Fête du cinéma

Du 29 juin au 2 juillet 2014

Fritz Lang, Jack Palance, Michel Piccoli et Giorgia Moll dans 'Le Mépris' de Jean-Luc Godard (DR)

Du dimanche 29 juin au mercredi 2 juillet inclus, la Fête du cinéma rempile pour sa trentième édition, pour laquelle toutes les séances, sans exception, seront à 3,50 €. Du coup, Time Out ne résiste pas à vous concocter sa sélection du moment, pour vous orienter vers les meilleurs films actuellement en salles.

Plus d'infos sur le site officiel de l'événement.

Notre sélection des meilleurs films du moment

La Loi du marché

Edit : La loi du supermarché, devrait-on ajouter. Après avoir perdu son emploi dans des circonstances douloureuses, Thierry retrouve un petit boulot de vigile dans un centre commercial. En poste à l’entrée ou derrière les caméras de surveillance, il arrête les voleurs de câble d’iPhone, vilipende les caissières qui ramassent des coupons de réduction usagés, zieute depuis le poste de surveillance tous les individus louches, devenant ainsi un garde-chiourme de ce marché qui lui a pourtant pris sa dignité. Car avant d’arriver là, le personnage incarné par un Vincent Lindon criant de vérité est passé par toutes les humiliations que le capitalisme aime à infliger aux petites gens. Des séquences proches du documentaire, longues et en plan fixe tournées caméra à l’épaule, qui ne laissent pas indifférent. Comme lorsque Vincent Lindon explique à son conseiller du Pôle Emploi que la formation qu’il a faite n’a débouché sur aucun travail et qu’elle n’a servi à rien, ou quand il passe un entretien d’embauche via Skype, un passage d’une cruauté si vraisemblable qu’on en rit de bon cœur – jaune évidemment. Pire, le moment atroce (mais tout aussi hilarant) passé en compagnie de sa banquière démontre de quelle manière le marché infantilise les hommes, houspillés pour leurs découverts, forcés de baisser les yeux face au ton autoritaire de la banque, contraints en quelques secondes de prendre des décisions dramatiques pour leur vie. Et quand la conseillère propose à Thierry de souscrire une a

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Trois Souvenirs de ma jeunesse

Après l’escapade américaine de ‘Jimmy P. – Psychothérapie d’un Indien des Plaines’, Arnaud Desplechin revient au bercail dans sa ville natale de Roubaix, avec ces ‘Trois souvenirs de ma jeunesse’ qui fleurent bon l’autobiographie et un attachant retour du cinéaste à ses sources, entre marivaudage sentimental et roman d’apprentissage. Présenté comme un prequel à ‘Comment je me suis disputé (ma vie sexuelle)’ (le film qui fit connaître Desplechin au grand public en 1996), ce nouveau long-métrage balaye finalement même l’ensemble de son œuvre – ou, au moins, de la large part qui s’en trouve consacrée à son alter ego, Paul Dedalus. Après un épisode d’enfance plus ou moins traumatique, le film opte un moment pour le cinéma de genre, à travers l’espionnage et les aventures tintinesques de Paul, adolescent, en mission en Union soviétique pour une fantaisie assez réussie, qui permet à Desplechin de créer un double à Dédalus (double qui apparaît ainsi a posteriori comme le héros de son tout premier film, ‘La Sentinelle’, en 1992). Surtout, c'est à travers son troisième souvenir – qui occupe en fait la majeure partie du film – que Desplechin nous livre l’éducation sentimentale du trentenaire nerveux,  sentimental et bavard de 1996, auquel les traits du visage de Mathieu Amalric restent liés. Et le film se montre d’ailleurs particulièrement habile à cet endroit : le jeune interprète de Paul (Quentin Dolmaire) parvenant à évoquer la scansion et l’attitude de d’acteur-fétiche de Desplec

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Mad Max : Fury Road

Ce quatrième épisode de la remuante saga post-apocalyptique de George Miller arrive en salles comme une tornade s’invitant dans un salon de thé. Alors que pas mal de blockbusters manquent d’ambition ou même d’un vrai propos, voilà un film qui rançonne 150 millions de dollars à Warner Bros pour fuir dans le désert de Namibie, et envoyer à Hollywood la bande accompagnée de moignons encore fumants. Ca faisait 30 ans que la silhouette de Max Rickatansky ne s’était pas découpée sur l’horizon, mais le Guerrier des routes n’a pas vieilli pour autant. Le caractériel charismatique incarné par Mel Gibson a fait place au taiseux Tom Hardy (fait chaud, soif, on économise sa salive), la franchise opérant une mue aussi réussie qu’un ‘James Bond’ changeant de 007. Pourtant, beaucoup de choses ont changé sur les terres désolées que Max arpente : alors que les premiers épisodes prenaient place dans les décombres d’un monde perdu, ‘Fury Road’ nous regarde encore un peu plus dans le rétroviseur, ses paysages aux couleurs hypersaturées plaçant l’action tout près de l’avènement d’une nouvelle civilisation, plutôt que juste après le déclin de la nôtre. Cette fois, tout commence au milieu de montagnes qui servent de forteresse à Immortan Joe (Hugh Keays-Byrne), sorte de goule consanguine régnant sur une société d’éclopés, de femmes soumises et de guerriers complètement timbrés. Où l’on trait les femmes – largement considérées comme des matrices sur pattes – pour en extraire du lait maternel, et o

