La note de Time Out:
<strong>Evaluation: </strong>5/5
L’avis de Time Out
Sam sep 1 2012
Ici, les deux héros sont des aliments aussi simples que l’œuf et le poulet, élevés chaque jour au rang de réjouissances gastronomiques.
Vous vous enfoncez confortablement dans une luxueuse banquette. Les murs sont recouverts de bois peint en blanc et tout autour de vous, des effluves de poulet rôti tournent dans les airs, s’accrochent à vos narines et aguichent votre appétit. C’est chic et chaleureux, comme un beau chalet à la montagne – et le souffle dépensé pour escalader la rue Lepic et arriver jusqu’ici donne du sens à la comparaison. Voici la nouvelle aventure culinaire d’Antoine Westermann, une « bistrotisserie » nichée dans les hauteurs de Montmartre.
Ce soir-là, le repas commence donc avec un œuf à la coque – cuisson parfaite – accompagné de mouillettes croquantes et recouvertes de beurre parfumé à la truffe, ainsi qu’une « planchette de béatilles », des amuse-bouches parfaitement saisis et assaisonnés : gésiers confits, ailerons frits et cœurs poêlés et cromesquis aux épices. Puis viennent les oiseaux. Poulet fermier et pintade, tous deux originaires de Challans. Monsieur parfaitement rôti, entouré d’une sauce succulente et de frites maison croustillantes et Madame, juteuse et impeccable dans sa peau dorée et craquante, servie avec une choucroute caramélisée – mettant ainsi en exergue le goût subtil de cette viande de gibier – et une purée onctueuse. Il fallait alors être fou, ou véritablement affamé, pour rajouter là-dessus un immense (10 cm au moins, à vue de nez) mille-feuille garni de mousse au chocolat, de glace au Grand Marnier et judicieusement épaulé par une salade d’orange.
Westermann s'était déjà taillé un beau morceau de réputation avec Drouant et Mon Vieil Ami. Voilà de quoi rajouter une nouvelle pierre à son édifice. D’autant plus qu’il joue ici avec intelligence la carte de la transparence (la provenance des volailles est tracée et le nom de chaque producteur est inscrit en bas du menu). Un atout qui, ajouté à la qualité indéniable de la cuisine, devrait séduire et justifier, en partie, les prix élevés (95 euros le poulet entier à partager de 2 à 4 personnes).
Si vous venez avec des amis, essayez de réserver la table d'hôte dans l'arrière-salle, dont les murs sont tapissés de bouteilles de vin (et notamment un très bon Faugères à 29 euros). Et si vous êtes d’humeur théâtrale, installez-vous au bar et laissez-vous happer par la danse hypnotique des poulets sur la broche.
Ce restaurant fait partie de notre dossier des "50 plats qui font Paris" : Voir le dossier complet
Auteur : AB & AW
Commentaires
Ajouter +