forcément compliqué –, ‘Nouvelle cuisine’ de Fruit Chan est un film élégant, à la photographie remarquable, capable de vous ouvrir l’appétit comme de vous détourner à jamais de la cuisine asiatique. Angoissant et dérangeant.

La bande-annonce

'Gingerdead Man' (2005) de Charles Band

Ingrédient secret : le bonhomme de pain d'épice

Millard Findlemeyer est condamné à griller sur une chaise électrique après avoir assassiné une famille dans sa quasi-totalité. Une fois la sentence accomplie, sa mère, inconsolable, décide de mélanger ses cendres avec de la pâte à gâteau maléfique. Elle l'envoie ensuite à la pauvre Sarah Leigh, seule survivante du massacre. « Chouette, de la pâte ! », se dit-elle en recevant le colis.

A chacun ses petits soucis. Visiblement, Charles Band a un problème avec les bonhommes de pain d’épice. Au point d’en imaginer un hanté par l’âme d’un serial killer. « Elle ne voulait en faire qu’une bouchée, il en fera une boucherie », nous dit la jaquette du DVD. Dans la lignée du premier 'Chucky', mais tellement raté (pas de moyen, des acteurs incroyablement mauvais et des effets spéciaux ridicules) qu'il en devient absolument formidable.

La bande-annonce

'Dead Sushi' (2012) de Noboru Iguchi

Ingrédient secret : le poisson cru

Keiko a 21 ans, et passer son temps à subir les entraînements d’arts martiaux imposés par son père, ça commence à la barber sec. La jeune fille décide donc de fuguer et réussit à se faire embaucher dans une auberge de campagne. Seulement les choses dérapent, clients et employés passent leur temps à la maltraiter. Et comme si cela ne suffisait pas, un ancien pharmacien (dont les collègues sont en séminaire) répand un sérum transformant sushis et calamars en véritables monstres avides de chair humaine.

C’est Noboru Iguchi, le grand maître japonais de l’horreur et du foutraque, déjà aux commandes de 'RoboGeisha' ou, au hasard, de 'Zombie Ass : Toilet of the dead' qui signe cet incroyable film d’horreur. Au menu : du comique de situation, un brin (juste un brin) d’exagération, pas mal de nudité, de kung-fu, beaucoup (beaucoup) de sang et des effets spéciaux renversants (signés Yoshihiro Nishimura).

La bande-annonce

'Burger Kill' (2007) de Brendan Cowles et Shane Kuhn

Ingrédient secret : les double cheeseburgers

Encore une jeune fille sans histoire qui s’ennuie terriblement. Jusqu’au jour où tout bascule. Pour Mackenzie Carpenter, ce jour correspond au moment où la mascotte du fast-food de son bled pourri commence à tuer tous ses amis.

'Burger Kill' est le slasher par excellence, ce sous-genre du film d’horreur qui (selon la définition de Wikipédia) « met en scène les meurtres d’un tueur psychopathe, généralement masqué » – ici, avec un costume de clown –, « qui élimine méthodiquement un groupe d’individus, souvent jeunes » – les amis de Mackenzie –, « à l’arme blanche » – une hache. Voilà, voilà. Tout est dit, ou presque. On pourra juste rajouter que l’ensemble n’est pas franchement réussi. Ni effrayant, ni suffisamment raté pour être drôle (quoique).

La bande-annonce

'Poultrygeist : Night of the Chicken Dead' (2006) de Lloyd Kaufman

Ingrédient secret : les ailes de poulet panées

Un American Chicken Bunker, genre de KFC, construit sur un ancien cimetière indien. Une vieille malédiction qui se réveille. Des ailes de poulets maudites qui transforment tout le monde en zombie à plumes. Des altermondialistes et des employés de fast-food obligés de s’unir pour survivre. Du sang, du cul, du gore et du trash.

Encore un coup de Troma, boîte de prod impertinente, dédiée aux nanars, tous plus Z les uns que les autres. C’est subversif, dégénéré et dégueulasse. Si vous êtes fan du genre, leur catalogue est rempli de pépites du même style ('Tromeo and Juliet', 'The Toxic Avenger', 'Redneck Zombie', voire même 'Killer Condom').

