Les meilleurs films du moment

Notre sélection des meilleurs longs métrages à voir actuellement en salles.

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L'Ombre des femmes

Enigmatique et poétique (comme souvent chez Philippe Garrel), le titre de ce nouveau long métrage, ‘L’Ombre des femmes’, prend tout son sens au fur et à mesure que le film se dévoile : celui d’un féminisme ouvert, tendre et généreux dans les relations amoureuses, où les femmes, malgré la place qui leur paraît encore trop souvent assignée au sein du couple (dans l'ombre, donc), constituent bien l’avenir de l’homme. Pierre (Stanislas Merhar) est un héros typiquement « garrelien » : artiste sans le sou (en l’occurrence réalisateur de documentaires), plutôt dépressif, romantique et peu bavard. A ses côtés, sa femme, Manon (Clotilde Courau), l’aide à réaliser ses films, l’entourant d’amour et de tendresse. Par ailleurs, Pierre trouve bientôt une maîtresse en la personne d'Elisabeth (Lena Paugam), qui va bientôt découvrir que Manon – la femme de Pierre, donc, vous suivez toujours ? – a elle aussi un amant… Triangulation amoureuse, impossible repos du désir : ‘L’Ombre des femmes’ scrute les sentiments avec une délicatesse et une subtilité admirables. Et la masculinité n’en sort clairement pas grandie : à la fois volage et jaloux, polyamoureux et possessif, Pierre incarne l’homme dans toute sa perte de repères ; se justifiant de coucher avec plusieurs femmes comme une simple nécessité de la sexualité masculine. Et incapable, donc, d'envisager la réciproque. Tandis que les deux femmes à ses côtés, l’officielle et l’officieuse, savent l’une comme l’autre l’aimer avec intelligence. S

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La Loi du marché

Edit : La loi du supermarché, devrait-on ajouter. Après avoir perdu son emploi dans des circonstances douloureuses, Thierry retrouve un petit boulot de vigile dans un centre commercial. En poste à l’entrée ou derrière les caméras de surveillance, il arrête les voleurs de câble d’iPhone, vilipende les caissières qui ramassent des coupons de réduction usagés, zieute depuis le poste de surveillance tous les individus louches, devenant ainsi un garde-chiourme de ce marché qui lui a pourtant pris sa dignité. Car avant d’arriver là, le personnage incarné par un Vincent Lindon criant de vérité est passé par toutes les humiliations que le capitalisme aime à infliger aux petites gens. Des séquences proches du documentaire, longues et en plan fixe tournées caméra à l’épaule, qui ne laissent pas indifférent. Comme lorsque Vincent Lindon explique à son conseiller du Pôle Emploi que la formation qu’il a faite n’a débouché sur aucun travail et qu’elle n’a servi à rien, ou quand il passe un entretien d’embauche via Skype, un passage d’une cruauté si vraisemblable qu’on en rit de bon cœur – jaune évidemment. Pire, le moment atroce (mais tout aussi hilarant) passé en compagnie de sa banquière démontre de quelle manière le marché infantilise les hommes, houspillés pour leurs découverts, forcés de baisser les yeux face au ton autoritaire de la banque, contraints en quelques secondes de prendre des décisions dramatiques pour leur vie. Et quand la conseillère propose à Thierry de souscrire une a

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Trois Souvenirs de ma jeunesse

Après l’escapade américaine de ‘Jimmy P. – Psychothérapie d’un Indien des Plaines’, Arnaud Desplechin revient au bercail dans sa ville natale de Roubaix, avec ces ‘Trois souvenirs de ma jeunesse’ qui fleurent bon l’autobiographie et un attachant retour du cinéaste à ses sources, entre marivaudage sentimental et roman d’apprentissage. Présenté comme un prequel à ‘Comment je me suis disputé (ma vie sexuelle)’ (le film qui fit connaître Desplechin au grand public en 1996), ce nouveau long-métrage balaye finalement même l’ensemble de son œuvre – ou, au moins, de la large part qui s’en trouve consacrée à son alter ego, Paul Dedalus. Après un épisode d’enfance plus ou moins traumatique, le film opte un moment pour le cinéma de genre, à travers l’espionnage et les aventures tintinesques de Paul, adolescent, en mission en Union soviétique pour une fantaisie assez réussie, qui permet à Desplechin de créer un double à Dédalus (double qui apparaît ainsi a posteriori comme le héros de son tout premier film, ‘La Sentinelle’, en 1992). Surtout, c'est à travers son troisième souvenir – qui occupe en fait la majeure partie du film – que Desplechin nous livre l’éducation sentimentale du trentenaire nerveux,  sentimental et bavard de 1996, auquel les traits du visage de Mathieu Amalric restent liés. Et le film se montre d’ailleurs particulièrement habile à cet endroit : le jeune interprète de Paul (Quentin Dolmaire) parvenant à évoquer la scansion et l’attitude de d’acteur-fétiche de Desplec

