Michel Piccoli à la Cinémathèque

Rétrospective de ses plus grands films, jusqu'au 4 octobre

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  • Dans 'Les Choses de la vie' de Claude Sautet, en 1970.

  • Aux côtés de Brigitte Bardot, face à Jean-Luc Godard sur le tournage du 'Mépris' (1963).

  • Avec Jeanne Moreau dans 'Le Journal d'une femme de chambre' (1964) de Buñuel, d'après Octave Mirbeau.

  • Devant Gene Kelly au piano, dans 'Les Demoiselles de Rochefort' de Jacques Demy (1967).

  • Libertin du XVIIIe siècle face à Catherine Deneuve, dans 'Benjamin ou les mémoires d'un puceau' (1967) de Michel Deville.

  • A nouveau avec Catherine Deneuve, cette fois dans 'La Chamade' (1968) d'Alain Cavalier.

  • Dans 'Dillinger est mort' (1968), sa première collaboration avec Marco Ferreri.

  • Avec Romy Schneider, dans 'Max et les ferrailleurs' de Claude Sautet (1971).

  • En mari adultérin, avec Stéphane Audran dans 'Les Noces rouges' de Claude Chabrol, en 1972.

  • En pull rose et la panse béante, dans 'La Grande Bouffe' (1973) de Marco Ferreri.

  • Face à Luis Buñuel, sur le tournage du 'Fantôme de la liberté' (1974).

  • En médecin persécuté, dans 'Sept morts sous ordonnance' (1975) de Jacques Rouffio.

  • Aux côtés de Patrick Dewaere, dans 'F... comme Fairbanks' (1975) de Maurice Dugowson.

  • Michel Piccoli et la belle Ottavia Piccolo, dans 'Mado' de Claude Sautet, en 1976.

  • Avec Isabelle Huppert, dans 'Passion' (1981) de Jean-Luc Godard.

  • Dans le deuxième long métrage de Leos Carax, 'Mauvais sang', en 1986.

  • Avec Dominique Blanc et Bruno Carette, dans 'Milou en mai' de Louis Malle, en 1989.

  • En peintre balzacien chez Jacques Rivette, avec Jane Birkin dans 'La Belle Noiseuse' (1991).

  • Dans le crépusculaire 'La Poussière du temps' (2008) de Théo Angelopoulos, avec Irène Jacob et Willem Dafoe.

  • Pape en proie au doute et à la dépression, dans 'Habemus Papam' (2011) de Nanni Moretti.

  • A nouveau chez Leos Carax, en mystérieux « homme à la tache de vin » dans 'Holy Motors' (2012).

Dans 'Les Choses de la vie' de Claude Sautet, en 1970.


Piccoli à la Cinémathèque, vous n'allez tout de même pas louper ça ?! Acteur fétiche de Claude Sautet, Marco Ferreri ou Manuel de Oliveira, récurrent chez Buñuel et Godard, il aura tourné avec les plus grands : de Renoir à Carax en passant par Malle, Angelopoulos, Chabrol, Melville, Rivette, Cavalier, Ruiz, Moretti, Varda... Bref, ce n'est plus un tableau de chasse : c'est un pan tout entier de l'histoire du cinéma européen – et l'un des plus passionnants – qu'évoque le simple nom de Michel Piccoli. Dont la renommée, pourtant, ne vint qu'assez tardivement.

Né en 1925 et ayant commencé à tourner à la fin des années 40, le cinéma l'aura en effet longtemps cantonné aux apparitions et seconds rôles. Jusqu'au début des années 60, le théâtre semble d'ailleurs l'intéresser davantage : il y joue Pirandello, Strindberg, Kleist, Calaferte. Tout en n'hésitant pas à se livrer à quelque détour occasionnel du côté, plus classique, de chez Racine, sous la direction de Jean Vilar.

Ce n'est donc qu'en 1963, avec 'Le Mépris' de Jean-Luc Godard, que Piccoli explose véritablement dans un premier rôle au cinéma, aux côtés de Brigitte Bardot et Fritz Lang. A presque 40 ans, une nouvelle carrière d'acteur s'ouvre à lui : au milieu des sixties, il excelle alors dans les rôles subversifs de libertins d'âge mûr, que ce soit dans 'Belle de jour' (1966) de Luis Buñuel ou 'Benjamin ou les mémoires d'un puceau' (1967) de Michel Deville, où il initie le jeune Pierre Clémenti au marivaudage. En 1968, Piccoli entame une fructueuse collaboration avec Marco Ferreri, d'abord avec le décharné 'Dillinger est mort' – dont il est peu ou prou l'unique protagoniste, en bourgeois borderline fasciné par un revolver. Ils ne tourneront pas moins de six longs métrages ensemble, parmi lesquels l'exubérant et célébrissime 'La Grande Bouffe', en 1973.

Avec près d'une demi-douzaine de films par an au cours des années 70 et jusqu'au milieu des années 80, Piccoli multiplie les rôles avec une élégance, un détachement et un humour souvent jouissivement féroce. Il s'ouvre également à des performances plus inquiètes, en particulier chez Claude Sautet ('Les Choses de la vie', 'Vincent, François, Paul... et les autres'). Au cours des deux décennies suivantes, le comédien fait son retour sur les planches (pour jouer Schnitzler, Koltès, ou Tchekhov sous la direction de Peter Brook), mais son ryhtme cinématographique ne ralentit qu'à peine, toujours avec des rôles mémorables et d'impeccables choix de carrière. Citons, en vrac : 'Milou en mai' (1989) de Louis Malle, 'La Belle Noiseuse' (1991) de Jacques Rivette avec Emmanuelle Béart, ou 'Généalogies d'un crime' (1997) de Raoul Ruiz.

Plus récemment, on aura pu croiser Michel Piccoli dans 'Vous n'avez encore rien vu' d'Alain Resnais ou 'Holy Motors' de Leos Carax. Surtout, avec 'Habemus Papam', en 2011, Nanni Morreti lui aura offert un rôle définitivement à sa mesure. Rien moins que celui d'un pape. Logique donc de le retrouver aujourd'hui à la Cinémathèque : l'antre du fantôme d'Henri Langlois vaut bien le Vatican, n'est-ce pas ? Inutile de se faire prier pour y courir !


Rétrospective Michel Piccoli
Jusqu'au 4 octobre à la Cinémathèque française
51 rue de Bercy, Paris 12e
Le calendrier complet des projections : ici

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