Les cinémas indépendants à Paris

Salles d'art et d'essai pour rétrospectives ou cinéphilie compulsive

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Studio 28

S’il ne fallait garder qu’un cinéma à Paris, il s’agirait sûrement du Studio 28. Perchée dans les hauteurs de Montmartre, cette salle mythique a vu défiler dans ses salles obscures, légendes vivantes et grands classiques du septième art. Résolument né sous une bonne étoile, le Studio 28 lève son rideau en 1928 sur le chef d’œuvre avant-gardiste d’Abel Gance Napoléon. Dès lors, ce cinéma de quartier ne cessera de proposer au public les meilleurs long-métrages de chaque époque : Charlie Chaplin, Luis Buñuel, Franck Capra ou encore le touche-à-tout Jean Cocteau y feront un détour.  Imaginé comme un carrefour entre le cinéma et les autres arts (photographie, peinture), le studio se démarque principalement par son atmosphère empreinte de nostalgie. Un thé dans un jardin ombragé ? Une exposition de photographies ? Une avant-première ? Rien ne semble impossible ici.

  1. 10 rue Tholozé, 18e, Paris
Quoi, où, quand?

Les cinémas Action

Dans le dédale de rues jonchant le Quartier latin, vous ne manquerez pas de tomber sur un des trois cinémas du réseau Action : le Christine, le Grand Action et l’Action Ecoles (récemment rebaptisé le Desperado). Des salles en forme de ciné-clubs qui ont pour principale mission de rééditer des films classiques en copies neuves. Au Grand Action, on vient voir des films en exclusivité mais aussi profiter d’une programmation ciné-club pour avertis. C’est dans une des deux salles du cinéma que les étudiants de l’école Louis Lumière organisent autour d’un film des rencontres avec des professionnels et que les rédacteurs de la revue très pointue Positif animent après une projection de croustillants débats.

  1. 4, 5 et 23 rue des Ecoles, 5e
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Le Champo

Fièrement installé à l’angle de la rue des Ecoles et de la rue Champollion, ce cinéma d’art et d’essai fait à lui seul la réputation cinéphile du Quartier latin. Fréquenté par les étudiants de la Sorbonne, le Champo ne doit pas sa célébrité au seul François Truffaut, spectateur obsessionnel de la salle, mais également à son ancien propriétaire Roger Joly. Pour remédier aux lourds dégâts d’un incendie dans la cabine de projection, celui-ci installe un périscope au-dessus de l’écran. L’image est ainsi renvoyée sur un premier puis un second miroir pour enfin être projetée devant le public. Le système de « rétro-reflex » était né, faisant le bonheur des petites salles de cinéma. Aujourd’hui, le Champo reste le lieu de prédilection des cinéphiles en mal de classiques et des touristes en quête de romantisme parisien.

  1. 51 rue des Ecoles, 5e, Paris
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Le Cinéma des cinéastes

Ancien music-hall, le cinéma des Cinéastes a été créé à la fin des années 1990 par l’ARP, une société fondée dix ans plus tôt par le regretté Claude Berri et regroupant auteurs, réalisateurs et producteurs. Fervent défenseur de l’indépendance du cinéma, l’ARP a imaginé cette salle non pas comme une vitrine mais comme un lieu de rencontres et de débats où les réalisateurs viendraient raconter après la projection les aventures de leur film aux spectateurs. Se succèdent alors entre ses murs de pierres apparentes et ses structures métalliques (érigées par Eiffel lui-même) des documentaires, festivals, courts métrages, avant-premières et rétrospectives. Enfin, sachez que chaque premier dimanche du mois à 11h, le cinéma des Cinéastes propose une séance exceptionnelle d’un film réalisé par un membre de l’ARP.

  1. 7 av. de Clichy, 17e
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Reflet Médicis - Salle Louis-Jouvet

Avant d'être un cinéma, le Reflet Médicis était une salle de théâtre ! Et non des moindres, puisque des monstres sacrés tels que Gérard Philippe et Maria Casarès y auraient fait leur début. Pourtant, malgré son affiche prometteuse, le Théâtre des Noctambules ferme. C’est en hiver 1964, à deux pas de la Sorbonne et du mythique Champo, que le Reflet Médicis lève son rideau. Une rue étroite et sombre  où les grands classiques du cinéma se donnent rendez-vous. Le cinéma s’organise alors autour de trois salles. La salle Louis Jouvet, comme un clin d’œil au passé théâtral du lieu, contient 175 fauteuils verts, la Médicis 1, 170 sièges mauves et la Médicis 2, 130 bleus. Outre les projections en VO, le Reflet Médicis propose, lors de sorties nationales, des débats et rencontres avec les équipes de films. A suivre également, ses rétrospectives spéciale autour de grands réalisateurs : Renoir, Cukor, Buñuel…