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Mad Max : Fury Road

Ce quatrième épisode de la remuante saga post-apocalyptique de George Miller arrive en salles comme une tornade s’invitant dans un salon de thé. Alors que pas mal de blockbusters manquent d’ambition ou même d’un vrai propos, voilà un film qui rançonne 150 millions de dollars à Warner Bros pour fuir dans le désert de Namibie, et envoyer à Hollywood la bande accompagnée de moignons encore fumants. Ca faisait 30 ans que la silhouette de Max Rickatansky ne s’était pas découpée sur l’horizon, mais le Guerrier des routes n’a pas vieilli pour autant. Le caractériel charismatique incarné par Mel Gibson a fait place au taiseux Tom Hardy (fait chaud, soif, on économise sa salive), la franchise opérant une mue aussi réussie qu’un ‘James Bond’ changeant de 007. Pourtant, beaucoup de choses ont changé sur les terres désolées que Max arpente : alors que les premiers épisodes prenaient place dans les décombres d’un monde perdu, ‘Fury Road’ nous regarde encore un peu plus dans le rétroviseur, ses paysages aux couleurs hypersaturées plaçant l’action tout près de l’avènement d’une nouvelle civilisation, plutôt que juste après le déclin de la nôtre. Cette fois, tout commence au milieu de montagnes qui servent de forteresse à Immortan Joe (Hugh Keays-Byrne), sorte de goule consanguine régnant sur une société d’éclopés, de femmes soumises et de guerriers complètement timbrés. Où l’on trait les femmes – largement considérées comme des matrices sur pattes – pour en extraire du lait maternel, et o

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Les Terrasses

Petites avancées de béton qui donnent soit sur la mer, soit sur des rues palpitantes d'activité et de misère, les terrasses d'Alger tiennent un discours muet sur l'histoire de la ville. Autrefois publiques, elles ont peu à peu été transformées en logements de fortune. En racontant Alger à partir de cinq terrasses situées dans des quartiers différents – la Casbah, Bab El Oued, Belcourt, Notre-Dame d'Afrique et Telemly –, Merzak Allouache réalise dans son dernier film une saisissante cartographie sélective et subjective de la violence algérienne. Entre espace public et sphère privée, sans retenue mais suivie de larmes et de remords, l'agressivité qui se déploie dans 'Les Terrasses' est pleine de contradictions. Chaque terrasse a ses non-dits que Merzak Allouache prend garde de ne jamais éclaircir tout à fait. Ainsi l'homme qui torture son frère à mort, l'alcoolique qui loue quelques mètres carrés de toit à des démunis et le prédicateur qui garde enfermé dans une niche un membre de sa famille sont-ils en permanence suspects de cruauté gratuite. À part une rapide mention humoristique de la visite de François Hollande dans l'unique artère de la ville repeinte pour l'occasion, le politique est absent des terrasses. Grâce à sa maîtrise des silences et son choix d'une structure éclatée, Merzak Allouache parvient à rendre pesante cette lacune. Au désœuvrement de jeunes musiciens sans lieu pour répéter, à la silhouette figée d'une jeune femme battue par son mari ou encore au désespoi

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Le Dos rouge

Fiction lorgnant habilement vers le documentaire, sur les thèmes de la recherche en art, du double et du monstrueux, ‘Le Dos rouge’ étonne et envoûte par son originalité. On savait déjà Bertrand Bonello cinéaste... Lire la suite

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Jauja

Dès les premières secondes du nouveau long métrage de l’Argentin Lisandro Alonso (qui se révèle à la fois comme son plus accessible et son plus ambitieux), 'Jauja' est présenté comme une mythique terre promise, lointaine... Lire la suite

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Kurt Cobain : Montage of Heck

Décidément, Kurt Cobain paraît plutôt bien servi par les documentaires qui le concernent. Après ‘About a son’ en 2006 (dont la narration, maligne, se voyait constituée d’interviews du leader de Nirvana), voici donc ‘Montage of heck’, supervisé cette fois-ci par sa famille – en particulier par sa fille, Frances Bean, aujourd’hui âgée de 22 ans, qui laissa à la disposition du réalisateur Brett Morgen un libre accès à l’ensemble des archives visuelles, sonores et vidéos de Cobain. Entre caverne d’Ali Baba et précieux fonds de tiroirs. Et autant dire tout de go que c’est là le véritable point fort du film : parvenir à retranscrire la vie d’une icône du rock à travers son quotidien, hors des habituelles lourdeurs hagiographiques. Démos et chansons, aphorismes grunge, dessins brouillonnés et extraits de journaux intimes… La matière première de ‘Montage of heck’ permet de redécouvrir Cobain sous un jour inédit, tour à tour extrêmement touchant, critique, humain et créatif. Son existence défile ainsi au gré de films familiaux à la Jonas Mekas ou Jonathan Caouette, où l’on retrouve Cobain musicien et geek du punk, à la fois gamin, ado et jeune père – à travers, notamment, une scène aussi émouvante qu'inconfortable, où Kurt et Courtney jouent manifestement défoncés avec leur nouveau-né. Si le film perd un peu de son originalité en ayant parfois recours à de trop classiques entretiens face caméra (avec la mère de Cobain, sa veuve Courtney Love, le bassiste Krist Novoselic…), c’est sur

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Taxi Téhéran

En 2010, le cinéaste iranien Jafar Panahi, critique vis-à-vis du régime politique de son pays, été condamné à ne plus réaliser de films ni sortir d'Iran pour une durée de 20 ans. Après 'Ceci n'est pas un film', coréalisé l'année suivante avec Mojtaba Mirtahmasb, le réalisateur... Lire la suite

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