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Les Terrasses

Petites avancées de béton qui donnent soit sur la mer, soit sur des rues palpitantes d'activité et de misère, les terrasses d'Alger tiennent un discours muet sur l'histoire de la ville. Autrefois publiques, elles ont peu à peu été transformées en logements de fortune. En racontant Alger à partir de cinq terrasses situées dans des quartiers différents – la Casbah, Bab El Oued, Belcourt, Notre-Dame d'Afrique et Telemly –, Merzak Allouache réalise dans son dernier film une saisissante cartographie sélective et subjective de la violence algérienne. Entre espace public et sphère privée, sans retenue mais suivie de larmes et de remords, l'agressivité qui se déploie dans 'Les Terrasses' est pleine de contradictions. Chaque terrasse a ses non-dits que Merzak Allouache prend garde de ne jamais éclaircir tout à fait. Ainsi l'homme qui torture son frère à mort, l'alcoolique qui loue quelques mètres carrés de toit à des démunis et le prédicateur qui garde enfermé dans une niche un membre de sa famille sont-ils en permanence suspects de cruauté gratuite. À part une rapide mention humoristique de la visite de François Hollande dans l'unique artère de la ville repeinte pour l'occasion, le politique est absent des terrasses. Grâce à sa maîtrise des silences et son choix d'une structure éclatée, Merzak Allouache parvient à rendre pesante cette lacune. Au désœuvrement de jeunes musiciens sans lieu pour répéter, à la silhouette figée d'une jeune femme battue par son mari ou encore au désespoi

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Le Dos rouge

Fiction lorgnant habilement vers le documentaire, sur les thèmes de la recherche en art, du double et du monstrueux, ‘Le Dos rouge’ étonne et envoûte par son originalité. On savait déjà Bertrand Bonello cinéaste... Lire la suite

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Jauja

Dès les premières secondes du nouveau long métrage de l’Argentin Lisandro Alonso (qui se révèle à la fois comme son plus accessible et son plus ambitieux), 'Jauja' est présenté comme une mythique terre promise, lointaine... Lire la suite

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Kurt Cobain : Montage of Heck

Décidément, Kurt Cobain paraît plutôt bien servi par les documentaires qui le concernent. Après ‘About a son’ en 2006 (dont la narration, maligne, se voyait constituée d’interviews du leader de Nirvana), voici donc ‘Montage of heck’, supervisé cette fois-ci par sa famille – en particulier par sa fille, Frances Bean, aujourd’hui âgée de 22 ans, qui laissa à la disposition du réalisateur Brett Morgen un libre accès à l’ensemble des archives visuelles, sonores et vidéos de Cobain. Entre caverne d’Ali Baba et précieux fonds de tiroirs. Et autant dire tout de go que c’est là le véritable point fort du film : parvenir à retranscrire la vie d’une icône du rock à travers son quotidien, hors des habituelles lourdeurs hagiographiques. Démos et chansons, aphorismes grunge, dessins brouillonnés et extraits de journaux intimes… La matière première de ‘Montage of heck’ permet de redécouvrir Cobain sous un jour inédit, tour à tour extrêmement touchant, critique, humain et créatif. Son existence défile ainsi au gré de films familiaux à la Jonas Mekas ou Jonathan Caouette, où l’on retrouve Cobain musicien et geek du punk, à la fois gamin, ado et jeune père – à travers, notamment, une scène aussi émouvante qu'inconfortable, où Kurt et Courtney jouent manifestement défoncés avec leur nouveau-né. Si le film perd un peu de son originalité en ayant parfois recours à de trop classiques entretiens face caméra (avec la mère de Cobain, sa veuve Courtney Love, le bassiste Krist Novoselic…), c’est sur

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Taxi Téhéran

En 2010, le cinéaste iranien Jafar Panahi, critique vis-à-vis du régime politique de son pays, été condamné à ne plus réaliser de films ni sortir d'Iran pour une durée de 20 ans. Après 'Ceci n'est pas un film', coréalisé l'année suivante avec Mojtaba Mirtahmasb, le réalisateur... Lire la suite

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Histoire de Judas

Avec ‘Les Chants de Mandrin’(2012) consacré aux héritiers du célèbre contrebandier, Rabah Ameur-Zaïmeche s'écartait de l'exploration de la banlieue et des relations franco-algériennes qui l'ont fait connaître. ‘Histoire de Judas’ est le... Lire la suite

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Les 30 meilleurs films de 2014 12 Years a Slave Le souci principal de ‘Twelve years a slave’, c’est qu’il s’avance avec un gros panneau « chef-d’œuvre » sur le front. Du coup, comme quand un premier de la classe passe au tableau, on l’attend au tournant. Voyez donc : un réalisateur rare – dont ce n’est que le troisième film – à l’esthétique maîtrisée, venu de l’art contemporain avec le bon goût de s’appeler Steve McQueen. Plus un casting creamy deluxe où l’on retrouve son acteur fétiche, Michael Fassbender, aux côtés de Brad Pitt, Benedict Cumberbatch, Paul Dano ou Paul Giamatti. Le tout pour un sujet aussi sérieux que douloureux. Ouh là… Lire la suite 20 000 jours sur Terre Il faut l’avouer, rares sont les documentaires musicaux de cette trempe : dès ses premières secondes, ‘20.000 jours sur Terre’ tranche en effet radicalement avec le tout-venant du genre, synthétisant dans son générique les 19.999 premiers jours de la vie de Nick Cave à travers un patchwork, aussi épatant qu’épileptique, d’archives visuelles et sonores. Puis, le film s’ouvre sur le jour d’après, celui qui donne son titre à ce long métrage de Iain Forsyth et Jane Pollard, et où l’on suit pendant 24 heures l’artiste australien, résidant désormais à Brighton, au sud de l’Angleterre. C’est là la première originalité du film : évacuer la... Lire la suite Adieu au langage A travers son titre comme à travers les idées qu’il lance à la cantonade, ‘Adieu au langage’ ressemble à une révérence, à une ultime pirouette

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