  1. 3-7 rue Champollion, Paris, 5e
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Cinéma du Panthéon

D’abord il y a ce loft de 150 m2 situé au-dessus de la salle de projection. Un salon décoré par une des stars du cinéma français, Catherine Deneuve en collaboration avec le décorateur Christian Sapet. Canapés en cuir, parquet en bois et lampes vintage pour attendre votre séance comme si vous étiez encore chez vous. Puis dessous, cette salle mythique où Jean-Paul Sartre eut ses premiers émois cinématographiques et où 300 spectateurs viennent chaque soir applaudir la crème du cinéma européen. En entrant dans la salle obscure, choisissez bien votre place, chacun des fauteuils porte une plaque de cuivre sur laquelle figure le nom d'un réalisateur. Actif depuis 1907, le cinéma du Panthéon (aussi appelé Europa Panthéon) appartient désormais à la société de production Why Not, spécialisée dans les films d’auteurs.

  1. 13 rue Victor Cousin, 5e, Paris
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L'Accatone

Comme son nom l’indique, l’Accatone, c’est le cinéma où les passionnés de Pier Paolo Pasolini viennent voir et revoir les chefs-d’œuvre du réalisateur italien le plus dérangeant de sa génération. Son premier film Accatone certes, mais aussi Théorème, Œdipe Roi ou encore Le Décaméron. Un cinéma sans compromis érigé dans une étroite ruelle du Quartier latin à l’emplacement d’un ancien cabaret. Edith Piaf, dit-on, y aurait même poussé la chansonnette. Ici, tout comme au cinéma du Panthéon, les fauteuils de l’unique salle sont baptisés du nom de personnalités du septième art. Sur les écrans de cette petite salle de quartier : Kurosawa, Tarkovski, Rosselini ou encore Hawks. Du lourd, et en VO sous-titrée évidemment. A raison de trente projections par semaine, il ne fait aucun doute que vous aurez de quoi parfaire votre culture cinématographique.

  1. 20 rue Cujas, 5e, Paris
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La Pagode

Pourquoi ne pas arriver quelques minutes avant le début de votre séance et profiter de ce trou de verdure parisien pour boire un jus de fruits dans un décor japonisant ? Car si la Pagode est une excellente salle de cinéma, elle est surtout un superbe lieu rêvé par François-Emile Morin (alors directeur du Bon Marché) pour sa femme, passionnée par l’Extrême-Orient. Une délicate attention qui n’évite pas le coup de théâtre : avant même que le monument soit inauguré, l’épouse quittait le nid. Il faudra attendre 1931 pour que la Pagode transforme son salon en une salle de projection. Elle devient alors le premier et seul cinéma du chic 7e arrondissement. Un endroit chéri par les cinéphiles qui viennent y admirer les pontes du septième art : de l’Aragonais Buñuel au Corrézien Rohmer.

  1. 57 bis rue de Babylone, 7e, Paris
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Cinéma la Clef

Cinéma indépendant et militant, La Clef (anciennement Images d'Ailleurs) se trouve à deux pas de l’université Paris-III, et continue de faire découvrir des films engagés politiquement et/ou esthétiquement, mais généralement peu ou mal distribués. Débats, cycles, interventions: avec ses deux salles (de 120 et 65 places), La Clef fait la part belle au cinéma documentaire - par exemple, à travers l'oeuvre du cinéaste chilien Patricio Guzman, qui y fit en 2012 l'objet d'une rétrospective remarquée. Mais les programmateurs du cinéma La Clef savent également faire alterner le questionnement ouvert du documentaire et des fictions sociales entre comédies, films contemplatifs ou thrillers. Une programmation originale, soignée et intelligente dans un espace amical: plutôt que des portes ouvertes, La Clef préfère ouvrir de multiples perspectives. Le jeu de mots était facile. Mais le cinéma de la rue de la Clef porte extrêmement bien son nom.

  1. 34, rue Daubenton, 75005
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Le Balzac

Salle mythique du quartier des Champs-Elysées, le Balzac défend depuis toujours le cinéma d’art et d'essai sur Paris. Et il ne s’agit pas là d’une mince affaire ! Construit en 1935, le cinéma de la rue Balzac ne comporte alors qu’une grande salle de 636 places. Deux rénovations, une première en 1975 et une seconde en 1993, lui donneront le visage qu’on lui connaît aujourd’hui. Fort de deux nouveaux espaces de projection, le Balzac, désormais dirigé par le petit-fils du fondateur Jean-Jacques Schpoliansky, tire son épingle du jeu en multipliant les événements périphériques. Au programme : ciné-concerts, opéra sur grand écran, soirées gastronomiques. Les chanceux pourront même voir débarquer avant leur film le directeur lui-même pour une petite mise en bouche cinématographique !

  1. 1 rue Balzac, 8e, Paris
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