Les meilleurs films du moment
Notre sélection des longs métrages actuellement en salles.
Le Passé
- Note: 4/5
Après avoir ausculté la classe moyenne iranienne dans ‘A propos d’Elly’ et ‘Une séparation’, Asghar Farhadi se penche sur la société française à travers l’histoire d’une famille recomposée. Ahmad (Ali Mosaffa), l’ex-mari de Marie (Bérénice Bejo), revient en France pour officialiser un divorce ayant traîné, quatre ans après leur séparation. Serein et rassurant, Ahmad reprend peu à peu des habitudes dans cette maison qu’il a
Post Tenebras Lux
- Note: 4/5
Caricatural, pénible, prétentieux, confus, gratuit, exaspérant, grotesque, escroc, attardé : comme rarement, la critique sut rivaliser d’agacement, d’ironie ou de mauvaise foi pour qualifier le dernier Reygadas. Sans doute Bonaparte avait raison, déclarant : "Du sublime au ridicule, il n’y a qu’un pas" - et inversement. A première vue, ‘Post Tenebras Lux’ suit Juan (Adolfo Jiménez Castro) et Natalia (Nathalia Acevedo), couple
Taxi Driver, version restaurée
- Note: 5/5
Est-il vraiment nécessaire de présenter ‘Taxi Driver’, monument de la pop culture, Palme d’or 1976 et l’un des sommets de la collaboration entre Robert De Niro et Martin Scorsese ? Sans doute pas, mais allons-y quand même – au moins pour le plaisir ! Travis Bickle (De Niro, donc), 26 ans, ancien marine pendant la guerre du Vietnam, travaille de nuit à New York comme chauffeur de taxi. Il s’amourache d’une militante politique,
Paradis : espoir
- Note: 4/5
Dernier volet de la truculente trilogie de l’Autrichien Ulrich Seidl, ‘Paradis : espoir’ suit Melanie (Melanie Lenz), adolescente rondelette, dans un centre d’amaigrissement très strict pour jeunes obèses. Fille de la quinqua libidineuse de ‘Paradis : amour’ et nièce de la catho fanatique de ‘Paradis : foi’, Melanie apparaît ici clairement comme l’héroïne la plus émouvante de cette trilogie. A 13 ans, s’interrogeant sur la
The Grandmaster
- Note: 4/5
S’il fallait concevoir un dictionnaire des idées reçues sur le cinéma, l’une des plus récurrentes serait sans doute l’opposition, artificielle mais généralement admise, entre films d’auteurs et cinéma de genre. Pourtant, loin de s’exclure, les deux catégories se complètent à merveille : du ‘Vampyr’ de Dreyer à ‘Pulp Fiction’ de Tarantino, en passant par ‘Il était une fois dans l’Ouest’, ‘A bout de souffle’ ou ‘Shining’,
La Maison de la radio
- Note: 4/5
La rotondité de la Maison de la radio a inspiré à Nicolas Philibert un angle d’approche cinématographique pour son film. Le documentariste nous invite en effet dans une formidable ronde, où l’on danse avec un partenaire avant de le quitter cinq minutes plus tard, sans aucune promesse de le retrouver. Joies du hasard, sensation de liberté, cycle éternellement recommencé qui rappelle également le principe du zapping
Berberian Sound Studio
- Note: 4/5
Entre hommage au giallo, expérimentations sonores, métadiscours teinté de nostalgie et épouvante au second degré, ce puissant ‘Berberian Sound Studio’ rappelle le ‘Blow Out’ de Brian de Palma (et, par ricochet, le génial ‘Blow-Up’ d’Antonioni qui l’inspira) avec de vrais bouts de schizophrénie lynchienne dedans… Bluffant. L’action se déroule en 1976, en Italie, dans un studio d’enregistrement où Gilderoy (Toby Jones),
Camille Claudel 1915
- Note: 5/5