La bande-annonce

'L'Attaque des tomates tueuses' (1978) de John De Bello

Ingrédient secret : solanum lycopersicum (les tomates, quoi)

On le sait, une tomate c’est un peu perfide. Mais dans ce film, elles sont carrément mutantes et cruelles, attaquant sans aucune pitié hommes, femmes et animaux. Une menace que le gouvernement prend très au sérieux en déployant une équipe spéciale pour aller anéantir ces satanés fruits.

Des gags moyennement drôles, des effets parodiques bien lourds, une trame plutôt confuse… Malgré ces  défauts et le lynchage opéré par la critique à sa sortie, 'L’Attaque des tomates tueuses' est un film culte, au même titre que 'L'Attaque de la moussaka géante'. Deux épisodes suivront même la première version (dont ‘Le Retour des tomates tueuses’, starring George Clooney jeune).

La bande-annonce

'The Stuff (Yogourt Attack)' (1985) de Larry Cohen

Ingrédient secret : la crème glacée

Etats-Unis, 1985. L’Amérique entière s’extasie autour d’un yaourt. 'The Stuff' devient un véritable phénomène de mode. Seuls un détective douteux (mandaté par la concurrence) et un jeune garçon (un peu plus dégourdi que les autres) tentent de percer à jour le secret de la substance qui métamorphose tous ceux qui la mangent en zombies toxicomanes.

« Are you eating it… or is it eating you ? » L’idée avait au moins le mérite d’être originale. Il faut dire que des idées, Larry Cohen, créateur de la série 'Les Envahisseurs' et du 'Monstre est vivant' (une femme accouche d’un bébé monstre qui tue les docteurs et s’enfuie dans la nature), semble en avoir un paquet. Ici, on ne sait pas exactement sur quel tableau il joue : parodie de film d’horreur, hommage à la série B, critique de la société de consommation ou gros navet ? Sans doute un peu tout ça à la fois.

La bande-annonce

'Bad Taste' (1987) de Peter Jackson

Ingrédient secret : les humains

Des extraterrestres vraiment moches débarquent dans une petite station balnéaire néo-zélandaise. Loin d'eux l'idée d'entrer dans une relation pacifique avec les habitants de la planète Terre... Non, ces Martiens ne sont là que pour une chose : faire des humains de la viande à burgers pour leur fast-food intergalactique.

Tout premier film de Peter Jackson (prémices de 'Brain Dead'), réalisé avec l’aide de ses potes et avec un budget extrêmement limité, ‘Bad Taste’ est pourtant un pilier du genre. Fabuleusement gore, improbable et souvent hilarant.

La bande-annonce

'L'Attaque de la moussaka géante' (1999) de Panos H. Koutras

Ingrédient secret : la moussaka (géante)

Tout est dit dans le titre. Une moussaka géante (ça, c’est à cause d’une soucoupe volante) arpente les rues d’Athènes, tuant sans vergogne, au hasard de sa folie.

Devant cette parodie de film Z des années 1950, certains crient au génie, d’autres à l’arnaque, mais dans le fond personne ne crie vraiment. C’est délibérément con, et complètement kitsch. On vous aura prévenus.

La bande-annonce

Le banquet final

Ingrédients secrets : les bras de jeunes filles, les parents d'enfants cannibales, les vers de terre

Pour finir la dégustation en beauté, on ne savait plus quoi faire, qui choisir. Du coup, on a décidé de vous en présenter quatre. Bienvenue dans la petite cuisine des horreurs.

Amuse-bouche : ‘Bitter Feast’, l’histoire d’un critique gastronomique séquestré et torturé par un cuisinier blessé dans son ego.

Entrée : ‘Blood Feast’, considéré comme le premier film gore de l’histoire du cinéma dans lequel le traiteur d’un mariage décide de cuisiner des membres de plusieurs jeunes filles (pour faire revenir à la vie une ancienne déesse égyptienne, mais passons).

Plat de résistance : ‘Régal d’asticot’, ou l’histoire passionnante d’un ermite qui se venge après avoir été expulsé d'un village en utilisant les vers comme arme secrète. Après les avoir ingurgités, les habitants de sa ville se mettent à muter étrangement. Un poil (juste un poil) écœurant.

Dessert : ‘Attention ! Enfants’, sommet d’improbabilité. D’ailleurs, le film est sous-titré : « ils aiment leurs parents, mais ils les préfèrent à la sauce tomate ». A-t-on vraiment besoin d’en dire plus ?


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