Comte de Bouderbala

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© Renaud Corlouer

Il est de notoriété publique que Sami Ameziane, alias le Comte de Bouderbala, est drôle. Compliment de taille et d’importance lorsque tous les soirs on se présente en jean et polo devant une assemblée de 600 personnes venues détendre leurs zygomatiques. Depuis ses interventions radiophoniques au côté de Pascale Clark jusqu’aux comedy clubs new-yorkais, en passant par les premières parties de Grand Corps Malade, ce trentenaire qui assume « une tête de Portugais et un corps de Turc » a visiblement le vent en poupe. Silhouette trapue et regard azur, le Franco-Algérien né à Saint-Denis était, à l’instar de Shirley Souagnon, basketteur avant de devenir humoriste. Un changement de carrière de bonne augure, si l’on en croit les retombées médiatiques et l’affluence devant le théâtre (complet pendant plus d’un an et demi au théâtre du Petit Gymnase). Pas étonnant donc que son one-man show soit prolongé à l’Alhambra pour encore quelques mois.

Sur scène comme sur le terrain, le comique ne s’économise pas. Ni effets spéciaux, ni déluge de musique : son spectacle repose sur un texte bien troussé et une performance cadencée qui mêle sarcasmes et imitations diverses. Pendant près de deux heures, il circule de droite à gauche et dézingue à tout va, ne laissant aucune place au silence ou à l’hésitation… Et pour cause, l’ancien athlète, autrefois prof en ZEP et aujourd’hui humoriste a également soigné son flow du côté du slam. Un rythme soutenu pendant lequel tout le monde en prend pour son grade : les chanteurs de rap fâchés avec le Bescherelle, les Roms et leurs « techniques marketing », les Américains et leur enthousiasme débordant… Mais ce ne sont pas tant les thématiques abordées qui font rire (au demeurant assez classiques) que la cruauté avec laquelle il lâche vannes et bons mots ; surnommant au détour d’un sketch les rappeurs du 113 de « Bettencourt de la rime » ou se moquant allégrement des effets spéciaux « Leader Price » de ‘Joséphine, ange gardien’. Avec de tels arguments, pas étonnant que le public se gausse, même sur des sujets parfois un peu datés dont le vu et revu DSK vs Nafissatou Diallo.

Pro dans l’art de tisser ensemble situations cocasses et railleries en tout genre, le Comte peut se targuer d’offrir un stand-up dans les règles de l’art. Une de ces soirées dont on sort avec quelques courbatures aux joues… Talentueux sans artifice, Sami Ameziane s’est baptisé Comte des désargentés (« bouderbala » signifie « haillons » en arabe) ; on le décrirait plutôt comme l’un des nouveaux princes du rire.

Site Web de l'événement http://www.lecomtedebouderbala.com