Disons-le tout de suite : d’une rigueur qui ferait aisément passer ‘Amour’ pour une comédie romantique, ‘Camille Claudel 1915’ se révèle, d’un bout à l’autre, aussi magistral qu’éprouvant (comme ça, au moins, vous voilà prévenus). Plongeant une Juliette Binoche époustouflante, magnifique de retenue, dans un hôpital psychiatrique parmi d’authentiques aliénés, Bruno Dumont y relate le quotidien de l’ancienne sculptrice, âgée de
The Place Beyond the Pines
- Note: 4/5
Luke (Ryan Gosling), cascadeur à moto tatoué et taciturne, devient gangster pour subvenir aux besoins d’un fils dont il ignorait l’existence : difficile au début de ne pas faire le parallèle avec ‘Drive’, de Nicolas Winding Refn. Pourtant, ‘The Place Beyond The Pines’ n’est pas le film qu’on attendait. Après un premier tiers hypnotique et survolté, le réalisateur Derek Cianfrance opère un tournant narratif radical, élimine
Spring Breakers
- Note: 4/5
Dès l’ouverture du film – et son ralenti figurant d’hystériques bitchasses allongées topless sur une plage, devant un tas de bourrins faisant mine de leur uriner dans la bouche, une canette de bière entre les jambes – le spectateur est clairement prévenu : ‘Spring Breakers’ sera excessif, vulgaire, sarcastique… mais aussi d’une beauté étrangement paradoxale. Simplissime, le synopsis tient sur une feuille à rouler : quatre
No
- Note: 4/5
‘No’ pourrait presque se résumer en un nom : Gael Garcia Bernal. Gael ému, Gael avec son fils, Gael sur un skateboard, Gael effrayé. Une belle gueule, ça vous fait marcher un film, c’est certain. Pourtant, on ferait preuve de mauvaise foi si l’on s’arrêtait là. Car ce film historique a le mérite de poser de bonnes questions, et il est si rare de trouver une réflexion intelligente qu’il importe de la saluer quand elle existe.
The Act of Killing - L'acte de tuer
- Note: 4/5
Parti en Indonésie pour y tourner un documentaire sur le massacre, en 1965, de plus d'un million d'opposants politiques, Joshua Oppenheimer ne s'imaginait pas que, près d'un demi-siècle plus tard, les bourreaux de l'époque, protégés par le pouvoir en place, lui proposeraient de rejouer leurs crimes face à sa caméra. Comme si Pol Pot ou Klaus Barbie essayaient de mettre en scène leur propre 'Spinal Tap'... De ces témoignages
Blancanieves
- Note: 4/5
Quel rafraîchissement que ce troisième film du rare Pablo Berger ! Après ‘Mama’ en 1988 et ‘Torremolinos 73’ en 2003 (soit moins d’un film par décennie, ce qui ferait presque passer Carax ou Malick pour des chantres du productivisme), le cinéaste espagnol revient sur les écrans avec cette superbe adaptation, muette et bichrome, du conte ‘Blanche-Neige’. Transposant l’histoire des frères Grimm dans le sud de l’Espagne des
La Porte du paradis, version restaurée
- Note: 5/5
Flop retentissant et catastrophe financière à sa sortie en 1980, ‘La Porte du Paradis’, superbe western négatif de Michael Cimino, ressort en salles dans une version monumentale de 3h36 ! Fresque sur la violence de la conquête de l’Ouest, sur le racisme et la naissance de la lutte des classes aux Etats-Unis, le (très) long métrage de Cimino met aussi en scène un très beau triangle amoureux, où le viril Kris Kristofferson et
Tabou
- Note: 5/5
Disons-le d’emblée : pour les amoureux du cinéma, ‘Tabou’ restera sans conteste, avec ‘Holy Motors’, l’un des plus beaux et puissants films de 2012. Avec son troisième long métrage, le réalisateur portugais Miguel Gomes parvient à brasser une multitude d’influences cinématographiques, qu’il restitue à travers une forme originale, et dans un prolongement extrêmement cohérent de ses précédentes œuvres. Ainsi, de ‘La gueule que
